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Trump reconnaît la souveraineté d'Israël sur le Golan

Le président Trump exhibe le décret signé. Derrière lui, on peut notamment apercevoir son conseiller et gendre Jared Kushner et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.
Le président Trump exhibe le décret reconnaissant la souveraineté d'Israël sur le Golan, lundi, à la Maison-Blanche. Photo: La Presse canadienne / AP/Susan Walsh
Radio-Canada

Donald Trump a profité de la visite à Washington du premier ministre israélien pour reconnaître formellement la souveraineté de l'État hébreu sur le plateau du Golan, une situation que ne reconnaît pas le reste de la communauté internationale.

Le président américain a signé un décret en ce sens après une conférence de presse à la Maison-Blanche avec Benyamin Nétanyahou. En pleine campagne électorale dans son pays, M. Nétanyahou a déclaré qu'Israël « ne renoncerait jamais » à ce territoire syrien, conquis par les armes il y a plus d'un demi-siècle.

M. Trump avait annoncé son intention en tweetant jeudi dernier qu'« il est temps » pour les États-Unis de reconnaître la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan. Il avait fait valoir que ce territoire « est d'une importance stratégique essentielle pour la sécurité de l'État d'Israël et la stabilité de la région ». Il n'avait toutefois pas donné plus de détails sur le moment où cela se concrétiserait.

Le plateau du Golan, un territoire d'environ 1200 kilomètres carrés, appartient à la Syrie. Il a toutefois été conquis par Israël lors de la guerre des Six Jours, en 1967, avant d'être annexé en 1981. Son importance stratégique s'explique par le fait qu'il surplombe le territoire israélien. Il comprend aussi d'importantes sources d'eau.

La décision du président Trump a été vertement dénoncée par des alliés des États-Unis, comme l’Union européenne, la Turquie et l’Égypte, mais aussi par des ennemis, dont l’Iran et la Russie.

« La position américaine sur la partie occupée du Golan syrien reflète clairement le mépris des États-Unis pour les règles internationales et leur violation flagrante du droit international », a commenté le gouvernement syrien, en faisant valoir que les déclarations de M. Trump ne « changeront rien au fait que le Golan est et restera arabe et syrien ».

Après la guerre des Six Jours, les Nations unies ont exigé, par l’entremise de la résolution 242, en novembre 1967, qu’Israël se retire « des territoires occupés » lors du conflit, qui comprenaient non seulement des terres palestiniennes, mais aussi le plateau du Golan.

La résolution 497, adoptée en décembre 1981, stipule pour sa part que « la décision prise par Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le territoire syrien occupé des hauteurs du Golan est nulle et non avenue et sans effet juridique sur le plan international ».

La réaction canadienne

Ce n'est que vers 16 h 30, lundi, que le Canada a formellement réagi à la nouvelle. « Conformément au droit international, le Canada ne reconnaît pas le contrôle permanent exercé par Israël sur le plateau du Golan. La position de longue date du Canada n’a pas changé », peut-on d'abord lire dans un communiqué d'Affaires mondiales Canada.

« L'annexion d'un territoire par la force est interdite par le droit international. Toute déclaration d’une modification unilatérale d’une frontière va à l’encontre du fondement de l’ordre international fondé sur des règles », est-il précisé.

Par contre, cela ne remet en rien en cause l'amitié et les bonnes relations qu'entretiennent les deux pays, peut-on comprendre. « Le Canada est un ami indéfectible d’Israël. Nous appuyons Israël et soutenons son droit de vivre en paix et en sécurité avec ses voisins », conclut le communiqué d'Affaires mondiales Canada.

Huée de protestations

La décision américaine est largement dénoncée par les voisins d’Israël, la première concernée étant la Syrie.

Sur Twitter, le chef de l'opposition syrienne, Nasr Hariri, a écrit que la décision américaine allait « provoquer plus de violence et d'instabilité et aurait des répercussions négatives sur les efforts en vue de la paix dans la région ».

La Russie, alliée du président syrien Bachar Al-Assad, a dit craindre « une nouvelle vague de tensions » au Proche-Orient.

En Égypte, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a jugé la décision de Donald Trump « nulle et non avenue dans le fond et la forme ».

Légaliser l'occupation est une nouvelle orientation de la politique américaine [...] Si l'occupation est un grand crime, la légitimer est un péché qui n'en est pas moins grave.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit

La Jordanie a dénoncé une « décision unilatérale qui provoquerait davantage de tensions dans la région ».

Le Liban a rejeté une mesure qui « viole le droit international et nuit aux efforts pour une paix juste ».

Un coup de pouce électoral à Benyamin Nétanyahou

La Turquie dénonce le geste de Washington, estimant qu’il donne un sérieux coup de pouce à la campagne électorale de M. Nétanyahou, à 15 jours de législatives incertaines en Israël.

La signature de [Donald] Trump est pratiquement un cadeau électoral à [Benyamin] Nétanyahou qui est en difficulté avant les élections.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu

Ce n'est pas la première fois que la Turquie dénonce Donald Trump pour sa politique envers Israël. Ankara avait déploré à plusieurs reprises en 2017 que le président américain reconnaisse Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Avec les informations de Agence France-Presse

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