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L’élevage de saumons ne nuit pas aux homards, selon une étude

Un chercheur mesure la carapace d'un homard.
Des chercheurs ont découvert que l'élevage de saumons n'avait pas d'impact sur la croissance des homards directement sous les enclos d'élevage. Photo: SIMCorp
Radio-Canada

Des chercheurs ont étudié pendant huit ans les homards qui vivent dans le fond de la baie de Fundy, sous une ferme d'élevage de saumons, pour en arriver à la conclusion que cette exploitation ne nuit aucunement aux crustacés.

Leur étude, financée par l’industrie aquacole à la demande des gouvernements fédéral et néo-brunswickois, est publiée ce mois-ci dans le Journal canadien des sciences halieutiques et aquatiques, une revue scientifique.

Selon l’auteur principal, Jon Grant, océanographe à l’Université Dalhousie d’Halifax, il s’agit de l’étude la plus exhaustive qui ait été réalisée jusqu’ici au Canada atlantique, où les fermes aquacoles se sont multipliées ces dernières années.

Une ferme aquacole de Grand Manan ciblée

Dans le cadre de l’étude, des chercheurs ont établi en 2008 une zone d’échantillon sous la ferme d’élevage Benson Aquaculture près de Cheney Head, sur l’île de Grand Manan, au Nouveau-Brunswick.

Ils y ont plongé aux mois d’août et de septembre de cette année-là pour faire leurs premières observations et y sont retournés chaque année pendant sept ans.

Pour établir une base de comparaison, ils s’étaient rendus dans la zone avant l’ouverture de la ferme d’élevage.

Deux plongeurs au fond de la baie de Fundy.Des chercheurs sont retournés dans la même zone pendant 8 ans pour faire leurs observations. Photo : SIMCorp

Leur recherche a couvert deux cycles de production de l’entreprise aquacole, qui fait usage de pesticides pour contrôler les poux de mer, une pratique souvent dénoncée par les pêcheurs de homard.

L’étude a aussi couvert une période morte, entre deux cycles, et une forte expansion de l’élevage : de 10 000 saumons, le nombre de poissons élevés était passé à 336 000 pendant le deuxième cycle.

Les chercheurs ont fait les mêmes observations dans une zone témoin, à un kilomètre de la ferme d’élevage.

Augmentation du nombre de homards

À la fin de l’exercice, en 2015, ils ont constaté que le nombre de homards avait considérablement augmenté dans les deux zones. De beaucoup, souligne Jon Grant. De 100 % ou plus. Et il n’y avait pas de différence, d’aucune façon, entre les homards des deux zones, que ce soit des différences de taille, de sexe ou d’abondance [...].

Les chercheurs, poursuit-il, n’ont trouvé aucune preuve que la ferme d’élevage avait un impact nuisible sur le comportement, la croissance ou l’abondance des homards qui évoluent sous les saumons d’élevage.

La recherche a confirmé l’une de leurs hypothèses, à savoir que la population de homards sous les enclos de saumons connaît la même croissance que les stocks de homards ailleurs.

Une étude commandée par les autorités réglementaires

La recherche a été financée par l’Association des aquaculteurs du Canada atlantique à la demande de Pêches et Océans Canada et du gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Le travail sur le terrain a été réalisé par SIMCorp Marine Environmental, une entreprise de consultation spécialisée en environnement maritime souvent retenue par les industries aquacoles du Canada atlantique et du Maine.

Il s’agit d’une entreprise dont l’expertise – notamment en matière de conformité aux règlements environnementaux – est reconnue, affirme Jon Grant.

D'autres études nécessaires

Selon Tara Daggett, biologiste chez SIMCorp et coauteure de l’étude, les résultats sont encourageants pour l’industrie aquacole.

Je crois qu’on peut conclure que les fermes aquacoles peuvent coexister avec d’autres pêches et d’autres espèces, dit-elle.

Elle reconnaît toutefois que l’étude a ses limites. Une seule ferme aquacole a été étudiée.

Dans le domaine scientifique, nous n’extrapolons pas. Il faudra tester d’autres sites.

Avec les informations de Paul Withers, CBC

Nouveau-Brunswick

Industrie des pêches