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Wilson-Raybould soumettra de nouvelles informations au comité de la justice

Les explications de Louis Blouin.
Radio-Canada

L'ex-ministre fédérale de la Justice Jody Wilson-Raybould va remettre au comité de la justice « des copies de messages textes et de courriels » susceptibles d'appuyer le témoignage percutant qu'elle lui a livré le 27 février en lien avec l'affaire SNC-Lavalin.

Dans une lettre envoyée jeudi au président du comité, le libéral Anthony Housefather, la députée libérale de Vancouver-Granville confirme qu'elle va donner suite à une requête, qui lui avait été faite lors de sa comparution, lui demandant plus d'informations

Jody Wilson-Raybould précise qu'elle va non seulement soumettre des messages textes et des courriels, mais aussi d'autres « preuves » qu'elle a en sa possession, sans en dire davantage.

Cela « permettra de clarifier les déclarations que j'ai faites et d'éclaircir l'exactitude et la nature des déclarations faites par des témoins lors de témoignages survenus après ma comparution devant le comité », précise l'ex-procureure générale du Canada.

Le tout sera accompagné d'une « déclaration écrite » qui respectera le décret du gouvernement qui a levé la confidentialité des délibérations du Conseil des ministres et le secret professionnel liant un client à son avocat auxquels elle est assujettie.

J'espère que ma réponse à la requête spécifique du comité et les informations additionnelles aideront le comité à compléter son étude sur cet enjeu important et à préparer son rapport final.

Extrait de la lettre de Jody Wilson-Raybould

Jody Wilson-Raybould doit témoigner, répète l'opposition

Pour les conservateurs, divulguer des courriels n'est pas suffisant. L'ancienne procureure générale doit pouvoir s'exprimer une seconde fois dans le cadre du dossier SNC-Lavalin, insistent-ils.

« Il n’y a aucun avantage pour nous à étirer la sauce », a toutefois affirmé Pierre Paul-Hus, porte-parole du Parti conservateur en matière de sécurité publique, rappelant que c'est le Globe and Mail qui a d'abord mis en lumière cette histoire.

« Chaque jour, des informations sortent et ce n'est pas nous qui les sortons. Les informations viennent des libéraux eux-mêmes, de Mme Philpott et de Mme Wilson-Raybould » , a-t-il dit, en faisant implicitement référence à l'entrevue accordée par l'ex-présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott, au magazine Maclean's cette semaine. Cette dernière, qui a aussi démissionné du Cabinet en raison de cette affaire, a fait valoir qu'elle et Mme Wilson-Raybould ont plus de choses à dire sur cette affaire.

Ce qu’on veut en bout de piste, c’est savoir ce qui s’est passé, avoir la vérité, parce que ça reste le plus grand camouflage des dernières années.

Pierre Paul-Hus, porte-parole du Parti conservateur en matière de sécurité publique

Le débat est clos, estime Justin Trudeau

De son côté, Justin Trudeau a affirmé que le décret adopté par le gouvernement pour permettre à Jody Wilson-Raybould de parler devant le comité permanent de la justice est « sans précédent ».

En vertu de ce décret, l'ex-ministre devait s'en tenir dans son témoignage devant le comité de la justice aux événements survenus avant qu'elle ne soit mutée au ministère des Anciens Combattants, le 14 janvier. Il lui est en outre interdit de parler des discussions qu'elle a eues avec le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) au sujet de SNC-Lavalin.

On a émis un décret sans précédent pour permettre à l’ancienne procureure générale de témoigner pleinement de ses expériences par rapport au dossier SNC-Lavalin.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Jody Wilson-Raybould, qui a démissionné du Cabinet le 12 février, a allégué devant le comité de la justice que les bureaux du premier ministre du Canada, du ministre des Finances et du greffier du Conseil privé ont tenté de s'ingérer politiquement dans le dossier de SNC-Lavalin, pour s'assurer que la firme évite un procès criminel. Elle a attribué sa rétrogradation à son refus de coopérer.

Elle a soutenu que ces pressions étaient « inappropriées », puisqu'elles minaient le principe de l'indépendance judiciaire, mais pas illégales.

Le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, et l'ex-conseiller principal du premier ministre Justin Trudeau, Gerald Butts, ont plutôt soutenu que ces discussions étaient légitimes, en plaidant qu'il était toujours possible que Mme Wilson-Raybould ordonne au SPPC d'offrir un accord de réparation à SNC-Lavalin.

M. Butts a aussi démissionné en raison de cette affaire, tandis que M. Wernick a décidé de prendre sa retraite.

M. Trudeau soutient aussi qu'il était de son devoir d'intervenir dans cette affaire afin de protéger les employés, les retraités et les fournisseurs qui pourraient faire les frais d'une condamnation au criminel de SNC-Lavalin relativement à des accusations de corruption liées à ses activités en Libye. Une telle condamnation priverait l'entreprise de contrats publics fédéraux pendant 10 ans.

Un accord de réparation, nouvel outil introduit l'an dernier dans le Code criminel, lui permettrait d’éviter un procès criminel en échange d’une admission des faits qui lui sont reprochés, d’une amende et d’un engagement à suivre les normes en vigueur.

La lettre de Mme Wilson-Raybould a été écrite au surlendemain de la décision du comité de mettre fin à ses travaux sur cette affaire, alors que le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique demandaient plutôt que l'ex-ministre soit entendue une seconde fois.

L'affaire a soulevé l'ire des conservateurs, qui ont décidé par la suite de retarder puis de perturber le discours sur le budget du ministre des Finances aux Communes, avant d'imposer un marathon de votes qui a contraint le Parlement à siéger sans interruption de mercredi soir à vendredi matin.

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