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La Chine cesse d'acheter des graines de canola canadiennes

Un champ de canola

Environ 40 % des exportations canadiennes de graines de canola sont normalement destinées à la Chine, mais le pays a cessé ses achats pour le moment.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les importateurs chinois ne sont pas disposés à acheter des graines de canola canadiennes pour le moment, a déclaré le Conseil canadien du canola, le groupe qui représente l'industrie au Canada.

Ce mois-ci, les autorités douanières chinoises ont révoqué le permis d'exportation d'un important fournisseur canadien de canola, Richardson International. Elles ont prétexté la présence de « parasites dangereux » tels que des champignons dans les récoltes, une allégation que la société a fermement démentie.

Plusieurs ont interprété ce geste de la Chine comme une mesure de représailles à la suite de l'arrestation par le Canada de Meng Wanzhou, la directrice financière et fille du fondateur du géant technologique chinois Huawei.

« La Chine lie toujours sa diplomatie commerciale à sa politique étrangère », a indiqué Meredith Lilly, titulaire de la Chaire Simon Reisman en affaires internationales à l'Université Carleton et professeur agrégé en commerce international.

« Ils ont déjà prétendu cela », a-t-elle déclaré, évoquant les allégations chinoises selon lesquelles le canola canadien serait dangereux. « Ne pas accompagner ces allégations d’une justification légale équivaudrait à reconnaître qu'il s'agit là d'une question de géopolitique ».

Malgré les véritables motivations de la Chine, Richardson International n'est plus le seul producteur canadien de canola à être exclu du marché chinois. D'autres, comme Viterra Inc., la société Louis Dreyfus, Cargill Ltd. et Parrish & Heimbecker Ltd, disent que leurs contrats de vente en Chine sont en train de se tarir.

« Même si un début d'optimisme laissait présager que les préoccupations chinoises concernant le commerce du canola pourraient être résolues rapidement, les discussions techniques à ce jour n'ont pas indiqué qu'une résolution immédiate soit possible », dit le Conseil canadien du canola (CCC).

« Les exportateurs de graines de canola indiquent que les importateurs chinois ne sont pas disposés à acheter des graines de canola canadiennes pour le moment. »

Les graines de canola peuvent être broyées pour produire une huile utilisée dans les aliments et en cuisine. Le « can » de canola fait référence au Canada, car cette variété spécifique de colza a été mise au point par des chercheurs canadiens dans les années 70.

L'année dernière, le Canada a exporté pour 2,7 milliards de dollars de canola en Chine, soit 40 % de la production canadienne.

Jusqu'au récent bouleversement, la demande chinoise de canola canadien était forte, affirme le Conseil canadien du Canola.

« Nous exhortons le gouvernement du Canada à continuer d'intensifier ses efforts pour résoudre la situation », dit le président de la CCC, Jim Everson.

La ministre de l'Agriculture du Canada, Marie-Claude Bibeau, a déclaré que la Chine n'avait que récemment accepté que des scientifiques évaluent l'allégation selon laquelle des organismes se trouveraient dans du canola canadien, après avoir formulé cette allégation au sujet de Richardson International.

« Les responsables des deux pays continueront à s'engager pour trouver une solution scientifique à ce problème aussi rapidement que possible », a déclaré la ministre Bibeau vendredi.

« Nous travaillons en étroite collaboration avec les représentants de l'industrie sur cette question et nous continuerons de les tenir informés dès que des informations supplémentaires seront disponibles. »

La crise soudaine du canola a fait chuter les prix de la récolte. À la livraison en mai, le prix a chuté de près de 10 $ passant à 458 $ la tonne vendredi, soit seulement un peu plus que le creux pluriannuel de 455 $ atteint plus tôt ce mois-ci.

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, a analysé vendredi le différend, soulignant l'importance de l'industrie pour la province qu'elle dirige et invitant le gouvernement fédéral à « travailler très fort » pour résoudre le problème.

« S'ils n'y parviennent pas, tous les Albertains se tourneront vers le gouvernement fédéral pour fournir un répit à notre industrie du canola, comme ils le feraient pour SNC-Lavalin, comme ils le feraient pour GM, comme pour toute autre industrie dans le pays qui est menacé à cause d’actions internationales en dehors de notre frontière », a déclaré Notley.

En Saskatchewan, le gouvernement se dit « très préoccupé » par la situation.

« Notre gouvernement a mobilisé le gouvernement fédéral et demande des éclaircissements », a indiqué le premier ministre provincial, Scott Moe.

« La Saskatchewan continue de collaborer avec les producteurs et le gouvernement fédéral dans cette situation incertaine et nous espérons toujours que le gouvernement fédéral continuera de nouer des contacts techniques avec les autorités chinoises. »

Le ministre de la Diversification du commerce international, Jim Carr, a assuré qu’Ottawa cherchait « avec une insistance, une réponse auprès des autorités chinoises à propos de ce qui est impur au sujet du canola ».

« Montrez-nous quel est ce problème et nous travaillerons ensemble pour le résoudre comme nous l'avons fait par le passé. Et si vous ne pouvez produire aucune preuve, alors passons à autre chose », a déclaré Jim Carr.

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