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analyse

Budget 2019 : le fossé se creuse entre Labeaume et Legault

Le premier ministre François Legault (à gauche) discute avec le maire de Québec, Régis Labeaume (à droite), lors d’une rencontre à la salle Mistrale de l’Aquarium du Québec le 1er novembre 2018. Les deux hommes sont assis dans des fauteuils en cuir. Derrière eux, on aperçoit des drapeaux du Québec et de la Ville de Québec.
Régis Labeaume a rencontré François Legault jeudi à Québec. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Louise Boisvert

La Coalition avenir Québec (CAQ) est cohérente depuis le début dans ses relations avec la Ville de Québec. Il n'y a pas eu de passe-droit, ni en campagne électorale, ni dans l'énoncé économique qui a suivi l'élection et encore moins dans le premier budget Legault. La CAQ gouverne sans l'assentiment du maire Labeaume.

Un budget est un geste politique fort. C'est une occasion de prendre position et de lancer un message clair sur les orientations à venir.

Dans le dossier du tramway, le gouvernement de la CAQ choisit le statu quo. Le premier ministre Legault s'en tient à sa promesse. Il réserve les 575 M$ qu'ils manquaient pour assurer la part du Québec dans le financement du projet.

Mais il ne dit pas comment il entend s'y prendre pour récupérer les sommes fédérales. Le budget n'apporte aucun début de solution, malgré les fonds fédéraux sur la table. La CAQ reste sur ses positions, refusant de piger dans le fonds vert pour compléter le budget.

« Ça avance, mais c'est insuffisant », a dit le président du Conseil du Trésor.

Il n'en fallait pas plus pour que le maire explose de colère. Régis Labeaume, qui s'est montré plus conciliant et résilient après l'élection de la CAQ, passe maintenant en mode attaque.

Remarquez qu'il n'y a pas que la Ville de Québec qui est déçue. D'autres, comme Gatineau, attendaient aussi un signal pour financer leurs projets de transport collectif.

La CAQ semble moins arrêtée sur ses principes pour le projet de troisième lien. Il débloque 325 M$ pour les études et les plans et devis. Mais dans ce cas-ci, il est le seul maître à bord.

Perte d'influence

Le maire de Québec perd une autre bataille. Le gouvernement Legault abolit définitivement le Fonds des grands événements. Plus qu'un montant de 5 M$ par année, c'était avant tout un symbole de l'influence du maire. Il avait réussi à arracher cette somme dans la foulée du 400e anniversaire de Québec en 2008.

Le gouvernement du Québec envoie le message à la Ville que la fête est terminée.

Il confie les fonds à la Commission de la capitale nationale et élargit son mandat pour faire rayonner l'ensemble des villes de la région.

Espaces attractifs

La seule bonne nouvelle pour la Ville de Québec concerne le projet de zones d'innovation. Régis Labeaume réclamait des fonds pour décontaminer des terrains du littoral entre le centre-ville et le secteur d'Estimauville pour accueillir des entreprises de technologie. Québec accorde 50 M$ dès cette année.

Encore là, il ne s'agit pas d'une fleur que le premier ministre fait au maire Labeaume. Montréal va recevoir 100 M$ et quelques villes du Québec, dont Lévis, se partageront 70 M$.

Fin du gouvernement à deux vitesses

Fut un temps où Régis Labeaume faisait bien des jaloux. Budget après budget, les millions pleuvaient sur la ville sans que le maire n'ait à lever le petit doigt. Tout était concentré à Québec ce qui en laissait peu pour les autres villes de la région.

Aujourd'hui, les choses ont changé. Sa voisine, Lévis, réussit à tirer son épingle du jeu. Le maire Gilles Lehouillier parle du meilleur budget des cinq dernières années. Il a maintenant l'écoute du parti des régions.

Louise Boisvert analyse la politique municipale à Québec

Québec

Affaires municipales