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Une classe pour faciliter l'intégration des enfants atteints de déficience intellectuelle

À l'école primaire de St-Bruno-de-Guigues, la classe Libellule, adaptée spécifiquement pour les enfants atteints de déficience intellectuelle.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Tanya Neveu

Créer des rapprochements entre la population et les personnes vivant avec une déficience intellectuelle au Témiscamingue, c'est un des objectifs de la 30e Semaine québécoise de la déficience intellectuelle. À l'école primaire de St-Bruno-de-Guigues, la classe Libellule, adaptée spécifiquement pour les enfants atteints de déficience intellectuelle, poursuit quotidiennement cette mission en intégrant ses jeunes au parcours scolaire régulier.

Les cinq enfants de la classe Libellule évoluent dans un environnement inclusif, où ils font des progrès remarquables.

C'est le cas de Magalye Jutras. Elle a été diagnostiquée du syndrome de Rett à l'âge de trois ans et demi. Il s'agit d'une maladie génétique rare qui perturbe le développement et la maturation du cerveau. Elle se manifeste en majorité chez les filles.

« C'est un syndrome qui est multihandicaps. Puisque c'est neurologique, ça affecte malheureusement toutes les sphères du développement. On craint qu'éventuellement, il va y avoir des régressions sur les acquis qu'elle possède déjà », confie sa mère Patricia Barrette.

Une jeune fille de la classe souriante lors d'un exercice.

Magalye a fait son entrée dans le groupe Libellule en septembre dernier. Déjà, sa mère a constaté de nombreux progrès chez sa fille.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Magalye a fait son entrée dans le groupe Libellule en septembre dernier. Déjà, sa mère a constaté de nombreux progrès chez sa fille.

« Ça a évolué, au niveau du langage surtout. Magalye a du nouveau vocabulaire et surtout, elle place la conversation dans le bon contexte. Juste ça, c'est une grande fierté. On est bien fier. Elle va me dire "libellule, libellule, libellule" 300 fois par jour le samedi et 400 fois le dimanche parce qu'elle a hâte au lundi », se réjouit Patricia Barrette.

Des exemples de persévérance

La classe Libellule est en place depuis maintenant six ans. Caroline Beauregard-Descôteaux a contribué à sa création.

« Comme chaque élève est différent, on ne peut pas faire comme dans une classe régulière avec des séances en grand groupe. Les élèves ne sont pas tous autonomes, donc ils ont besoin de la présence d'un adulte pour réaliser la plupart de leurs tâches du quotidien. C'est du travail individuel. On s'assure qu'on est vraiment au fait du besoin de l'élève et qu'on l'accompagne vraiment là où il est rendu », explique l'enseignante en adaptation scolaire.

Anthony Mathieu est un des premiers élèves à avoir fait son entrée dans la classe Libellule.

Il est maintenant capable d'écrire des mots et de lire de petits textes. Il utilise une tablette pour l'aider dans la compréhension des consignes.

Au niveau intellectuel, il s'est développé beaucoup. On est en train de travailler des apprentissages de niveau première année dans certains domaines. C'est vraiment beau de le voir.

Caroline Beauregard-Descôteaux

Dans l'eau

Depuis trois ans, les élèves ont aussi intégré des visites à la piscine de Ville-Marie deux fois par mois, ce qui a permis à Anthony d'apprendre à nager.

« Au début, il était plus craintif, il ne bougeait presque pas dans l'eau. Il avait besoin d'un gilet de sauvetage. Maintenant, il nage de façon autonome dans le creux, dans le pas creux », observe l'enseignante.

« Tous les élèves en allant là-bas explorent leurs capacités au niveau de leur corps et essaient de dépasser leurs limites », ajoute-t-elle.

Apprendre à s'exprimer

Loup-ka Caron-Girard est dans la classe Libellule depuis trois ans.

Les cinq enfants de la classe Libellule évoluent dans un environnement inclusif, où ils font des progrès remarquables.

Les cinq enfants de la classe Libellule évoluent dans un environnement inclusif, où ils font des progrès remarquables.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Au début, le simple fait de venir à l'école constituait pour lui un défi. Aujourd'hui, il réussit à communiquer avec l'aide de pictogrammes.

« Au début, on devait s'isoler avec lui dans un petit local pour arriver à travailler certaines notions. Maintenant, il est autonome. Il nous fait des demandes avec des phrases en pictogrammes parce qu'il ne parle pas. Il produit des mots et des sons qui ne sont pas suffisants pour communiquer », note Caroline Beauregard-Descôteaux.

« On révise les plans d'actions et d'interventions. On change les objectifs, donc il y a de l'avancement. D'être là du lundi au vendredi toute la journée avec les enfants et de les voir changer, nous fait sentir qu'on réalise une différence dans leur vie. Ça, ça me motive », constate Annie Falardeau, éducatrice spécialisée dans la classe Libellule.

S'intégrer avec les enfants de l'école

Pour faciliter leur intégration dans l'école de 150 élèves, les enfants de la classe Libellule participent de façon régulière à des activités organisées par des élèves du troisième cycle.

Une élève aide un autre lors d'un atelier de peinture.

Pour faciliter leur intégration dans l'école de 150 élèves, les enfants de la classe Libellule participent de façon régulière à des activités organisées par des élèves du troisième cycle.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

« Ça leur permet de nous connaître puis on les connaît mieux. Ils sont intelligents. Ils sont plus intelligents qu'on le pense », assure Valérie Bellehumeur, élève de 6e année.

« Le contact qu'ils ont à travailler ensemble va effectivement faire tomber beaucoup de barrières et leur montrer en jeune âge qu'ils ont une certaine chance d'être normaux », ajouter Patricia Barrette, la maman de Magalye.

La société québécoise de la déficience intellectuelle estime qu'environ 3 % de la population est atteinte d'une déficience intellectuelle.

Abitibi–Témiscamingue

Éducation