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Pas de preuve de collusion entre l'équipe de Trump et les Russes

Le président Donald Trump a réagi aux conclusions du rapport de Robert Mueller dimanche avant de monter dans l'avion présidentiel.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Radio-Canada

Dans une lettre de quatre pages transmise aux membres du Congrès américain, le secrétaire à la Justice William Barr indique que Robert Mueller ne peut lier l'équipe de campagne de Donald Trump avec les autorités russes dans un effort de déstabilisation de l'élection présidentielle américaine de 2016.

La lettre a été envoyée dimanche après-midi aux membres du Congrès américain par le Secrétariat américain à la Justice.

L'enquête ne peut pas établir que les membres de l'équipe de campagne de Donald Trump ont conspiré ou ont collaboré avec le gouvernement russe dans son interférence dans l'élection.

Extrait de la lettre de William Barr

« L'équipe de campagne n'a pas collaboré à ces efforts de conspiration, malgré des offres répétées de la part des Russes », ajoute William Barr.

Robert Mueller ne détiendrait également aucune preuve pour démontrer, hors de tout doute raisonnable, que le président américain aurait fait obstruction à la justice.

« Le procureur spécial [Robert Mueller] indique que ce rapport ne peut pas conclure que le président a commis un crime, il ne peut pas non plus l'innocenter », est-il écrit dans le résumé de M. Barr.

William Barr, en gros plan, s'apprête à monter dans sa voiture, un agent de sécurité est à ses côtés.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le secrétaire à la Justice, William Barr, a lu sa lettre de quatre pages dimanche.

Photo : Reuters / Yuri Gripas

Ces conclusions représentent un soulagement pour le président Donald Trump qui a d'abord tweeté « aucune collusion, aucune obstruction, exonération totale et complète. Gardez la grandeur de l'Amérique! »

M. Trump a ensuite tenu un bref point de presse avant de gagner l'avion présidentiel Air Force One.

C'est dommage que le pays ait eu à traverser cela. Cette enquête était illégale et j'espère que quelqu'un va regarder l'envers de la médaille.

Donald Trump, président des États-Unis

Sur les ondes de RDI, le président de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, Charles-Philippe David, est d'avis que le président peut être soulagé. « Politiquement, c'est la meilleure nouvelle que pouvait avoir Donald Trump », a soutenu M. David.

« Maintenant, je me méfie toujours des sommaires que l'on peut avoir de ce rapport, a-t-il cependant ajouté. Quatre pages ne peuvent pas rendre justice à cette enquête. »

Le secrétaire Barr a reçu vendredi le rapport final du procureur spécial après 22 mois d'enquête. L'équipe de Robert Mueller a collaboré avec 19 avocats, 40 agents du FBI en plus d'émettre 2800 citations à comparaître et d'entendre plus de 500 témoins.

Le secrétaire à la Justice a passé neuf heures à étudier le document, samedi.

Un homme tient un drapeau immense sur lequel est écrit : Trump 2020.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des partisans de Donald Trump se sont réunis dans Times Square, à New York, pour afficher leur soutien au président dimanche.

Photo : Reuters / Carlo Allegri

Le collègue de M. David, Rafael Jacob, se questionne quant à lui sur la stratégie du président maintenant que ce résumé est publié.

« Ce sera intéressant de voir comment M. Trump joue cette victoire dans les prochaines semaines », a-t-il indiqué.

Pour sa part, le professeur de droit à l'Université George Mason en Virginie, Michael Krauss, estime que le grand gagnant de ces premières révélations est Robert Mueller « qui a démontré son intégrité ».

« Il a résisté aux critiques acerbes du président Trump pour produire un rapport sobre », indique le professeur.

D'autres détails seront-ils rendus publics?

À la fin de sa lettre, M. Barr rappelle que le rapport intégral demeurera confidentiel, mais que son équipe travaille à déterminer quelles sections peuvent être rendues publiques.

Or, plusieurs politiciens tant démocrates que républicains avaient invité le secrétaire à la Justice à publier dans leur intégralité les conclusions de l'enquête.

En début de soirée, la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, et le chef démocrate au Sénat, Chuck Schumer, ont indiqué que le résumé de William Barr « répond à autant de questions qu'il en soulève », réitérant que le rapport de Robert Mueller doit être rendu public dans son intégralité.

Quelques minutes après l'envoi de la lettre par William Barr, la candidate démocrate à l'investiture pour la campagne présidentielle de 2020, Elizabeth Warren, a tweeté pour réitérer cette demande.

« Nous ne voulons pas un "résumé" par le secrétaire à la Justice sélectionné [par Donald Trump], a-t-elle écrit sur Twitter. Secrétaire à la Justice Barr, rendez le rapport public. Immédiatement. »

De son côté, le président du comité judiciaire de la Chambre des représentants, le démocrate Jerry Nadler, a indiqué que le comité invitera William Barr à témoigner « dans un futur rapproché ».

« La dynamique politique à Washington vient de changer », analyse pour sa part le correspondant de Radio-Canada Christian Latreille.

Ce sera maintenant très difficile pour les démocrates de vouloir poursuivre leurs nombreuses enquêtes sur le président Trump et on oublie complètement leur capacité de pouvoir le destituer.

Christian Latreille, correspondant de Radio-Canada à Washington

Les républicains jubilent

La porte-parole du président Sarah Huckabee Sanders a tweeté que « les informations du département de la Justice sont une exonération complète et totale du président des États-Unis ».

« C'est encore mieux que ce que j'aurais espéré », a laissé tomber Rudy Giuliani, l'avocat du président américain.

Le chef républicain au Sénat, Mitch McConnell, s'est pour sa part dit préoccupé par les efforts russes pour déstabiliser les institutions américaines et se disait impatient de lire les détails que contient le rapport complet à ce sujet.

Le procureur spécial Robert Mueller s'est vu confier l'enquête sur la supposée collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et des Russes après le renvoi surprise de l'ancien directeur du FBI James Comey quelques mois après l'entrée en fonction du président américain.

Trente-quatre personnes et trois entreprises ont été inculpées dans le cadre de l'« enquête russe », qui a mené à des peines d'emprisonnement pour l'ex-directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, et pour l'ancien avocat personnel du président, Michael Cohen.

Donald Trump, président des États-Unis

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