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Dans les coulisses du premier match de hockey diffusé en cri

Gavin Boutroy

Un moment historique est sur le point de se produire dans un studio de télévision à Winnipeg, car des analystes se préparent à la diffusion en cri des plaines de l'affrontement entre les Canadiens de Montréal et les Hurricanes de la Caroline, dimanche, sur APTN.

« Pour presque tout le monde, on n’a jamais travaillé à la télévision avant », lance John Chabot, un ancien joueur de la Ligue nationale de hockey (LNH) provenant de la Première Nation algonquine de Kitigan Zibi. Il est chargé de l’analyse entre les périodes et après le match en anglais.

Un interprète traduira en cri.

Les préparatifs durent maintenant depuis des semaines, mais ils se sont intensifiés à la veille de la partie. Les studios du réseau Aboriginal Peoples Television Network (APTN), à Winnipeg, ont tenu une répétition générale à l'occasion de la partie entre le Canadien et les Sabres de Buffalo, samedi.

Un trio, formé de l'animateur de radio Clarence Iron, de John Chabot et du musicien Earl Wood,pilotera l'émission spéciale.

M. Iron a travaillé 20 ans à la radio et par la suite 10 ans dans des mines du nord de la Saskatchewan. Il est de nouveau animateur radio dans la même région.

Il a été le descripteur de nombreux tournois de hockey autochtones au fil des ans, parfois en cri. Et s’il dit ne pas être nerveux avant sa première intervention à la télévision nationale, il avoue que la rondelle va bouger plus vite qu’il en a l’habitude.

« [C'est un match professionnel], puisque ce sera plus rapide, il faut vraiment que je connaisse tous les numéros des joueurs. [...] Ce sera un peu différent du hockey autochtone », dit-il.

Le défi des mots qui manquent

Certains mots du vocabulaire du hockey n’existent pas en cri, explique M. Chabot. « Il faut combiner des mots [pour dire] rondelle, glisse, lancer, frapper le poteau [...] Mais Clarence a trouvé une manière de les faire traduire en cri, pis je pense que ça va marcher très bien. »

La cadence de certaines expressions ne laisse aucun doute sur leur sens, même pour les personnes qui ne parlent pas cri. Par exemple, la phrase clef de tout descripteur de hockey : « C’est le but! » est tout aussi reconnaissable en cri qu'en français.

John Chabot a du mal à décrie l’immense importance du hockey pour les peuples autochtones du nord du Canada.

« Ça a remplacé les grandes rencontres, dans l’été, quand tout le monde venait ensemble. Là, les tournois de hockey dans le nord, c'est là que tu trouves les rencontres, les jeunes qui ne se sont pas vus pour un an », dit-il.

« J’espère que ça ouvre une porte à le faire encore, que ce ne sera pas seulement en cri, que ce sera en micmac, que ce sera en algonquin que ce sera en innu, parce que dans le Nord du Canada, le hockey c’est plus qu’une passion, c’est une manière de vivre », déclare celui qui a passé 10 ans dans la Ligue nationale.

Une première télévisuelle

Cette première a été rendue possible grâce à un partenariat entre APTN et le réseau Sportsnet, dans le cadre de la Tournée Hockey d'ici de Rogers. Les organisateurs espèrent inspirer de jeunes locuteurs de la langue crie, et aussi permettre aux aînés de découvrir le hockey dans leur langue maternelle.

« Ça nous permet d’honorer nos ancêtres qui ont transmis la langue autochtone à leur génération, ça nous permet de célébrer le talent qui parle dans leur langue autochtone, puis on espère que ça va inspirer les autres à continuer dans la langue autochtone », dt la gestionnaire principale de la programmation d'APTN, Danielle Audette.

La rencontre entre le Canadien de Montréal et les Hurricanes de la Caroline est diffusée dimanche en cri, sur APTN, à compter de 19 h (HAE).

Manitoba

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