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Le rapport Mueller ne signifie pas la fin des enquêtes sur l’administration Trump

Le président américain lors de son départ pour Mar-a-Lago, vendredi après-midi Photo: Getty Images / Alex Wong
Radio-Canada

Si les Américains attendent avec impatience le dévoilement du rapport du procureur spécial Robert Mueller, la fin de cette enquête d'un peu moins de deux ans ne signifie pas que Donald Trump ou ses proches sont à l'abri d'autres accusations.

Le document final a été déposé vendredi après-midi au département américain de la Justice, et le secrétaire William Barr doit décider quelles informations il transmettra au Congrès américain au cours de la fin de semaine.

Entre-temps, plusieurs médias américains soulignent que le procureur spécial Robert Mueller ne recommanderait pas de nouvelles accusations à l’issue de son enquête.

« Cette enquête-là, elle est terminée, explique Raphaël Jacob, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM, sur les ondes de RDI. L’autre possible bonne nouvelle [dans l'éventualité d'un rapport sans accusations], [c'est que Donald Trump] peut maintenant mettre de côté toute la question sur la collusion avec la Russie qui le hante depuis son élection et même avant. »

M. Jacob souligne toutefois que le président américain ne peut pas crier victoire trop tôt, puisque d’autres procureurs fédéraux enquêtent sur lui et sur les activités de son entreprise et de ses collaborateurs.

Si ces enquêtes ne s'intéressent pas particulièrement aux liens entre l'administration Trump et la Russie, elles peuvent ratisser très largement dans les affaires du président américain et de ses proches.

Le New York Times rappelle que des enquêteurs à Los Angeles et à New York se penchent notamment sur le financement du comité d’assermentation de Donald Trump.

Appels à la publication dans son intégralité

En attendant, plusieurs acteurs politiques américains ont interpellé le secrétaire à la Justice pour qu’il rende public dans son intégralité le rapport Mueller.

Cette enquête touche à « des questions qui portent sur l'intégrité de notre démocratie », ont estimé la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le chef de file de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer. « Le peuple américain a le droit à la vérité ».

« Comme l'a dit Donald Trump, "sortez-le" », a tweeté le candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders.

Des républicains, tel le représentant de l’Utah, Chris Stewart, croient aussi que le rapport doit être rendu public pour éviter d’entretenir un flou autour de la question de la possible ingérence russe.

« Je pense que c’est important pour le peuple américain d’avoir accès à l’entièreté du rapport notamment parce que j’ai peur que si une seule phrase ou un passage est caviardé, les gens puissent se dire que se cache là la preuve de la collusion », a expliqué M. Stewart sur les ondes de CNN.

Or, le secrétaire Barr a indiqué qu’il ne transmettrait pas d’informations au Congrès samedi, entretenant le mystère autour du contenu du rapport.

Donald Trump, président des États-Unis

Silence à la Maison-Blanche

Le président Trump, qui ne tarde habituellement pas à critiquer l’enquête sur Twitter, est muet depuis vendredi après-midi à ce sujet.

Il s’est rendu samedi matin à son golf de West Palm Beach.

« Il va bien », a simplement répondu son porte-parole Hogan Gidley, interrogé sur l'état d'esprit du président américain.

La Maison-Blanche a indiqué samedi ne pas avoir encore reçu d'information sur le rapport final.

Jusqu’à maintenant, les travaux de Robert Mueller, qui devait enquêter sur une possible collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump et de hauts responsables russes, a mené à la déchéance de son ex-directeur de campagne, Paul Manafort et de son ex-avocat personnel, Michael Cohen.

Le président peut aussi faire face à des accusations d’entrave à la justice pour avoir exercé une pression sur son ancien secrétaire à la Justice, Jeff Sessions, et son adjoint Rod Rosenstein.

L’enquête de Robert Mueller a été lancée peu de temps après le renvoi controversé du directeur du FBI James Comey, quelques mois après l’entrée en fonctions de Donald Trump.

Avec les informations de Agence France-Presse, et The New York Times

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