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Des chauffeurs de taxi en colère feront un « coup d'éclat » mardi à Québec

Des chauffeurs accusent le gouvernement de mener vers la faillite.

Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc

Alain Rochefort

Insatisfaits des propos tenus par le ministre François Bonnardel à leur égard, les chauffeurs de taxi de Québec et Lévis poursuivront leurs moyens de pression mardi matin avec un « coup d'éclat » dans le secteur de Sainte-Foy.

C'est ce qu'a révélé lundi après-midi Hicham Berouel, président de Taxi Lévis, qui représente environ 1000 chauffeurs de taxi sur les deux rives de la grande région de Québec.

« On a entendu le ministre Bonnardel dire que l'offre qu'il a faite est finale, ce qui a mis en colère les gens qui étaient devant son bureau en train de manifester. C'est ce qui a poussé les gens à dire: “ on va continuer jusqu'à ce qu'il nous écoute ” », souligne M. Berouel.

D'autres chauffeurs de taxi de la région de Québec qui ne sont pas représentés par M. Berouel ont confirmé à Radio-Canada qu'ils ont l'intention de se joindre au mouvement. D'autres perturbations à la circulation sont donc à prévoir.

On n'a plus rien à perdre. Ce qu'on fait, c'est protéger nos familles, nos emplois, nos maisons.

Hicham Berouel, président de Taxi Lévis

Projet de loi 17

Les chauffeurs récalcitrants fulminent devant la possible adoption du projet de loi 17 qui propose de régulariser Uber et déréglementer l'industrie du taxi.

Appelé à commenter la grève d'un jour lundi matin, François Bonnardel a martelé que le projet de loi 17 sera avantageux pour les clients.

« C'est le client qu'on pénalise aujourd'hui [avec la grève]. Je suis convaincu que la loi est bonne », a dit M. Bonnardel.

Un important ralentissement est observé sur la colline Parlementaire.

Un important ralentissement est observé sur la colline Parlementaire.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Robin

Dédommagement

François Bonnardel considère également que les sommes versées pour dédommager les chauffeurs de taxi, dont la valeur du permis a chuté depuis l'arrivée d'Uber, sont nettement suffisantes.

« On est assurément l'une des seules juridictions qui a donné des sommes aussi importantes aux chauffeurs de taxi. Demandez aux gens dans la rue si un demi-milliard, c'est beaucoup de sous. Ça respecte la capacité des Québécois à payer. C'est un montant final ».

Des propos qui ont grandement déplu aux chauffeurs de taxi.

Ils étaient d'ailleurs environ un millier à s'être fait entendre lundi matin, au centre-ville de Québec.

Les chauffeurs grévistes s'étaient d'abord donné rendez-vous au Marché Jean-Talon, aux Galeries de la Canardière ou à la Coopérative de taxis de Sainte-Foy pour former des groupes, tôt lundi matin.

Les différents cortèges ont ensuite convergé vers la colline Parlementaire pour manifester, ce qui a causé d'importants ralentissements de la circulation, surtout sur l'autoroute Dufferin-Montmorency.

En après-midi, ils se sont dirigés vers l'aéroport Jean-Lesage.

Perturbations

Leurs moyens de pression ont causé des perturbations dans la région.

À l'Aéroport Jean-Lesage, les voyageurs ont été dirigés vers d'autres services comme Uber ou encore la location de voitures.

Un vol en provenance de Paris était notamment attendu vers midi.

« Ce sont beaucoup de gens de l'extérieur qui ne sont peut-être pas au courant de la grève. Donc, on a renforcé l'équipe Expérience passager aux arrivées internationales pour bien accompagner les passagers », explique la porte-parole de l'Aéroport Jean-Lesage, Laurianne Lapierre.

Les chauffeurs convergent de partout vers la colline Parlementaire.

Les chauffeurs convergent de partout vers la colline Parlementaire.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Robin

À l'image d'Uber

Les chauffeurs sont mécontents de la proposition de moduler la tarification en fonction de l'achalandage, un peu à l'image d'Uber, comme le souligne Abdallah Homsy, porte-parole pour l’industrie du taxi.

« L'industrie du taxi a toujours été là, beau temps, mauvais temps, tempête, pas tempête. Tester ce qui est arrivé avec Uber dans la dernière tempête, [les chauffeurs] n'étaient pas sur le terrain. C'est ça qui est dangereux, quand on laisse ça au choix, à des gens [de Uber] dont c'est le second emploi, à des gens qui décident de sortir ou non, ce n'est pas comme un professionnel qui vit carrément de ça », déplore-t-il.

Moi, je n'ai pas le choix de sortir beau temps mauvais temps, pour rentabiliser l'argent pour faire vivre ma famille. Si ce sont des amateurs qui font ça à temps perdu, hé bien bonne chance pour les citoyens.

Abdallah Homsy, porte-parole pour l’industrie du taxi
Plusieurs chauffeurs de taxi sont réunis au Marché Jean-Talon.

Plusieurs chauffeurs de taxi sont réunis au Marché Jean-Talon.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Boivin

Vers la faillite

Abdallah Homsy craint que le projet de loi 17 mène également plusieurs chauffeurs vers la faillite.

« On ne peut tolérer un projet de loi aussi inhumain que le projet de loi 17. Il faut que le gouvernement de François Legault retire totalement ce projet de loi qui anéantit la vie de 22 000 familles. Nous allons nous faire entendre pour alimenter sa réflexion », mentionne-t-il.

Quelques voitures de taxi seront tout de même sur la route aujourd'hui pour assurer les services jugés essentiels.

Ce chauffeur montre qu’il a payé son permis 212 000$ en 2011.

Ce chauffeur montre qu’il a payé son permis 212 000$ en 2011. Il doit effectuer des paiements de 2000$ par mois.

Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

Longue bataille

La grève d'un jour devait se terminer à 19 h lundi soir.

Les chauffeurs s'attendent à une longue bataille. D'autres moyens de pression sont également à prévoir dans les prochaines semaines.

Certains chauffeurs craignent la valeur de leur permis de taxi dégringole.

« Je ne vous cache qu'il y a eu beaucoup de pression pour [faire une grève] beaucoup plus longue que ça, affirme M. Homsy. On se bataille avec le désespoir. Aujourd'hui, on n'a pas de plan qui est clair. Tout ce qu'on sait, c'est que c'est une bataille qui va être longue, alors on essaie de garder nos énergies le plus longtemps possible ».

Avec les informations de Pascal Poinlane, Alexandra Duval et Camille Simard

Société