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La littérature autochtone pour mettre fin aux tabous dans une école de la Gaspésie

Trois élèves autochtones et l'artiste Dayna Danger prennent la pose dans une classe de l'école secondaire New Richmond High.

Les élèves Mariah Allen, Jacob Lagouffe et Britanny Bernard et l'artiste et musicienne Dayna Danger

Photo : CBC / Julia Page

Radio-Canada

Mariah Allen, une élève de 11e année (cinquième secondaire), avait souvent entendu des personnes de sa communauté de Gesgapegiag, dans le sud de la Gaspésie, parler des histoires de filles et de femmes autochtones disparues et assassinées.

Voir ces histoires illustrées dans la bande dessinée Will I See? lui a permis de beaucoup mieux comprendre l’ampleur du problème.

« C’est un sujet dont on parle souvent, mais je ne l’avais jamais vu de cette façon », dit-elle, assise dans sa classe de la New Richmond High School.

Will I See?, écrit par David A. Robertson et illustré par GMB Chomichuk, raconte l’histoire d’une adolescente qui trouve des souvenirs appartenant à des victimes de violence.

À travers les pages de l’œuvre, le lecteur en apprend sur les victimes et sur la manière dont leur vie a changé quand elles ont été agressées.

Cinq élèves de l’école de New Richmond discuteront du livre dans le cadre du Turtle Island Reads Book Club, un événement montréalais présenté par la CBC qui met en valeur la littérature des Premières nations.

Deux autres institutions seront représentées : des élèves de la Kahnawake Survival School présenteront The Marrow Thieves, de Cherie Dimaline, et des jeunes de la LaSalle Community Comprehensive High School parleront de Those Who Run in the Sky, d’Aviaq Johnston.

L'enseignante Jennifer Roy regarde la caméra en souriant. Derrière elle, des livres en langue anglaise. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'enseignante Jennifer Roy

Photo : CBC / Julia Page

Jennifer Roy, enseignante d’anglais à la New Richmond High School, assure qu’elle tente toujours d’inclure des lectures d’auteurs autochtones dans ses cours. Puisque 60 % de ses élèves sont de descendance micmaque, Roy croit que c’est essentiel de le faire.

Un livre sur les violences envers les femmes autochtones est de plus l’occasion de sensibiliser les jeunes à cette réalité et de s’assurer que les filles sont le plus possible en sécurité. « Nous discutons assez ouvertement et franchement avec elles », ajoute-t-elle.

Quand on leur présente les faits et les statistiques, ça ouvre leurs yeux. Elles ont besoin de comprendre qu’elles ont plus de chance que d’autres d’être victimes de violences.

Jennifer Roy, enseignante à la New Richmond High School

L’organisation du club de lecture a proposé à Dayna Danger, une artiste visuelle et musicienne métisse-saulteulse-polonaise, d’aider les élèves à développer leur pensée autour du livre. Danger est allée à New Richmond en mars pour apprendre à connaître les élèves avant que ceux-ci ne se rendent à Montréal.

L'artiste autochtone et bispirituelle Dayna Danger dans une classe de l'école secondaire New Richmond High.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'artiste autochtone et bispirituelle Dayna Danger

Photo : CBC / Julia Page

Danger, qui s’identifie comme bispirituelle – c’est-à-dire qu’elle s’identifie aux « esprits » masculin et féminin -, a entre autres parlé avec les élèves de l’isolement que peuvent vivre les personnes qui ne se reconnaissent pas dans les deux genres traditionnels.

« Ils peuvent avoir de la difficulté à trouver de l’emploi, à trouver un logement, surtout s’ils sont racisés », explique-t-elle.

Les Autochtones non binaires qui quittent leur communauté sont souvent à risque, puisqu’ils perdent leurs repères et se retrouvent dans un contexte nouveau à apprivoiser.

Brittany Bernard, 18 ans, a beaucoup aimé s'entretenir avec Dayna Danger. C’était la première fois que Bernard se faisait demander quel pronom elle utilisait pour s’identifier.

Une personne non identifiée consulte le roman graphique « Will I See? ». Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le livre « Will I See? »

Photo : CBC / Julia Page

« Ça m’a frappé, et je me suis dit que les gens devraient penser à ce genre de choses. Pas de jugement, pas de publication sur Facebook ou Instagram, pas de haine. Il faut juste laisser les gens être ce qu’ils veulent être, et ça va bien aller. »

Danger s’est dite impressionnée de l’ouverture qu’a montrée l’école en choisissant de parler de tels sujets – l’identité de genre, la consommation de drogues et la contraception, par exemple – avec les élèves.

« C’est important de connaître ces sujets, parce que la connaissance, c’est le pouvoir de prendre ses propres décisions », croit-elle.

D'après les informations de la CBC.

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