•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mozambique : après le cyclone, le choléra

Des vaches mortes dans le district de Buzi à l'extérieur de Beira au Mozambique.

Des vaches mortes dans le district de Buzi à l'extérieur de Beira au Mozambique.

Photo : Reuters / Siphiwe Sibeko

Radio-Canada

Alors que des centaines de milliers de personnes sont toujours en quête d'abris, de nourriture et d'eau à la suite du passage du cyclone Idai, qui a fait des centaines de morts, des cas de choléra ont été signalés dans le port de Beira, au Mozambique.

Les intervenants de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) se disent « de plus en plus préoccupés par les risques de flambées épidémiques. Déjà, des cas de choléra ont été signalés à Beira, ainsi qu'un nombre croissant d'infections palustres parmi les personnes piégées par les inondations ».

Le temps presse, on est à un moment critique.

La directrice de l'UNICEF, Henrietta Fore, arrivée au Mozambique pour constater les dégâts

Après le déblayage des grands axes et le sauvetage des personnes encore bloquées dans les zones inondées, « la prochaine étape est d'avoir accès à de l'eau potable, parce que ce qui nous attend, ce sont des maladies », a-t-elle mis en garde depuis Beira.

Le cyclone Idai a tué 242 personnes au Mozambique et 259 au Zimbabwe, et l'on s'attendait à ce que le nombre de victimes augmente, selon les agences humanitaires. Au Malawi, 56 personnes sont mortes dans des pluies diluviennes avant l'arrivée d'Idai.

L'acheminement de l'aide auprès de rescapés affamés se fait de façon chaotique.

Une famille coincée sur le toit de sa maison dans le district de Buzi près de Beira, au Mozambique.  Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une famille coincée sur le toit de leur maison dans le district de Buzi près de Beira, au Mozambique.

Photo : Reuters / Siphiwe Sibeko

À Dondo, dans le centre du Mozambique, des centaines de personnes se sont précipitées jeudi pour recevoir une ration dans une école transformée en camp de déplacés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

« J'ai des enfants, j'ai quatre enfants, et ils vont manger du pain? Donnez-moi un sac de nourriture », a lancé un homme, la faim au ventre.

Devant l'ampleur des dégâts, les humanitaires reconnaissent être débordés.

L'étendue du problème est au-delà des moyens de n'importe quel pays ou de n'importe quel gouvernement. Cela va prendre des mois avant d'atteindre une phase où la plupart des gens qui ont besoin d'aide sont effectivement aidés.

Gerry Bourke, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM)

L'organisation a lancé vendredi un appel à la solidarité internationale  : « Le PAM a besoin d'un soutien financier immédiat de la part des États et des citoyens, pour faire parvenir à des centaines de milliers de personnes une aide humanitaire vitale. Maintenant ».

Des résidents sur une route endommagée par le cyclone Idai à Beira. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des résidents sur une route endommagée par le cyclone Idai à Beira.

Photo : care international/josh estey / Social Media

Une conférence de donateurs est prévue le 11 avril à Beira.

De son côté, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a mobilisé ses réserves d'urgence pour venir en aide à 30 000 personnes : distribution de tentes, sacs de couchage, ustensiles de cuisine, moustiquaires, lampes solaires, savon...

Vendredi, les autorités mozambicaines étaient toujours dans la phase d'évaluation des dégâts, une semaine après le passage d'Idai. Un nouveau bilan officiel dénombre 293 morts et 350 000 personnes affectées.30 000 habitations ont été totalement ou partiellement détruites.

À compter de ce vendredi, les secours doivent utiliser des drones pour inspecter les zones inondées.

Deuil national au Zimbabwe

Au Zimbabwe, où un deuil national de deux jours a été décrété, des rescapés cherchaient encore dans les décombres ce qui pouvait être sauvé.

Un téléphone a été mis en place à Chimanimani, épicentre des destructions. Des familles faisaient la queue pour pouvoir appeler leurs proches, tandis que des survivants continuaient à enterrer leurs morts.

Près de 200 personnes, dont 30 écoliers, sont toujours portés disparues dans le pays.

Avec les informations de Agence France-Presse, et CBC

Incidents et catastrophes naturelles

International