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Toujours autant de personnes en situation d’itinérance en Mauricie

Le nombre de personne en situation d'itinérance se maintient à Trois-Rivières.
Le nombre de personnes en situation d'itinérance se maintient à Trois-Rivières. Photo: Radio-Canada
Catherine Bouchard

Malgré une situation économique qui s'améliore en Mauricie, le nombre de personnes en situation d'itinérance reste stable. Seulement à Trois-Rivières, plus de 1000 personnes par année sont accueillies au centre d'hébergement d'urgence Le Havre.

La région se trouve actuellement aux prises avec une importante pénurie de main-d’œuvre, particulièrement dans les domaines peu spécialisés. Pourtant, de nombreuses personnes en situation d’itinérance peinent toujours à se trouver un emploi dans la région.

Mishka Blowrom a des démêlés avec la justice depuis le début de l’âge adulte. De son propre aveu, il n’est pas un « enfant de chœur ». Mais il tente de reprendre sa vie en main. Difficile à faire, lorsqu’on a un casier judiciaire.

Si on a la chance de trouver un travail, lorsqu’on le dit, on n’est pas pris. Si on ne le dit pas, lorsqu’ils l’apprennent, on est congédié avant la fin de la période de probation, soutient-il.

D’autres cas semblent encore moins évidents.

René était anthropologue de formation. Après une dépression majeure en raison d’une rupture amoureuse, il tombe dans la précarité. Impossible pour lui de se loger ou de garder un emploi.

Depuis quatre ans, René va beaucoup mieux, mais il peine à trouver un logement en raison de son faible niveau de solvabilité. depuis sa dépression. Il se tourne vers des maisons de chambres sans baux.

Pas de bail, c’est plus facile de se débarrasser de quelqu’un qui ne suit pas les règlements, comme fumer à 15 mètres de l’édifice, donne-t-il en exemple.

Certains constatent que des enjeux comme la consommation de stupéfiants s'aggravent d'année en année.

Moi, je vois l'évolution en huit ans. Cette année, c'est pire que pire. Et ça va être de pire en pire. S'ils font pas de quoi, il va arriver de quoi de grave. Ça va être de pire en pire, indique Alain Caron, un homme en situation d’itinérance au centre-ville de Trois-Rivières depuis huit ans.

Intervenante au Centre Le Havre depuis plus de dix ans, Isabelle Fournier constate que le profil des personnes en situation d’itinérance est de plus en plus varié à Trois-Rivières.

Nous, on a vu notre moyenne d'âge descendre depuis cinq ans. Il y a beaucoup de jeunes de 18 ans qui viennent. On n’est pas nécessairement une ressource adaptée, mais on essaie de créer du possible pour pouvoir accueillir ces jeunes-là. Il manque beaucoup de ressources pour pouvoir mieux intervenir auprès d'eux. On a aussi plus d'Autochtones et plus de femmes, affirme Mme Fournier.

Le ministre du Travail, de l‘Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, indique être bien au fait de la situation. L’ex-président de Centraide Mauricie affirme avoir entendu les organismes communautaires et vouloir financer la mission plutôt que les projets.

J’ai pris cet engagement-là durant la campagne électorale. J’ai l’intention d’aller de l’avant avec cela, assure le ministre.

Mais le problème est plus profond. Les appels de détresse psychologique ont augmenté de 25 % en cinq ans à Trois-Rivières.

Et la ville est loin d’être seule dans cette situation, selon la police de Trois-Rivières.

Quelles solutions?

La professeure de l’Université du Québec à Trois-Rivières en psychoéducation et psychologie, Lyne Douville, s’intéresse à la question de l’itinérance. Pour elle, il paraît clair que la façon d’aider avec plus de succès ces personnes vulnérables, c’est en leur offrant des services à moyen terme.

Je pense que la qualité des services, elle est déficiente en terme de durée. C'est-à-dire que si on veut travailler avec ces populations-là, il faut être là. Il faut avoir des interventions qui sont intenses et qui ont une continuité, explique-t-elle.

Ainsi, Mme Douville estime que les organismes devraient être mieux financés pour assurer une pérennité à leurs diverses initiatives, qui connaissent, elles aussi, la précarité.

Mauricie et Centre du Québec

Pauvreté