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Manon Massé témoignera au procès des indépendantistes catalans

Manon Massé, levant le bras vers les députés de Québec solidaire.

Manon Massé désigne les neuf autres députés de Québec solidaire lors de la cérémonie d'assermentation.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Marion Bérubé

Plus d'un an et demi après le référendum du 1er octobre 2017 en Catalogne, Manon Massé retournera en Espagne... virtuellement. La co-porte-parole de Québec solidaire témoignera au procès des 12 indépendantistes catalans.

Manon Massé était à Barcelone le 1er octobre 2017 pour assister au référendum d’autodétermination de la Catalogne, qui s’est déroulé sans l’assentiment de Madrid. La députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques est appelée à la barre pour témoigner de son expérience.

Elle a été observatrice pendant le référendum en Catalogne, elle a assisté à une partie des faits. Ça nous intéresse dans la salle d’audience d’avoir le point de vue de la communauté internationale sur ce qui s’est passé ce jour-là, explique l’avocat Olivier Peter, qui fait partie de l’équipe de défense de l’un des accusés, Jordi Cuixart.

Un texte en espagnol montrant que Manon Massé va témoigner par vidéoconférence. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'avis de convocation de Manon Massé en espagnol

Photo : Courtoisie

C’est le président de l’association indépendantiste Omnium Cultural, Jordi Cuixart, qui a convoqué Manon Massé. Depuis février dernier, lui et 11 autres têtes dirigeantes du référendum sont sur le banc des accusés à la Cour suprême de Madrid. Trois chefs d’accusation pèsent contre eux : sédition, rébellion et détournement de fonds.

La question centrale du procès est celle de la violence. L’État défend que les deux millions de Catalans, et en particulier les accusés, qui ont pris le chemin des urnes ce jour-là ont eu un comportement violent. Nous défendons que c’est la police qui a attaqué les électeurs. C’est une opinion qui semble partagée par la communauté internationale. Ça nous intéresse d’avoir le point de vue [de Manon Massé] sur ça, ajoute Olivier Peter.

On va questionner Manon Massé sur ce qu’elle a vu le 1er octobre. Est-ce qu’elle a vu de la violence de la part des manifestants? A-t-elle été témoin de la violence policière [...]? Ce sera l’occasion de dire ce qu’elle a vu.

Olivier Peter, avocat de l’équipe de défense de Jordi Cuixart

Procès historique

Ce procès historique aura donc une petite touche québécoise. Manon Massé prendra la parole par vidéoconférence le 27 mars prochain.

La défense compte aussi profiter de l’occasion pour faire une comparaison entre le référendum catalan et les deux référendums québécois de 1980 et de 1995. Est-ce qu’elle voit des similitudes entre les revendications pour l’autodétermination catalane et québécoise? Est-ce que la réponse donnée par le gouvernement canadien et espagnol est similaire et, dans un cas échéant, quelle est la meilleure à ses yeux? énumère l'avocat.

Donner des exemples comme le Québec, l’Écosse, la Calédonie et le Groenland, où on a laissé les gens voter, permet de mettre en évidence que la thèse de l'accusation selon laquelle voter correspondrait à une insurrection de violence est complètement absurde et extrêmement isolée dans le panorama international.

Olivier Peter, avocat de l’équipe de défense de Jordi Cuixart

Le député allemand Felix von Grünberg va également témoigner. Le politicien était lui aussi un observateur international lors de la tentative de sécession d'octobre 2017.

Durant le scrutin de 2017, les rues de Barcelone avaient été le théâtre de violents affrontements entre policiers et manifestants. Plus d’une centaine d’entre eux avaient été blessés.

Les organisateurs avaient finalement proclamé la victoire du oui avec 90 % des voix, résultat rejeté par le gouvernement espagnol. Malgré tout, les Catalans ont bel et bien déclaré leur indépendance, forts du résultat de leur vote. Une heure après, Madrid a déclaré le tout illégal.

En l’absence de la principale figure du mouvement de sécession au procès, l'ex-président catalan Carles Puigdemont, c’est son ancien vice-président Oriol Junqueras qui est sous le feu des projecteurs. Le parquet réclame 25 ans de prison.

Les 11 autres accusés, dont l'ancienne présidente du Parlement catalan et plusieurs ministres régionaux, encourent des peines allant de 7 à 17 ans de prison.

Le verdict ne devrait pas sortir avant le mois de juillet, mais les avocats de la défense préparent déjà leurs munitions pour le deuxième combat qui se dessine.

Si on a une condamnation, ce qui paraît extrêmement probable, on amènera premièrement l’affaire devant le tribunal constitutionnel espagnol pour épuiser les voix internes, et ensuite devant la Cour européenne des droits de l’homme, révèle Olivier Peter.

Manon Massé n’a pas voulu commenter le dossier pour ne pas nuire au processus judiciaire.

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