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Le parti de l’armée en tête des résultats partiels de l’élection en Thaïlande

Des femmes discutent autour d'une urne.

Dépouillement des votes dans l'un des bureaux de vote thaïlandais, dans une cour d’école de Bangkok. Selon notre envoyée spéciale Anyck Béraud, aucun observateur ne se trouve sur place.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Radio-Canada

Le parti Palang Pracharat, parti des militaires au pouvoir en Thaïlande, est en tête des élections législatives de dimanche, après dépouillement de 93 % des bulletins électoraux.

Il devance de peu le parti d'opposition Pheu Thai, toujours proche de l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra.

La commission électorale crédite pour le moment le Palang Pracharat de 7,59 millions de voix, et le Pheu Thai, de 7,12 millions.

On ignore toutefois comment ces résultats se traduiront en sièges.

Le Pheu Thai pourrait cependant toujours causer la surprise, du fait de sa forte popularité dans le Nord et le Nord-Est. Le parti proche des Shinawatra a remporté toutes les élections depuis 2001.

Selon la commission électorale, le taux de participation a atteint 66 %.

Il sera difficile pour les nouveaux élus de s'éloigner de l'influence de l'armée, en raison de la nouvelle Constitution thaïlandaise, adoptée en 2016, qui donne à l'armée le pouvoir de nommer les membres du Sénat.

Le Sénat aura son mot à dire sur la nomination du chef du gouvernement.

Première élection depuis le coup d'État

Les Thaïlandais se rendaient aux urnes pour les premières élections législatives depuis le coup d'État de mai 2014, déclenché par Prayuth Chan-o-cha, commandant en chef de l'Armée royale thaïlandaise, alors que le pays traversait une crise politique depuis plusieurs mois.

La junte militaire avait renversé le gouvernement provisoire dirigé par le premier ministre par intérim Niwatthamrong Boonsongpaisan, qui avait lui-même remplacé Yingluck Shinawatra, la soeur de l'ancien premier ministre Thaksin. Yingluck Shinawatra avait été destituée de son poste de première ministre le 6 mai 2014 par la Cour constitutionnelle de Thaïlande, après avoir été reconnue coupable de corruption et d'abus de pouvoir.

De son côté, le premier ministre Thaksin Shinawatra a été renversé par un coup d’État militaire en 2006, mené par le général Sonthi Boonyaratglin, alors qu'il se trouvait à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies.

Il était à ce moment-là soupçonné lui aussi de corruption et d'abus de pouvoir, et une opinion publique grandissante demandait sa démission.

Il a été reconnu coupable de conflit d’intérêts dans le cadre d’une transaction immobilière liée à son épouse, en 2008.

Thaksin Shinawatra et sa soeur vivent tous les deux en exil pour échapper à des peines de prison.

Deux factions s'affrontent

Depuis des années, la Thaïlande est profondément divisée entre des factions favorables à la famille influente des Shinawatra (les « Rouges ») et une élite conservatrice alignée sur l'armée (les « Jaunes ») qui se présente comme un gage de stabilité et de protection de la monarchie.

Cependant, de nouveaux partis, comme le mouvement Future Forward (En avant l'avenir) du milliardaire Thanathorn Juangroongruangkit, pourraient tirer leur épingle du jeu, notamment grâce aux 7 millions de nouveaux électeurs de plus de 18 ans qui sont appelés à voter.

Samedi soir, le roi de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn (Rama X), dont les interventions publiques sont rarissimes, a appelé à « soutenir les bonnes personnes » pour « empêcher de semer le chaos ». Il reprenait des termes employés en 1969 par son père, Bhumibol Adulyadej, adoré des Thaïlandais et décédé en 2016.

Le message de Maha Vajiralongkorn, dont l'influence dans le royaume va bien au-delà de son statut de monarque constitutionnel, a été diffusé par les chaînes de télévision quelques instants avant l'ouverture des bureaux de vote.

Une homme portant des lunettes fumées sourit à la caméra alors qu'il dépose son bulletin de vote dans l'urne.

Prayut Chan-O-Cha, à la tête du parti des militaires, lors du dépôt de son bulletin de vote.

Photo : Getty Images / Lauren DeCicca

Vers une impasse politique?

Les généraux espèrent conserver le pouvoir, mais une forte participation pourrait permettre la percée de partis d'opposition prodémocratiques.

« Tous ceux qui veulent la démocratie doivent se rendre aux urnes pour que [le vote] soit transparent et pour aider au développement du pays », a déclaré Prayuth Chan-o-cha après avoir déposé son bulletin dans l'urne.

Au total, 51 millions d'électeurs étaient appelés à se rendre aux urnes de 8 h à 17 h (heure locale).

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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