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Red Deer sous l’emprise du fentanyl

Gros plan sur des mains qui tiennent un morceau de papier aluminium, un briquet et un ressort métallique.

Le fentanyl peut être prisé, avalé, injecté ou fumé comme s'apprêtent à le faire les personnes qui préparent ici leur dose.

Photo :  CBC / Elizabeth Withey

Radio-Canada

À Red Deer, le fentanyl a tué deux fois plus de personnes en 2018 qu'en 2017. Le fléau des opioïdes ne cesse de progresser dans cette ville de 100 000 habitants qui détient le plus haut taux de surdoses fatales à cette drogue de l'Alberta.

En 2018, 591 personnes ont été tuées par ce puissant opioïde dans la province, indiquent les dernières données compilées par Services de santé Alberta.

La plupart des morts par surdose sont survenues à Calgary et à Edmonton. Quand on examine les données en fonction de la taille de la population, c’est cependant à Red Deer que le fentanyl fait, de loin, le plus de ravages.

L’an dernier, le nombre de morts liées aux surdoses de fentanyl y a bondi de 23 à 47 cas. Le taux de mortalité a doublé, pour passer de 21,4 pour 100 000 habitants en 2017 à 43,8 pour 100 000 habitants en 2018.

« Derrières ces chiffres se cachent des histoires humaines », dit Stacey Carmichael, la directrice générale de Turning Point Society, un organisme qui travaille notamment à la réduction des risques pour les toxicomanes.

« Nous connaissions beaucoup de ces personnes et nous pleurons leur mort, tout comme leurs familles », ajoute-t-elle.

Prévenir et guérir

Consciente du problème d'accoutumance qui se répand dans sa ville, Tara Veer, la mairesse de Red Deer, déplore qu’il n’y ait pas de centre de traitement des dépendances dans la région.

« C’est inacceptable pour toute notre communauté », affirme-t-elle.

Pourtant, le conseil municipal de Red Deer se mobilise depuis cinq ans pour qu’un tel établissement puisse voir le jour.

« Les chiffres parlent d’eux-mêmes, affirme Tara Veer, [mais] la province maintient que ce centre n’est pas dans ses projets. »

Face à l’ampleur de la crise, l’organisme Turning Point Society a obtenu une dérogation de la province pour ouvrir un centre d’injection supervisée temporaire en octobre 2018.

L’organisme travaille maintenant avec Santé Canada afin d'installer un centre permanent.

Alberta

Crise des opioïdes