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Gilets jaunes : un acte 19 plutôt calme sous présence militaire

Les gendarmes français contrôlent les personnes se trouvant sur les Champs-Élysées, lors du 19e samedi de manifestation des gilets jaunes.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Radio-Canada

Le 19e samedi de manifestations des gilets jaunes s'est déroulé relativement dans le calme, en France, après les débordements violents de la semaine dernière. Pour s'assurer de contrôler les excès, le gouvernement a mis en place un important dispositif de sécurité, notamment à Paris.

Quelques heurts ont opposé manifestants et forces de l'ordre en région, en marge du 19e samedi de manifestations des gilets jaunes, sans commune mesure toutefois avec les scènes de violence de la semaine précédente.

Des violences ont éclaté à Nice, Lyon, Montpellier, Lille et Toulouse, où les tensions ont été exacerbées par les interdictions de manifester, en vigueur dans les zones sensibles de la plupart des grandes villes françaises.

À Paris, les autorités ont déployé 6000 membres des forces de police, dont plusieurs des « brigades de répression de l'action violente », unités d'action rapide chargées d'intervenir dès les premiers troubles.

« Aujourd'hui, les bonnes consignes ont été bien appliquées et les résultats sont là », a déclaré le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, en conférence de presse.

L'annonce du gouvernement de recourir davantage à l'opération antiterroriste Sentinelle pour assurer le maintien de l'ordre a suscité une vive polémique jeudi. Ces effectifs n'ont toutefois pas été mis en première ligne.

Le gouvernement a cependant insisté sur le fait que les soldats étaient affectés à la « surveillance de bâtiments » et n’avaient pas reçu l’ordre de contrôler les foules.

À Paris, il est ainsi impossible de se rassembler sur les Champs-Élysées et dans un périmètre comprenant le siège de la présidence de la République, l'Assemblée nationale, la place de l'Étoile et une portion de 100 mètres des rues transversales.

Une Ville Lumière plus calme

Les gilets jaunes ont été plus nombreux à envahir les rues des villes françaises par rapport à la semaine dernière, mais ils étaient en baisse à Paris.

Le ministre de l'Intérieur a fait état de 40 500 manifestants sur le territoire, contre 32 300 le 16 mars, dont 5000 dans la capitale contre 10 000 la semaine dernière.

Les gilets jaunes ont donc cédé la place aux touristes sur les Champs-Élysées. Ils se sont entre autres retrouvés place du Trocadéro, où un rassemblement prévu n’a pas été déclaré, mais n'a pas été réprimé par les forces de l'ordre en raison de son pacifisme.

D'autres se sont réunis place Denfert-Rochereau, où un défilé déclaré a pris dans le calme la direction de la butte Montmartre.

Quelques 233 interpellations ont eu lieu et 107 personnes ont été verbalisées pour avoir tenté de prendre part à des manifestations non autorisées, a précisé le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

À 19 h, heure locale, les forces de l'ordre avaient effectué 8545 contrôles préventifs.

Éric Drouet, l'une des figures du mouvement, a été interpellé près de la place du Châtelet et devra payer l'amende pour manifestation interdite, a affirmé une source policière.

Les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes à Paris en fin de journée pour disperser le dernier cortège de gilets jaunes, non loin du quartier de la République.

L'homme est habillé avec un habit traditionnel français.

Un manifestant joue du tambour sur la place du Trocadero, à Paris, lors du 19e samedi de manifestation des gilets jaunes.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Heurts en région

À Montpellier, entre 400 et 500 casseurs ont infiltré le cortège, formé de 4500 personnes, selon la préfecture. Des échauffourées ont éclaté sur la place de la Comédie et dans le quartier Gambetta, où un policier a été blessé par un jet de pierre.

Dans le sud à Nice, les services de police ont fait évacuer dans la matinée la place Garibaldi pour éviter que les manifestants ne pénètrent dans la vieille ville.

Une femme de 73 ans a été blessée lors de l'opération et a dû être hospitalisée, selon une source interrogée par Reuters. Deux autres personnes ont été légèrement blessées dans l'après-midi.

À Toulouse, les quelque 3000 manifestants ont été dispersés à l'aide de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement lorsqu'ils ont voulu s'approcher de la place du Capitole. Des poubelles et des barricades ont été incendiées.

À Lyon, où les forces de l'ordre tentaient d'empêcher les cortèges d'entrer dans les quartiers commerçants, policiers et gilets jaunes ont aussi échangé des jets de projectiles et
grenades lacrymogènes

Les autres rassemblements organisés en France se sont déroulés globalement dans le calme.

Avec les informations de Vincent Touraine, de notre correspondant Yanik Dumont Baron, de l'Agence France-Presse et de Reuters.

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