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Des défaillances techniques auraient mené à l’effondrement mortel d’une scène de Radiohead

Gros plan sur un homme dans la début de la trentaine.

Le technicien en percussions Scott Johnson est mort écrasé par une scène en 2012 avant un concert de Radiohead.

Photo : Ken Johnson

Radio-Canada

Une scène de spectacle mal assemblée serait à l'origine du drame qui a coûté la vie à Scott Johnson en 2012 au parc Downsview à Toronto, quelques heures avant un concert de Radiohead. C'est ce qu'ont révélé les témoignages d'inspecteurs du ministère du Travail de l'Ontario au premier jour de l'enquête du coroner sur la mort du technicien de son.

Lundi, en fin de journée, Mike Lundy, un inspecteur au ministère du Travail et Saeed Khorsand, ingénieur et inspecteur au ministère, ont passé des pièces à conviction au peigne fin devant le jury.

Selon M. Khorsand, une pièce en métal du toit de la scène était mal ajustée, ce qui a affaibli toute la structure et provoqué son effondrement.

Il a également mis en cause le non-respect des plans lors de l'assemblage de la scène et le calcul inexact du poids de la structure du toit.

M. Khorsand a confirmé que le design de la structure de la scène de spectacle avait été conçu et approuvé par l’ingénieur Dominic Cugliari, qui a été accusé dans le procès avant que celui-ci n’avorte. Depuis, ce dernier a démissionné de son titre d’ingénieur.

Les ingénieurs du ministère pourront entamer la seconde partie de leur témoignage mardi, alors qu’Alan Qualie, un inspecteur privé, devrait également être appelé à la barre.

Un rapport du ministère avait déjà souligné de nombreux problèmes liés à la conception et à la construction de la structure de la scène, sur laquelle devaient être suspendus plus de 27 000 kilogrammes d'équipement.

Les véhicules d'urgence au parc Downsview le 16 juin 2012.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les véhicules d'urgence au parc Downsview le 16 juin 2012

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Un craquement entendu

L'accordeur de piano Wayne Ferguson, qui était sur scène lors des derniers préparatifs, a déclaré avoir entendu un craquement sous la force du vent, vers 15 h 30, peu avant l'effondrement de la structure.

Il a raconté lundi qu'il avait été invité à quitter la scène vers 15 h 50. M. Johnson - qui se trouvait près de lui - était resté sur scène pour faire les tests de batterie.

M. Ferguson et sa fille étaient assis sur un banc face à la scène peu de temps après quand il y a eu un bruit fort, a-t-il ajouté.

Nous avons entendu un énorme craquement et en l'espace de deux secondes environ, tout le toit s'est effondré.

Wayne Ferguson, accordeur de piano

Il a raconté avoir vu des poutres percer la grille arrière de la scène et il a alors appelé le 911.

Un ambulancier, qui a été l'un des premiers sur les lieux, a déclaré avoir trouvé M. Johnson coincé sous la scène, sans signes vitaux.

Des témoignages touchants

Le père de la victime, Ken Johnson, et le batteur de Radiohead, Philip Selway, ont fait le voyage de la Grande-Bretagne pour témoigner aux audiences lundi.

Philip Selway a livré des propos fracassants, en soutenant que justice n'a pas été rendue à l'égard de Scott, sa famille et ses collègues. Une insulte, une parodie de justice, un échec sur toute la ligne, a-t-il affirmé..

Le batteur du groupe Radiohead, Philip Selway, répond aux questions des journalistes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le batteur du groupe Radiohead, Philip Selway, a témoigné au premier jour des audiences de l'enquête du coroner.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Mondoux-Fournier

Il a réaffirmé sa colère à l'égard du dénouement de l’affaire en 2017, lorsque les accusations contre l'entreprise de divertissement Live Nation, l'ingénieur Domenic Cugliari et le fournisseur Optex Staging ont été suspendues.

Selon lui, il s’agit d’un échec du système de justice.

Il a aussi profité de l’audience pour lire des témoignages de différents membres du groupe toujours hantés par la tragédie, comme l'un de ses collègues qui est toujours sur ses gardes lorsqu'il entend un bruit étrange sur une scène.

Aucun blâme

L'enquête devrait durer trois semaines et porter sur les circonstances de la mort de Johnson, mais n'attribuera aucun blâme à quiconque. Vingt-cinq témoins seront appelés à la barre.

L’enquête du coroner devait survenir une fois le procès et l’enquête du ministère du Travail terminés, d’où les délais importants occasionnés.

Le jury devra formuler des recommandations pour éviter une autre tragédie du même genre.

Live Nation a soutenu par le passé qu'elle n'était pas responsable de la construction de la scène, et M. Cugliari a affirmé que l'entreprise Optex Staging n'avait pas respecté ses plans.

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