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Des soldats pour mater les gilets jaunes : Macron temporise

Le reportage de notre correspondant à Paris Yanik Dumont-Baron
Radio-Canada

Le président français Emmanuel Macron a tenté vendredi de désamorcer la polémique autour de l’utilisation d'armes à feu lors des manifestations des gilets jaunes en déclarant que l’armée n’est pas en charge du maintien de l’ordre.

Le gouvernement a annoncé mercredi un recours renforcé aux militaires du dispositif antiterroriste Sentinelle lors de la 19e journée de mobilisation des gilets jaunes, qui aura lieu samedi, ce qui a provoqué un tollé en France.

Le général Bruno Leray en a rajouté vendredi en déclarant à Franceinfo que les « consignes extrêmement précises » données aux soldats pouvaient « aller jusqu'à l'ouverture du feu »  en cas de danger.

Peu de temps après, le président Macron a voulu calmer le jeu en déplorant un « faux débat absolu » lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil européen, à Bruxelles.

En aucun cas, l'armée dans notre pays n'est en charge du maintien de l'ordre, c'est un faux débat absolu. Ça n'a jamais été le cas ces dernières années et ce ne sera pas davantage le cas.

Emmanuel Macron, président français

« Ceux qui jouent à se faire peur ou à faire peur à certains ont tort », a ajouté M.  Macron.

Le président faisait ainsi référence, sans le nommer, au chef du parti de gauche La France insoumise, Jean-Luc Mélanchon, qui avait appelé plus tôt les militaires « à ne pas tirer ».

Que quand bien même ils en recevraient l'ordre, ils n'y obéissent pas, qu'ils ne tirent pas.

Jean-Luc Mélanchon, chef de La France insoumise

« Il y a une volonté de provocation manifeste de la part du gouvernement. J'espère que celle-ci, hélas, n'aura pas de conséquences », a pour sa part déclaré la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, sur BFM TV. « Je suis convaincue que les militaires ne peuvent pas en réalité acquiescer à cette idée. »

Des mesures renforcées

L'annonce de mercredi par rapport aux militaires de Sentinelle a eu lieu afin d'éviter une répétition des violences et des pillages qui se sont déroulés sur l’avenue des Champs-Élysées lors du 18e samedi de mobilisation.

Face au tollé, des membres du gouvernement répètent depuis que la participation des militaires est une « mesure de substitution », c’est-à-dire qu’elle vise à alléger la tâche des policiers et des gendarmes autour des lieux symboliques et touristiques.

« Les militaires ne seront pas au contact des manifestants. Ils ne vont ni les fouiller, ni les arrêter, ni les appréhender. Ils ne vont évidemment pas tirer sur la foule », a aussi assuré vendredi la ministre des Armées, Florence Parly.

Créée en 2015 pour faire face à la menace terroriste sur le territoire français, l'opération Sentinelle mobilise 7000 soldats de manière quasi-permanente pour protéger les lieux touristiques, très fréquentés. Ils sont mis à contribution lors des manifestations des gilets jaunes depuis le début du mouvement, le 17 novembre 2018.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Le Monde

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