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Des chercheurs proposent un plan pour protéger le lac Winnipeg

À Hecla, au Manitoba, les eaux du lac Winnipeg tirent sur le vert en raison d'une récente prolifération d'algues.
À Hecla, au Manitoba, les eaux du lac Winnipeg tirent sur le vert en raison d'une récente prolifération d'algues. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Des activistes et des scientifiques proposent à la Ville de Winnipeg une nouvelle méthode de traitement des eaux dans le North End. Ils affirment que le plan d'amélioration actuel prend trop de temps compte tenu de l'urgence écologique.

Des représentants de l’Institut international pour le développement durable et de la Fondation du lac Winnipeg affirment que le plan d’action pour l’amélioration du Centre de contrôle de la pollution de l’eau de North End est trop lent.

Alors que la Ville travaille sur la mise en place d’améliorations avec un budget de 1,8 milliard de dollars, ils insistent sur la nécessité d'agir vite pour empêcher le déversement d’effluents dans le lac depuis Winnipeg.

« C’est un robinet qui goutte constamment », affirme Dimple Roy, le directeur de la gestion de l’eau de l’Institut international pour le développement durable.

« Nous déversons 600 kilogrammes de phosphore chaque jour depuis le centre de North End. Et selon les prévisions pour la mise en place complète des améliorations, nous allons continuer ainsi pendant les 10 prochaines années », ajoute-t-il.

Le Centre de contrôle de la pollution de l’eau de North End est le plus grand centre de traitement de l’eau de la ville. Il est également le plus gros responsable du phosphore et du nitrogène présent dans le lac Winnipeg.

Ces effluents favorisent le développement d’algues qui détruisent peu à peu la biodiversité du lac.

Miser sur le chlorure ferrique

Les chercheurs proposent d’investir dans un traitement chimique qui peut être mis en place rapidement en un an, pour une fraction du budget des améliorations.

L’Institut international pour le développement durable et de la Fondation du lac Winnipeg suggèrent ainsi que le centre de North End ajuste son usage du chlorure ferrique pour augmenter la densité du phosphore présent dans les eaux usées.

Ils affirment que cela permettrait aux effluents de se déposer au fond de la cuve avant de quitter le centre de traitement.

La directrice de la Fondation du Lac Winnipeg, Alexis Kanu, affirme que cette méthode est déjà en place dans certaines juridictions de l’Est canadien et qu’elle pourrait permettre de réduire les émissions de phosphore de 70 %.

Selon eux, ce projet coûterait 3 millions de dollars dans l’immédiat et 2 millions de dollars en coût opérationnel chaque année.

La Ville de Winnipeg ne rejette pas l’idée

Un porte-parole de la Ville de Winnipeg confirme que la municipalité est au courant de la proposition et est actuellement en train de l’étudier.

Les améliorations du centre de traitement de North End ont été demandées en 2003 par la Commission environnement propre du Manitoba. Cette dernière avait également réclamé des améliorations dans le système d'égout de South End et West End.

La commission avait prévu au départ un financement par les trois niveaux de gouvernement. Cette réalité n’a pas vu le jour, laissant la ville seule sur ce dossier.

Jusqu’ici la ville s’est engagée à payer pour la première étape des améliorations du centre de North End, soit 408 millions de dollars pour des ouvrages de dérivation et une nouvelle alimentation électrique.

« La réalité, c’est qu’on n’a toujours pas les 1,8 milliard de dollars du projet sécurisé. On ne sait pas ce qui peut arriver d’ici 10 ans en matière de coûts et de conception », conclut Alexis Kanu, en ajoutant qu’il est important d’agir aujourd'hui et maintenant.

Avec des informations d'Aidan Geary

Manitoba

Pollution