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Les mosquées de Christchurch reprennent leurs activités

Un policier armé devant quelques fidèles à l'extérieur d'une mosquée

Un policier monte la garde à l'extérieur de la mosquée Al Noor, qui a rouvert ses portes samedi à Christchurch.

Photo : Reuters / Edgar Su

Reuters

Les deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, où 50 fidèles ont été tués la semaine dernière par un suprémaciste blanc, ont rouvert leurs portes samedi. De nombreux survivants étaient parmi les premiers à y entrer et à prier pour les victimes dans les lieux de culte fraîchement repeints.

À la mosquée Al-Nour, où plus de 40 personnes ont été tuées, les prières ont repris en présence de policiers armés, mais sans traces visibles de la pire fusillade de Nouvelle-Zélande.

Aden Diriye, qui a perdu son fils de trois ans Mucad Ibrahim dans l'attaque, est revenu à la mosquée avec ses amis.

« Je suis très heureux, dit-il après avoir prié. Allah est grand envers nous. J'étais de retour dès qu'on a reconstruit, pour prier. »

La plupart des victimes de la fusillade, que la première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a rapidement dénoncée comme une attaque terroriste, étaient des migrants ou des réfugiés, et leurs morts ont résonné dans le monde musulman.

Le prince El Hassan ben Talal de Jordanie, qui a visité la mosquée Al-Nour, a affirmé que l'attaque avait porté atteinte à la dignité humaine.

« C'est un moment de profonde angoisse pour nous tous, pour toute l'humanité », a-t-il dit.

Ashif Shaikh, qui a perdu deux de ses colocataires dans la tuerie, est revenu samedi, disant qu'il ne se laissait pas décourager.

C'est l'endroit où nous prions, où nous nous rencontrons, où nous reviendrons.

Ashif Shaikh

Marche pour l’amour

Samedi matin, environ 3000 personnes se sont rassemblées pour une « marche pour l’amour » dans les rues de Christchurch afin d'honorer la mémoire des victimes de l'attaque contre les deux mosquées vendredi dernier.

Des marcheurs portent des pancartes avec les messages « Tout le monde aime tout le monde », « Seulement l'amour ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Environ 3000 personnes ont participé à la « marche pour l'amour » au parc North Hagley à Christchurch.

Photo : Reuters / Jorge Silva

Les manifestants tenaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Il voulait nous diviser, il nous a rendus plus forts », « Bienvenue aux musulmans, pas aux racistes » ou « Kia Kaha » l’expression maorie signifiant « rester fort ».

La plupart ont marché en silence ou en chantant doucement un hymne de paix maori.

« Nous avons l'impression que la haine a apporté beaucoup de ténèbres dans des moments pareils, et que l'amour est le remède le plus puissant pour éclairer la ville et la sortir de cette obscurité », explique Manaia Butler, 16 ans, l'une des élèves qui ont organisé la marche.

Vendredi, l'appel musulman à la prière a été diffusé à la télévision et à la radio dans tout le pays, et environ 20 000 personnes, dont la première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, ont assisté à une prière dans le parc en face de la mosquée Al-Nour en signe de solidarité.

Un homme assis à genoux parle dans un micro les yeux fermés. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'imam Gamal Fouda (micro dans les mains) a mené la prière.

Photo : Associated Press / Vincent Thian

Des dizaines de milliers de personnes à travers le pays ont elles aussi rendu hommage aux victimes et apporté leur soutien à la communauté musulmane, certaines venant former des chaînes humaines à l'entrée de mosquées.

Contrôle des armes à feu

Jeudi, la première ministre a annoncé que le pays allait interdire les fusils d'assaut et les armes semi-automatiques de style similaire, semblables à celles qui ont été utilisées lors de l'attaque la semaine dernière, dans le cadre d'un durcissement de la législation sur le contrôle des armes à feu.

La Nouvelle-Zélande et sa première ministre ont fait l'objet de nombreux éloges en raison de l'empathie et de l'unité qu'elles ont manifestées en réponse aux attaques.

Le dirigeant de Dubaï, cheikh Mohammed ben Rashid Al Maktoum, a remercié Mme Ardern sur Twitter vendredi soir.

Il a publié une photo du Burj Khalifa de Dubaï, le plus haut bâtiment du monde, éclairé d'une image agrandie d'Ardern enlaçant une femme avec le mot arabe « salam », surmontée de la traduction anglaise « paix ».

« Merci Jacinda Ardern et la Nouvelle-Zélande pour votre sincère empathie et le soutien qui ont gagné le respect de 1,5 milliard de musulmans après l'attentat terroriste qui a secoué la communauté musulmane dans le monde entier », a-t-il déclaré sur Twitter.

Les musulmans représentent un peu plus de 1 % de la population néo-zélandaise, selon le recensement effectué en 2013.

Le tireur, un ressortissant australien âgé de 28 ans qui a été identifié comme un suprémaciste blanc, est accusé d'avoir abattu 50 personnes et d'en avoir blessé plusieurs dizaines d'autres. Il a été inculpé de meurtres par la justice néo-zélandaise, devant laquelle il comparaîtra de nouveau le 5 avril.

Attentats dans deux mosquées de la Nouvelle-Zélande

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