•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Croisée des chemins pour la garderie des Mini-Explorateurs

La Garderie les Mini-Explorateurs
La Garderie les Mini-Explorateurs Photo: Radio-Canada / Joane Bérubé
Joane Bérubé

Les propriétaires de la garderie non subventionnée les Mini-Explorateurs de Matane ne parviennent plus à joindre les deux bouts. Si rien n'est fait, Matane pourrait perdre une de ses trois garderies. Cinquante-trois enfants se retrouveraient sans service de garde. La direction propose d'augmenter les frais de garde et de changer le statut de l'entreprise.

La situation financière de la garderie a été présentée cette semaine aux parents lors d’une assemblée générale extraordinaire. Ouverte, il y a cinq ans, la garderie non subventionnée n’a jamais réussi à faire ses frais.

Contrairement à un centre de la petite enfance ou à une garderie subventionnée qui reçoit un supplément du gouvernement pour chaque place, les Mini-Explorateurs doivent fonctionner avec l’argent versé par les parents, soit 40 $ par jour par enfant.

Un rapport commandé par le ministère de la Famille en 2014 estimait à 47 $ le montant de base par enfant pour assurer minimalement les obligations financières d’une garderie non subventionnée. Ces frais ont depuis augmenté.

Les propriétaires de la garderie les Mini-Explorateurs ont jusqu'à mainteant comblé le manque à gagner, mais la situation est devenu intenable.

La dette accumulée s’élève à 170 000 $.

Le permis de la garderie est pour 70 places. Volontairement, les propriétaires ont réduit la capacité d’accueil à 53 places afin de réduire les coûts de main-d’œuvre. Treize personnes y travaillent à temps plein et cinq à temps partiel.

La présidente du comité de parents de la garderie, Karine Bourque, dont les enfants fréquentent la garderie depuis son ouverture en 2013, admet que la situation a surpris plusieurs parents. La majorité s’en doutait, mais je ne pense pas qu’ils savaient que c’était aussi catastrophique , commente Mme Bourque.

Un organisme sans but lucratif

Même si durant toutes ses années, elles ont investi temps et argent, les propriétaires de la garderie, Josée Labrie et Elizabeth Fillion, ont donc proposé cette semaine aux parents de céder la garderie, bâtiment, matériel et plan pédagogique, à un organisme à but non lucratif (OBNL).

La direction espère ainsi que la garderie pourra continuer de fonctionner en étant reconnue comme organisme d’économie sociale et profiter de l’aide offerte à ce type d’organisme.

Une femme assise à un bureau devant un ordinateur portable.Josée Labrie, copropriétaire de la garderie les Mini-Explorateurs. Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Si la garderie change de statut et devient un OBNL, elle aura quand même besoin de revenus supplémentaires. L’assemblée générale avait aussi pour objectif d’annoncer que si la garderie n’augmentait pas ses frais de garde, elle devrait fermer bientôt. C’était l’un ou l’autre, indique Mme Bourque.

Les frais passeront donc de 40 $ à 50 $ par jour pour un enfant et de 40 $ à 60 $ pour un bébé.

La garderie compte 10 places pour les moins de 18 mois.

Pour la présidente du comité de parents et mère de deux fillettes qui fréquentent la garderie, il s’agit d’une augmentation de 30 $ par jour, non remboursable.

Le crédit d’impôt offert aux parents ne couvre pas cette augmentation. Je ne vous cacherais pas, admet Mme Bourque, que ça fait un trou énorme dans un budget. J’aime mieux payer la différence. Je sais qu’on est capable de trouver une solution pour notre foyer, mais je ne voyais pas les changer de place.

Des parents pourraient faire un autre choix. La solution la plus simple aurait été, pour les propriétaires, que la garderie obtienne un statut de garderie privée subventionnée.

Statut particulier

Actuellement, de par son statut privé et non subventionné, la garderie est automatiquement exclue des appels d’offres gouvernementaux pour la création de places subventionnées, réservées aux CPE ou aux garderies privées subventionnées.

La propriétaire Josée Labrie donne l’exemple du dernier appel d’offres pour ouvrir des places destinées aux futurs parents étudiants. On est juste à côté du cégep, c’est déjà un partenaire. C’est un projet que je pourrais déposer demain matin, mais je ne pourrai pas le déposer, vu que je m’appelle garderie non subventionnée, on ne peut rien faire , explique Mme Labrie.

Malgré des essais répétés et des démarches dans les officines politiques, la garderie n’a jamais réussi à changer de statut. La direction n’a même reçu aucune réponse à sa dernière requête déposée au ministère de la Famille en octobre dernier.

Gros plan sur des blocs déposés sur une table, avec des enfants en arrière plan Garderie (archives) Photo : Radio-Canada / Patrick Pilon

Pourtant, souligne Mme Labrie, la garderie est soumise aux mêmes réglementations et mêmes exigences du ministère de la Famille que les installations subventionnées. Son personnel, dit-elle, est formé et diplômé et les services pédagogiques offerts sont aussi complets que ceux d’un CPE.

D’ailleurs, dans son projet d’affaires, Mme Labrie admet qu’elle a toujours cru qu’elle finirait par se qualifier comme garderie privée subventionnée en misant sur la qualité des services offerts. La différence entre moi et une garderie subventionnée, il n’y en a pas, soutient Mme Labrie.

Une réponse du gouvernement, ajoute-t-elle, permettrait de rouvrir les 17 places qui ont été fermées faute de moyens financiers.

Toutefois, comme Québec ne répond pas, les parents n’ont d’autre choix que de se tourner vers une autre solution.

D'ci quelques semaines

Le processus de transformation en OBNL est déjà enclenché. L’organisme existe déjà. Il avait été créé pour de la recherche du financement. Le dossier est dans les mains de la MRC. Notre statut doit être accepté de manière locale avant de l’être au niveau provincial, explique Karine Bourque qui est maintenant secrétaire du conseil d’administration provisoire.

Une assemblée générale devrait avoir lieu sous peu.

Le nouvel organisme doit aussi obtenir un permis du ministère de la Famille. La direction de la garderie et les parents espèrent que les changements pourront s’effectuer d’ici le 1er juin. Je me croise les doigts et j’espère que quelqu’un va s’apercevoir quelque part que la garderie offre des services exceptionnels et que c’est impossible que ça ferme. , déclare Mme Bourque.

Les Mini-Explorateurs offrent 32 % des places en installation de la MRC.

Selon le ministère de la Famille, l’offre actuelle des services de garde de la MRC de Matanie permet de répondre adéquatement à la demande et est considérée comme « équilibrée ».

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Enfance