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  • Envoyée spéciale
  • Thaïlande : profiter du scrutin pour changer les mentalités envers la communauté LGBT

    Pauline Ngarmpring a les traits d'une femme. Les cheveux longs, son bras gauche est tatoué. Sur la photo, elle s'entretient avec notre journaliste, Anyck Béraud.

    Pauline Ngarmpring s'est entretenue avec notre envoyée spéciale en Thaïlande, Anyck Béraud.

    Photo : Radio-Canada / Nym Korakot Punlopruksa

    Anyck Béraud

    Si les jeux semblent désormais faits en Thaïlande, où les électeurs sont appelés aux urnes dimanche, certains candidats ont voulu apporter un vent de changement dans ce pays mené par les militaires du coup d'État de 2014. Parmi eux, on compte la première personne transsexuelle à briguer le poste de premier ministre.

    Pauline Ngarmpring ne s'attend pas à remporter son pari. La quinquagénaire a surtout voulu se lancer dans la course pour briser la glace pour la communauté LGBT. Un premier pas dont elle se dit très fière.

    Elle avait répondu à l’appel d’une formation progressiste, le parti Mahachon, très militant sur les questions d’équité. Et ces questions se trouvent au cœur de son propre combat.

    Il faut qu’il y ait au Parlement des femmes, des hommes, des membres LGBT, au cœur des décisions. Pas seulement des personnes à la mentalité qui remonte à une époque révolue, qui n’adhèrent pas au principe d’égalité.

    Pauline Ngarmpring

    Cette campagne législative n’a pas été un long fleuve tranquille pour Pauline Ngarmpring. Elle a dû faire face aux critiques – des gens n’ont pas compris ma démarche, dit-elle.

    Et puis il y a eu les moqueries. Et les insultes.

    La Thaïlande, moins un paradis qu’il n’y paraît pour les transsexuels

    Il y a pourtant une forte communauté transsexuelle en Thaïlande. Elle compterait des dizaines de milliers de personnes. Au premier regard, elle semble mieux intégrée dans la société que dans bien des pays.

    Pauline Ngarmpring donne toutefois un autre son de cloche. Celle qui était encore, il y a seulement quelques années, connue sous le nom de Pinit, père de deux enfants et impliqué dans le monde sportif, explique que pour beaucoup de Thaïlandais, avoir un transsexuel dans la famille est signe d’un mauvais karma. En particulier en milieu rural, précise-t-elle.

    D'après ses dires, les personnes transsexuelles sont la plupart du temps « tolérées » dans certains secteurs (divertissement, salon de massage et de coiffure). Bon nombre se retrouvent dans des quartiers chauds, forcées de devenir danseuses ou de se prostituer.

    Pauline Ngarmpring se promène dans un marché à la nuit tombée. Elle s'adresse à une femme assise sur un banc.

    Pauline Ngarmpring a fait campagne dans le Red Light District de Bangkok.

    Photo : Radio-Canada / Nym Korakot Punlopruksa

    C’est un changement de mentalités que souhaite Pauline Ngarmpring. « Que la société thaïlandaise comprenne que l’on peut tout faire et avoir le droit de devenir ce que l’on veut. Médecin, ou encore politicien! »

    Pauline Ngarmpring l’avoue : l’aventure électorale a été stressante. « Sans vraiment de temps pour se préparer », siffle-t-elle.

    Quelques mois à peine avant le scrutin, la junte militaire au pouvoir a autorisé les partis d'opposition à recruter des membres et à faire campagne.

    Mais prêt, pas prêt, il fallait y aller maintenant, lance-t-elle.

    « Nous avons attendu sept ans avant qu’il y ait de nouveau des élections au pays, c’est bien assez long, non? »

    Anyck Béraud est correspondante de Radio-Canada à Pékin.

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