•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les jeunes péquistes essuient une rebuffade à propos du congrès de l'automne

La présidente de l'aile jeunesse du Parti québécois, Frédérique Saint-Jean, se défend de faire de l'âgisme. Photo: Radio-Canada
La Presse canadienne

Les jeunes péquistes ont échoué dans leur tentative d'augmenter par quota leur représentation au congrès extraordinaire prévu l'automne prochain.

Au Conseil national qui se concluait dimanche à Trois-Rivières, les membres de l'aile jeunesse ont soumis des propositions pour qu'au moins deux délégués sur quatre par circonscription soient âgés de moins de 40 ans.

Ce vote avait en quelque sorte valeur de test pour l'aile jeunesse, dont certains membres ont appuyé la députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, qui a fait défection en soutenant notamment que le PQ était impossible à réformer. Le Comité national des jeunes a reconnu que ce ne serait pas une tâche facile.

Des militants plus âgés ont pris la parole au micro pour dénoncer ce qu'ils qualifiaient notamment d'âgisme.

« Autant euthanasier toutes les vieilles sacoches », a lancé à un moment un militant très connu, Marc Laviolette.

« Ce n'est pas ce qu'on fait, de l'âgisme », a argué la présidente de l'aile jeunesse, Frédérique Saint-Jean, en faisant valoir que « le profil des membres (du PQ) n'est pas représentatif de la population ».

Les propositions ont été battues, même si des modifications avaient été apportées. En mêlée de presse, Mme Saint-Jean a commenté : « On aurait aimé que ça passe, c'est un vote qu'on a perdu, pas l'entièreté [des votes] de la fin de semaine ».

Le Comité national des jeunes a maintenant l'intention de contacter chacun des présidents des circonscriptions pour s'assurer qu'ils réservent plus de place aux jeunes dans les délégations à former pour le congrès.

Le député de Rimouski, Harold LeBel, conscient du fossé des générations qui se dessinait, a tenté de rallier les troupes.

On va s'assurer que dans différentes autres structures, vous soyez majoritaires à ce congrès, c'est de ça dont on a besoin ici.

Le député de Rimouski, Harold LeBel

Le statu quo restera donc en vigueur, c'est-à-dire qu'un délégué sur 4 devra être âgé de 30 ans et moins.

Renouveler les effectifs

Le PQ est confronté depuis plusieurs années au défi de renouveler ses effectifs et les jeunes péquistes ont, à quelques reprises durant la fin de semaine, voulu prendre plus de place et faire virer le navire péquiste.

Ils ont notamment obtenu la tenue du congrès extraordinaire, ainsi que la possibilité d'y accueillir des observateurs de la société civile, qui auront droit de parole, et l'acceptation de propositions émanant de consultations auprès de la population.

« Ce qu'ils ont réussi à faire, on n'a jamais vu ça dans le passé au Parti québécois, a souligné M. LeBel. C'est toute une avancée. »

Néanmoins, les jeunes péquistes admettent que la partie est loin d'être gagnée à ce congrès extraordinaire. « C'est clair, ce ne sera pas facile, a admis Mme Saint-Jean. Moi, je ne suis pas découragée. »

Tout est censé être sur la table, sauf l'indépendance. Ainsi, le programme, les statuts et règlements pourront être complètement revus, même le nom du parti pourrait changer.

Ainsi, peut-être qu'à l'avenir il ne serait plus nécessaire de tenir de grands congrès, des participants pourront prendre part à des instances à distance et soumettre des idées, les modalités pour choisir le prochain chef pourraient changer, etc.

Un plan d'action a également été adopté samedi. Il propose de recentrer les efforts du parti sur l'indépendance et de définir le projet. Des chantiers seront mis sur pied dès avril, avec des facilitateurs de divers horizons, et la population sera invitée à participer.

Deux colloques sur l'indépendance auront lieu et la proposition principale en vue du congrès de novembre sera lancée en septembre.

Course à la chefferie

Pascal Bérubé debout en costard bleu carreauté main gauche en l'air parle. Le chef intérimaire du Parti québécois Pascal Bérubé. Photo : Radio-Canada

Le prochain chef du Parti québécois devrait être élu non seulement par des membres du parti, mais aussi plus largement par des citoyens qui n'en sont pas membres. C'est ce qu'a laissé entendre dimanche la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, au Conseil national.

Mme Hivon figure parmi les éventuelles candidates pressenties à la direction du parti, mais elle a déjà fait savoir qu'elle n'était pas encore prête à prendre cette décision.

« Je sais que ça vous passionne, cette question, mais moi je pense que c'est précipité, c'est mettre la charrue devant les boeufs, a-t-elle répété en mêlée de presse. On veut parler du quoi et du comment avant de parler du qui. »

Mme Hivon a rappelé que les règles du parti permettent déjà d'élargir la base des électeurs pour choisir le chef. « On va le décider en temps et lieu, si on ouvre aux non-membres, a-t-elle déclaré. Personnellement, je trouve qu'on devrait. »

Pour sa part, le chef intérimaire, Pascal Bérubé, a affirmé que cela pourrait être discuté au cours du congrès extraordinaire de l'automne prochain. La course à la direction aura lieu en 2020, selon ce qui a été planifié samedi au Conseil national.

Outre Mme Hivon, un autre député, Sylvain Gaudreault, qui représente Jonquière, est pressenti également pour se lancer éventuellement dans la course. M. Bérubé a dit qu'il n'a pas d'indication actuellement voulant que d'autres personnes hors de son groupe parlementaire désirent se lancer dans la course.

Politique provinciale

Politique