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Grève des taxis : perturbations à prévoir pour l’aéroport et le transport adapté

Des chauffeurs de taxis avec des pancartes regroupés devant le château Frontenac.

Archives : Des chauffeurs du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ) manifestent à Québec en janvier 2018.

Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc

Alexandre Duval

Les voyageurs qui décollent ou atterrissent à l'aéroport de Québec devront trouver un autre moyen que le taxi pour se déplacer lundi. La grève générale annoncée par l'industrie risque aussi de laisser en plan plusieurs usagers du transport adapté, tant à Québec qu'à Lévis.

L’aéroport international Jean-Lesage reconnaît que la situation pourrait être « particulièrement stressante » pour les voyageurs.

« Bien que cette situation soit hors de notre contrôle, nous avons la ferme volonté d’orienter les passagers vers les autres avenues qui s’offrent à eux », indique la porte-parole de l’aéroport, Laurianne Lapierre, par courriel.

Outre le fait que les gens peuvent laisser leur voiture dans le stationnement de l’aéroport, Mme Lapierre rappelle aussi que plusieurs hôtels offrent un service de navette, et que le service technologique Uber peut être utilisé.

L'aéroport international Jean-Lesage à Québec

L'aéroport international Jean-Lesage à Québec

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Cette réponse risque toutefois d’irriter les propriétaires de permis de taxi, qui ont choisi de déclencher une grève générale précisément en réaction au projet de loi du gouvernement Legault déposé cette semaine.

Le projet de loi 17, déposé mercredi par le ministre des Transports, François Bonnardel, vise à déréglementer l’industrie du taxi.

S’il est adopté dans sa forme actuelle, il ouvrira davantage la porte à des entreprises que l’industrie du taxi perçoit comme des concurrents déloyaux, comme Uber.

Transport adapté : les patients d’abord

La grève aura aussi un impact sur les activités de transport adapté dans la grande région de Québec. Dans la capitale, « seuls les déplacements de nature médicale » ou ceux liés au travail seront effectués.

« Encore que pour le travail, il va falloir faire des choix à un moment donné parce qu'on ne pourra pas desservir tout le monde », indique le président du Réseau de transport de la capitale (RTC), Rémy Normand.

Rémy Normand, président du Réseau de transport de la capitale

Rémy Normand, président du Réseau de transport de la capitale

Photo : Radio-Canada

Uniquement pour la journée de lundi, le RTC a dû annuler plus de 2000 déplacements prévus en taxi. Les minibus, qui effectuent normalement environ 15 % des déplacements quotidiens en transport adapté, tenteront d'assurer les services les plus pressants.

M. Normand ne cache pas son désarroi. Il espère que le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, ouvrira un dialogue avec l'industrie du taxi pour sortir de l'impasse. Une rencontre est d'ailleurs prévue mardi entre les deux parties.

C'est déplorable. Je déplore en même temps que notre clientèle. On subit ça. Nous, on a un contrat et visiblement, le contrat n'est pas respecté.

Rémy Normand, président du Réseau de transport de la capitale

À Lévis, pour la seule journée du 25 mars, on estime à 350 le nombre de déplacements de transport adapté, normalement effectués par taxi, qui devront être annulés.

« Tous ceux qui ont un problème, qui ont un service de dialyse, vont être traités en priorité. Ça, c’est un incontournable », assure le directeur général de la Société de transport de Lévis (STL), Jean-François Carrier.

La STL tentera toutefois de récupérer quelques places qui pourraient être disponibles à bord de ses petits autobus.

Malheureusement, c’est clair qu’on ne pourra pas servir tout le monde. On va probablement servir environ 60, 65 % de notre clientèle.

Jean-François Carrier, directeur général de la Société de transport de Lévis
Jean-François Carrier, directeur général de la Société de transport de Lévis

Jean-François Carrier, directeur général de la Société de transport de Lévis

Photo : Radio-Canada

M. Carrier dit être en contact avec de nombreux organismes, entre autres en santé mentale, qui comptent en partie sur le transport adapté pour assurer des déplacements.

« On avise aussi les organismes auprès desquels on va déposer les gens, ou les plateaux de travail, les écoles et tout ça. On est en lien avec ces gens-là », indique-t-il.

Le retrait du projet de loi demandé

À la veille de la grève annoncée, l'industrie du taxi est revenue à la charge dimanche pour dénoncer le projet de loi 17 et carrément demander son retrait.

Dans un communiqué, le porte-parole des propriétaires de permis de taxis, Abdallah Homsy, qualifie le projet de loi d'« inhumain » et prédit qu'il enverra 22 000 familles québécoises à la faillite.

L'industrie demande à sa clientèle d'accepter à l'avance ses excuses pour les perturbations qui auront lieu lundi. Elle invite aussi ses « clients frustrés » à faire part de leur frustration à leur député provincial.

Avec les informations de Nahila Bendali et Marc-Antoine Lavoie

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