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Une roquette de longue portée blesse sept Israéliens

Un policier se penche sur des débris dans une maison démolie.
Un policier israélien inspecte ce qui reste de la maison de Mishmeret frappée par un missile tiré depuis la bande de Gaza. Les sept personnes qui s'y trouvaient ont été blessées. Photo: La Presse canadienne / AP/Ariel Schalit
Agence France-Presse

L'armée israélienne a annoncé lundi l'envoi de renforts dans le sud et le premier ministre Benjamin Nétanyahou a décidé d'écourter sa visite à Washington en promettant une riposte, après un tir de roquette de Gaza qui a fait sept blessés légers au nord de Tel-Aviv.

Rare par sa portée – évaluée à 120 kilomètres par l'armée israélienne –, ce tir de roquette en provenance du territoire palestinien réveille le spectre d'une nouvelle confrontation armée entre Israël d'un côté, le mouvement islamiste Hamas qui dirige sans partage la bande de Gaza et ses alliés de l'autre.

L'armée israélienne a accusé le Hamas d'être l'auteur du tir, ce que nie l'organisation. « Personne au sein des mouvements de résistance, y compris le Hamas, n'a d'intérêt à tirer des roquettes de Gaza contre l'ennemi », a dit à l'AFP sous le couvert de l'anonymat un haut responsable du mouvement. Il a dit que le tir pourrait avoir été provoqué malencontreusement par le « mauvais temps ».

De Washington, M. Nétanyahou a dénoncé une « attaque criminelle contre l'État d'Israël » et promis de répondre « avec force ». Dans l'enclave coincée entre Israël, l'Égypte et la Méditerranée, la riposte israélienne est ainsi attendue dans les prochaines heures, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Et le Djihad islamique, deuxième groupe armé de Gaza après le Hamas, a prévenu que sa réaction serait à la mesure d'une « agression » israélienne, laissant craindre un engrenage.

Ces événements surviennent en pleine campagne électorale israélienne, à seulement deux semaines des législatives du 9 avril.

Signe de la gravité de cette attaque pour Israël, M. Nétanyahou a annoncé qu'il rentrerait aussitôt après avoir été reçu par le président Donald Trump lundi « pour diriger de près nos opérations », alors qu'il devait initialement prononcer un discours mardi devant un grand lobby pro-israélien, puis dîner avec M. Trump.

Israël a d'ores et déjà annoncé la fermeture des points de passage pour les personnes et les biens entre son territoire et l'enclave éprouvée par les guerres, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien.

L'armée israélienne répond systématiquement aux tirs de roquettes en provenance de Gaza en frappant des positions militaires du Hamas, d'autant plus vigoureusement quand les roquettes palestiniennes atteignent des zones civiles.

Elle a affirmé que c'était le Hamas qui avait procédé au tir de cette roquette de fabrication locale à partir de positions proches de Rafah, dans le sud de l'enclave. Le projectile a parcouru environ 120 kilomètres, a-t-elle noté.

Suite à une évaluation de la situation sous la direction du chef d'état-major, nous avons envoyé deux brigades en renfort dans la zone de commandement sud.

Déclaration de l'armée israélienne

Elle a aussi signalé qu'elle rappelait des réservistes pour des tâches distinctes, sans en préciser le nombre.

Donald Trump serre la main de Benyamin Nétanyahou.Le président américain Trump serre la main du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou après avoir prononcé une allocution au Musée d'Israël, le 23 mai 2017. Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Sept blessés, dont un bébé de six mois

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres dans la bande de Gaza depuis que le mouvement islamiste, qui refuse d'admettre l'existence d'Israël, y a pris le pouvoir par la force en 2007, après que la communauté internationale eut refusé de reconnaître sa victoire-choc aux élections parlementaires palestiniennes.

Les deux camps ont à nouveau frôlé la guerre en 2018. Après un cessez-le-feu informel en novembre et à l'approche du premier anniversaire d'une mobilisation appelée « Grande marche du retour », les tensions n'ont cessé d'augmenter ces dernières semaines autour de l'enclave.

La roquette tirée dans la nuit a frappé une maison à Mishmeret, petite localité verdoyante au nord de Tel-Aviv, selon la police et les secours.

Quatre adultes et trois enfants, dont un bébé de six mois, ont été hospitalisés, a dit l'hôpital de Kfar Saba. Six appartiennent à la même famille et souffrent de brûlures et de blessures légères par éclats.

Toiture effondrée, murs écroulés, amas de gravats... la maison a été en grande partie détruite, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Les sirènes ont retenti vers 5 h 18 (heure locale), a indiqué sur place un porte-parole de la police, Ami Ben David. Les occupants de la maison se sont précipités vers la pièce sécurisée que comportent de nombreuses habitations israéliennes précisément pour de telles éventualités. La roquette a crevé la toiture et explosé dans la maison, a-t-il dit.

« Sans la sirène, nous aurions connu une tout autre situation », a-t-il précisé.

Des dizaines de bateaux sont amarrés au port de Gaza. Des bateaux de pêche palestiniens sont restés dans le port de Gaza, lundi, après qu'Israël a décidé de réduire la zone de pêche autorisée. Photo : Reuters / Mohammed Salem

Le Hamas et le Djihad islamique prêts à répondre

Les branches armées du Hamas et du Djihad « ont décidé qu'ils augmenteraient leur riposte en fonction des dimensions de la réaction israélienne et qu'ils répondraient à toute agression », a dit une source proche du Djihad islamique.

Le Hamas ne s'est pas encore exprimé officiellement. L'homme fort du Hamas à Gaza, Yahya Sinouar, a annulé une apparition publique prévue cet après-midi.

Le dernier sérieux accès de fièvre remontait à mi-mars seulement, quand Israël avait conduit une centaine de frappes contre des positions du Hamas, en représailles à des tirs de roquettes.

Cependant, la presse israélienne avait indiqué que les roquettes de type Fajr pourraient être parties malencontreusement en direction de Tel-Aviv lors d'une intervention de maintenance.

Ces nouvelles tensions surviennent quelques jours seulement avant le 30 mars, premier anniversaire de la « Grande marche du retour », mobilisation contre le blocus et pour le droit des Palestiniens à retourner sur les terres qu'ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d'Israël en 1948.

Cet anniversaire doit donner lieu à une importante mobilisation palestinienne.

Depuis mars 2018, au moins 258 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens, la grande majorité lors de manifestations, souvent accompagnées de violences, le long de la frontière, d'autres dans des frappes israéliennes en représailles à des actes hostiles en provenance de Gaza.

Deux soldats israéliens ont été tués durant cette même période.

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