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Le consentement à la réanimation au centre d’un procès civil à Toronto

Un défibrillateur sur un mannequin.
La fille de Douglas DeGuerre affirme que son père avait clairement manifesté son intention d'être réanimé, le cas échéant. Photo: iStock / microgen
Stéphany Laperrière

À Toronto, la fille d'un patient de l'Hôpital Sunnybrook reproche à deux médecins de ne pas être intervenus lorsqu'il a succombé à un arrêt cardiaque, il y a dix ans.

En 2008, Douglas DeGuerre meurt d'un arrêt cardiaque à l'Hôpital Sunnybrook à Toronto.

L'ancien combattant de 88 ans était déjà très malade, puisqu'il était notamment atteint de diabète et que ses orteils étaient gangrenés.

Les deux médecins, Dr Donald Livingston et Dr Martin Chapman, maintiennent qu'ils n'auraient fait que prolonger les souffrances du patient s’ils étaient intervenus.

De son côté, la fille de Douglas DeGuerre, Joy Wawrzyniak, allègue que les médecins n'ont pas suivi les souhaits de la famille et du patient de poursuivre les traitements, et qu’ils ont donc été négligents.

Un immeuble.Le juge devra notamment déterminer si un consentement était requis avant de rédiger l'ordonnance de ne pas réanimer le patient ou non. Photo : Radio-Canada / Stéphany Laperrière

Consentement

La notion de consentement lié à la décision de ne pas réanimer un patient est au centre des audiences.

En 2013, la Cour suprême s’est penchée sur l’acharnement thérapeutique et le droit à la vie dans une cause qui opposait la famille d’un patient et des médecins.

La Cour avait déterminé qu’il revenait à la Commission ontarienne du consentement et de la capacité de trancher en cas de différends.

Dans le présent dossier, le juge devra déterminer si un consentement était requis avant de rédiger l’ordonnance de ne pas réanimer le patient et, le cas échéant, si les médecins auraient dû au moins en discuter devant une tierce partie.

Avant d’être transféré à l’Hôpital Sunnybrook, Douglas DeGuerre a signé un document de procuration qui donnait à sa fille le pouvoir de prendre des décisions en matière de soins de fin de vie s’il n’était pas en mesure de le faire.

Ce document contenait aussi une directive selon laquelle Douglas DeGuerre refusait les procédures visant à prolonger sa durée de vie en cas de décès imminent.

Or, Joy Wawrzyniak affirme que son père a ensuite clairement fait part de son intention d’obtenir tous les traitements nécessaires, y compris la réanimation.

Il m’a dit : "Je n’ai pas fait tout ce chemin pour abandonner maintenant", a-t-elle rapporté lors de son témoignage.

Si la négligence des deux médecins est reconnue par le juge, il devra ensuite déterminer si celle-ci est responsable de la mort de Douglas DeGuerre.

Les parties se sont déjà entendues sur un montant de dommages-intérêts, si le juge retient la poursuite contre les deux médecins. Ce montant n’a pas été divulgué en cour.

Quant à la requête contre l’Hôpital Sunnybrook, elle a été rejetée avant le début du procès civil contre les deux médecins.

Les deux parties et leurs avocats n’ont pas voulu commenter.

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