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analyse

Le budget de Marguerite

Une ministre salue la foule.
La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, lors de son assermentation le 18 octobre 2018. Selon notre analyste Martine Biron, elle lévitait presque lors de la présentation du budget du Québec. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Martine Biron

Vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade. Le nouveau gouvernement de la CAQ a bénéficié de conditions gagnantes pour la préparation de son premier budget. Le ministre des Finances Éric Girard aurait très bien pu remercier son prédécesseur libéral que personne n'aurait été surpris. Non seulement les finances publiques sont en ordre, mais la vigueur de l'économie a permis de dégager des surplus records de plus de sept milliards de dollars. Difficile de manquer son coup.

Le premier budget du gouvernement de François Legault a une forte connotation sociale. Il parle aux jeunes et aux personnes âgées, comme il investit de façon importante tant en éducation qu’en santé. La CAQ répond directement à ses électeurs, à la clientèle qui estime que les services aux aînés sont déficients. Il fallait voir la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, la tête haute devant les journalistes. Elle lévitait presque.

Si l’argent est au rendez-vous pour déployer les maisons des aînés, renforcer les soins à domicile ou ajouter des lits et des places d’hébergement, le problème de main-d’œuvre demeure entier. Ce budget reste évasif sur la façon dont on recrutera des infirmières ou des préposés aux bénéficiaires nécessaires aux bons soins des personnes qui vivront dans ces belles maisons.

Le même défi se posera dans le secteur de l’éducation, où la pénurie d'enseignants est déjà majeure. La solution passe en partie par l’immigration, mais le gouvernement reste encore flou sur les mesures qu’il entend prendre pour s'occuper des immigrants.

Cela dit, si le budget Girard passe le test, il ne réinvente pas la roue. Il s’inscrit dans la continuité et ne marque pas une rupture nette avec la vision de l’ancien gouvernement libéral. Ceux qui pensaient que la CAQ virerait à droite, dans la continuité de l’ancienne ADQ, seront déçus. Le gouvernement de François Legault gouverne indéniablement au centre, presque au centre gauche.

Ralentissement et compressions

Les promesses électorales de la CAQ sont nombreuses et onéreuses. D’ailleurs, avant les Fêtes, François Legault a demandé à tous ses ministres de procéder à des compressions pour financer les choix de la CAQ.

On peut noter dans ce budget un léger ralentissement de l’économie au cours des derniers mois de l’année 2018. Ce qui amène le gouvernement à jouer de prudence, car il anticipe un coup de frein dans la croissance des dépenses, en santé et en éducation, à la fin de son mandat.

Le ministre des Finances prédit même une croissance économique à la baisse, inférieure à ce qu’avait dévoilé la CAQ en campagne électorale. Ou bien la CAQ est prudente, ou bien le gouvernement se garde des marges de manœuvre pour préparer l’élection de 2022.

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