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Hommage national aux victimes de Christchurch

Des personnes debout prient les yeux fermés et les mains ouvertes.
Des milliers de personnes se sont réunies à Christchurch dans le parc Hagley, situé en face de la mosquée Al Noor, pour observer l'appel à la prière à 13 h 30. Photo: Associated Press / Vincent Thian
Radio-Canada

Des milliers de Néo-Zélandais se sont rassemblés vendredi à Christchurch pour rendre hommage aux 50 musulmans tués dans deux mosquées. Un appel à la prière a été diffusé dans tout le pays et deux minutes de silence ont été observées.

Il y a une semaine, cinquante fidèles ont été abattus présumément par un extrémiste australien, Brenton Tarrant, un suprémaciste blanc, dans deux mosquées de Christchurch, la plus grande ville de l'île du Sud. Un carnage qu'il a filmé et diffusé en direct sur Facebook.

La première ministre Jacinda Ardern et des milliers d'autres personnes s'étaient réunies dans le parc Hagley, situé en face de la mosquée Al Noor, pour observer l'appel à la prière à 13 h 30, heure locale.

La Nouvelle-Zélande pleure avec vous. Nous sommes un.

La première ministre Jacinda Ardern

Des milliers d'autres écoutaient à la radio ou regardaient la télévision pendant que l'événement était retransmis en direct. La prière a été suivie de deux minutes de silence.

Les fonctionnaires ont aménagé une vaste moquette marron clair sur laquelle des centaines d'hommes musulmans étaient assis en chaussettes ou pieds nus pour se préparer à la prière. Un homme au premier rang était assis dans un fauteuil roulant de l'hôpital de Christchurch.

Un homme assis à genoux parle dans un micro les yeux fermés. L'imam Gamal Fouda (micro dans les mains) a mené la prière. Photo : Associated Press / Vincent Thian

Gamal Fouda, l'imam de la mosquée Al Noor, a remercié les Néo-Zélandais pour leur soutien.

« Ce terroriste a cherché à déchirer notre pays avec une idéologie diabolique, mais nous avons plutôt démontré que la Nouvelle-Zélande est indestructible, a-t-il déclaré sous les applaudissements de la foule. Nous avons le cœur brisé, mais nous-mêmes, nous ne le sommes pas. Nous sommes vivants. Nous sommes ensemble. Nous sommes déterminés à ne laisser personne nous diviser. »

Aujourd'hui, au même endroit, je regarde autour de moi et je vois l'amour et la compassion. La Nouvelle-Zélande ne peut être brisée.

Gamal Fouda, imam de la mosquée Al Noor

De nombreuses femmes dans tout le pays, dont des policières et des bénévoles déployés pour les cérémonies de Christchurch, avaient choisi de porter le hijab vendredi pour exprimer leur solidarité avec la communauté musulmane.

Certaines publiaient des photos d'elles ainsi voilées sur les réseaux sociaux, sous le mot-clic #HeadScarfforHarmony (« Foulard pour l'harmonie »).

La première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, est vêtue de noir et porte un foulard sur la tête. La première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, a participé à la prière. Photo : Associated Press / Vincent Thian
Attentats dans deux mosquées de la Nouvelle-Zélande

La police s'était entretenue avec le tueur

La police néo-zélandaise a révélé vendredi s'être entretenue en octobre 2017 avec l'auteur présumé de la tuerie des mosquées de Christchurch avant de lui octroyer le permis grâce auquel il a acquis les armes utilisées dans le massacre.

Brenton Tarrant avait demandé un permis de port d'arme en septembre 2017 et une équipe de contrôle des armes à feu de la police lui a rendu visite à son domicile à Dunedin le mois suivant, a indiqué un porte-parole de la police dans un communiqué.

« Une des étapes pour obtenir un permis de port d'arme est une visite au domicile du demandeur afin de vérifier la sécurité de sa propriété. Ensuite, toutes les informations disponibles ont été passées en revue et un permis a été approuvé en novembre 2017 », , a-t-on ajouté de même source.

Brenton Tarrant avait fourni les noms de deux Néo-Zélandais comme garants. Ces personnes avaient également été interrogées par la police, qui avait établi qu'elles « remplissaient des conditions requises » dans ce processus, précise le communiqué qui ne publie pas leurs noms.

Selon les autorités, Brenton Tarrant a acheté plusieurs armes en décembre 2017, dont deux fusils semi-automatiques, deux fusils de chasse et une carabine à levier qu'il a utilisés dans les attaques du 15 mars contre deux mosquées de Christchurch.

La première ministre de Nouvelle-Zélande a annoncé jeudi l'interdiction dans le pays des armes semi-automatiques et des fusils d'assaut, pendant que se poursuivaient les inhumations des victimes du présumé tueur.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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