•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Château Inn renaît le temps d'une soirée-bénéfice

Un homme travaille à la réparation du tiroi- caisse d'un bar.
Martin Beauvais a été barman pendant 17 ans au Château Inn de Val-d'Or. Photo: Geneviève Lagrois photographe
Émélie Rivard-Boudreau

Le « Château Inn » de Val-d'Or, cette discothèque qui a été l'une des plus populaires dans l'histoire de la ville, renaît le temps d'une soirée-bénéfice au profit du projet de logements sociaux Château de Marie-Ève. Une page d'histoire se ferme pour plusieurs ex-employés du bar mythique, qui se sont grandement impliqués dans l'événement.

En 2015, le bâtiment où était localisé le bar a été saisi par le gouvernement du Québec parce qu'il faisait partie des biens de Serge Pomerleau, condamné à de lourdes peines pour trafic de stupéfiants et gangstérisme et aussi l'un des trois évadés de la prison d'Orsainville en 2014.

Un bâtiment de couleur bleu en hiver avec deux camions stationnés devant. Il s'agit du Chateau Inn de Val-d'Or.Le Château Inn de Val-d'Or redeviendra une discothèque le temps d'une soirée au profit du projet de logements sociaux « Château de Marie-Ève ». Photo : Geneviève Lagrois photographe

En 2018, l'immeuble a été acheté par la maison d'hébergement La Piaule, de Val-d'Or, qui le convertira en logements sociaux.

Changements de vie

Daniel Aubé, que tout le monde surnomme « Big Dan », s'en souvient comme si c'était hier. Le 25 janvier 2015, le jour de son anniversaire, le Château Inn a été saisi par le gouvernement du Québec. C'était son lieu de travail depuis 29 ans. « Je ne savais plus ce que je voulais faire dans la vie, je ne savais plus ce que j'étais », raconte l'ex-gérant.

Daniel Aubé, alias « Big Dan »Daniel Aubé, alias « Big Dan ». Photo : Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

La journée qu'on a donné les clés ici, ça a fait mal.

Daniel Aubé, alias « Big Dan »

Après la déception et le désarroi, la fermeture des lieux lui a néanmoins permis de changer drastiquement de vie. « Je me suis repris en main, j'ai recommencé mes études. J'ai fait ma technique collégiale en ressources humaines et là, je vais commencer mon bac », souligne fièrement l'homme de 52 ans.

Son ancien collègue Martin Beauvais, barman au Château pendant 17 ans, a lui aussi quitté le la vie de nuit après la fermeture.

« Avec la transition des sous que j'ai faits ici, j'ai pu m'acheter un commerce maintenant ici à Val-d'Or. Aujourd'hui, j'ai le Château de tatoué, mais mon entreprise prend maintenant plus de place que le Château. »

La soirée-bénéfice sera l'occasion de passer à une autre étape, croit celle qui était préposée au vestiaire pendant huit ans, Christelle Julien. « On est super nolstagique, mais ça nous fait plaisir de nous impliquer. Cette soirée-là, je pense qu'elle va nous marquer longtemps. »

Une jeune femme pose devant la caméra assise sur un tabouret à l'intérieur d'un bar.Christelle Julien était préposée au vestiaire pendant huit ans au Château Inn de Val-d'Or. Photo : Geneviève Lagrois photographe

Un projet étudiant

La soirée de ce soir est dirigée par trois étudiantes du baccalauréat en Travail social de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).

« C'est dans le cadre de notre cours Intervention collective, explique l'une d'entre elles, Éloïse Lévesque. On devait faire un projet qui devait mobiliser le plus de personnes dans la communauté. On a eu la chance d'être mis en contact avec l'ancien staff du Château, puis ils ont tout de suite embarqué dans le projet, puis on travaille très fort pour que la soirée ait lieu ».

Depuis les dernières semaines, les étudiantes et les bénévoles ont rencontré plusieurs défis.

« Logistiquement, il y a tout le côté légal, donc le permis d'alcool, s'assurer de la sécurité au niveau des sorties de secours, les gicleurs… c'est tout des petits trucs qu'on n'avait pas pensé au début. Donc on a le service d'incendie qui collabore aussi avec nous de très près pour s'assurer que tout est en règle. On a eu aussi une entreprise d'entrepreneur général qui est venu nous aider à rendre ça sécuritaire pour tout le monde. »

Les rénovations du futur Château de Marie-Ève débuteront, quant à eux, dans environ deux semaines.

Abitibi–Témiscamingue

Société