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Survivre à l’intimidation à l’école : deux anciennes victimes témoignent

Infographie aux teintes de jaune et de gris. Une salle de classe vide dans une école secondaire. Au centre, une inscription : La vie après l'intimidation.
Deux jeunes adultes qui ont survécu à l'intimidation livrent leurs conseils pour passer au travers. Photo: Radio-Canada / Photo : David Richard / Infographie : Marc Chartrand
Radio-Canada

Rien ne permet de deviner que Rose Charest et Yannick Allard, tous deux dans la vingtaine, ont enduré les tourments de leurs camarades de classe au primaire et au secondaire. Même s'ils gardent un souvenir douloureux de leur jeunesse, leur histoire s'apparente à celle du phénix, qui renaît de ses cendres, et ils livrent leurs clés pour passer à travers l'intimidation.

Un texte de Stéphanie Rhéaume pour Les matins d’ici

Garder espoir

Une jeune femme aux yeux noisettes semble perdue dans ses pensées. Elle porte un béret rose, des boucles rose dans les cheveux et une robe rose. Ses cheveux sont mi-longs et bruns. Elle porte des lunettes roses.Rose Charest Photo : Radio-Canada / David Richard

Selon Rose, lorsque l’on subit l'inacceptable, il est impératif de ne pas baisser les bras et de s’accrocher à ce qui procure du bonheur.

L’étudiante de 22 ans, qui termine un diplôme en arts et design à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), s’est pour sa part réfugiée dans le dessin au moment où sa vie basculait.

Quand tu as une passion, moi, je pense que c’est le feu à l’intérieur de toi qui brûle qui te permet de décrocher.

Rose Charest
Cases de bandes dessinées en noir et blanc où deux personnes rient et une jeune fille pleure dans une cabine dans les toilettes publiques. Elle dit : « Modit que je suis faible... »Agrandir l’imageUne planche de la bande dessinée de Rose Charest, alias Rosz, qui consacre son projet de fin d'études à l'Université du Québec en Outaouais (UQO) au thème de l'intimidation. Photo : Courtoisie : Rosz

L’intimidation s’inscrit d’ailleurs au coeur du projet de fin d’études en bandes dessinées de Rose. Selon elle, sa sensibilité artistique a été marquée au fer par les écueils de sa jeunesse.

Reprendre le contrôle

Gros plan sur le visage d'un jeune homme barbu. Il est en train de parler.Yannick Allard Photo : Radio-Canada / David Richard

Yannick a quant à lui su rebondir en chassant de son esprit le reflet déformé que lui renvoyaient ses agresseurs.

À son avis, une personne aux prises avec l’intimidation devrait canaliser ses pensées en misant d’abord sur sa perception d’elle-même - beaucoup plus authentique - puis en valorisant l’image aimante que lui retournent ses proches.

Moi, je pense que c’est comme ça que je m’en suis vraiment sorti : c’est en me concentrant sur le positif qu’il y avait dans ma vie, plus que ce qui me causait du tort, ce qui me causait de la peine, ce qui me causait du stress et de l’anxiété.

Yannick Allard

Je pense encore à ce jour que c’est la meilleure et la seule façon de vraiment s’en sortir, affirme avec conviction Yannick Allard.

L'homme de 27 ans insiste sur l’importance de trouver la force de se relever, plutôt que de compter exclusivement sur le soutien de l’entourage pour s’en sortir.

Rester prudents sur les réseaux sociaux

Captation d'une entrevue dans une salle de classe. Un homme et une femme sont en entrevue au micro. Un homme portant une tuque et un casque d'écoute enregistre leurs propos. L'intervieweuse écoute attentivement.Yannick Allard et Rose Charest confient leurs souvenirs au technicien de son François Larivière et la réalisatrice Alexandra Angers. Photo : Radio-Canada / David Richard

Les tentacules de l’intimidation sont envahissants et s’étirent bien au-delà de la cour d’école, souvent jusqu’à la maison.

Complètement éliminer les médias sociaux du quotidien pour s’extirper de la spirale du harcèlement n’est pas une solution. Yannick croit néanmoins qu’il faut en faire un usage parcimonieux.

Le jeune homme invite tout particulièrement les parents à demeurer alertes quant à l’utilisation que font leurs enfants de ses différentes plateformes.

Essayez de "profiler" un peu ce qui se passe autour pour [...] éviter des situations qui mineraient l’intégrité de votre enfant.

Yannick Allard

Faire équipe avec ses parents

Une femme et un homme dans la vingtaine sont appuyés sur des casiers. Ils regardent au loin.Rose Charest et Yannick Allard Photo : Radio-Canada / David Richard

Les deux adultes croient fermement que la famille joue un rôle déterminant dans la sortie de crise.

Par exemple, Rose admet qu’elle aurait espéré que sa mère occupe un rôle plus actif lorsqu’elle traversait une période sombre. Aujourd’hui, elle milite pour une écoute engagée de la part des parents auprès de leurs jeunes.

Selon Rose, les adultes ne doivent surtout pas banaliser ce que vit leur progéniture.

Laisse[z] [votre enfant] prendre soin de sa santé mentale, au final. Essaye[z] pas de le forcer à faire des choses que lui, clairement, il n’est plus capable.

Rose Charest

Elle donne en exemple la contrainte parentale de se rendre à l’école. Prendre une pause de quelques jours pour se sortir la tête de l’eau peut s’avérer la bouée de sauvetage qui change la donne.

Yannick mise sur la nécessité de décoder les changements de comportements chez les jeunes. Ce sont autant de précieux indices qui permettent de prendre conscience du drame vécu en sourdine par un adolescent.

Selon lui, pour éviter le pire, les parents doivent creuser plus loin lorsque le doute survient.

[Il faut] supporter, écouter, conseiller et respecter [l]a bulle [de votre enfant].

Yannick Allard

Si vous lui montrez que vous êtes disposé à être là pour lui et que vous le supportez, je pense qu’il va arriver un moment donné où il va vous laisser rentrer dans sa bulle, conclut-il.

Besoin d'aide pour vous ou un proche?

Tel-Aide Outaouais
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Ailleurs en Outaouais : 1-800-567-9699
Ottawa : 613-741-6433

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Suicide Détour de la Vallée-de-la-Gatineau
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D’après les propos recueillis par Alexandra Angers.

Ottawa-Gatineau

Jeunesse