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Les étudiants en psychologie manifestent pour une rémunération de leurs stages

Quatre étudiantes tiennent des pancartes où des slogans sont inscrits. Il peut y lire «Pour la rémunération de tous les internats» et «La psycho est rendue un bingo»
Les étudiants en stage à la dernière année du doctorat soutiennent effectuer 80 % de la tâche d'un psychologue. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Une quarantaine d'étudiants au doctorat en psychologie de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) ont manifesté jeudi matin pour dénoncer leurs conditions de stage de fin de parcours. Ils demandent à ce que les 1600 heures effectuées en internat soient rémunérées au même titre qu'un autre professionnel de la santé. Ils appellent au boycottage de leurs cours et de l'internat jusqu'à la fin de la semaine pour se faire entendre.

Alors qu'ils manifestaient mercredi devant l'Assemblée nationale, les étudiants en psychologie ont réitéré aujourd'hui qu'il est inconcevable, selon eux, qu’après sept années scolaires, aucun salaire ne leur soit versé. Ils affirment qu'ils travaillent plus de 35 heures par semaine durant leur internat.

Myriam Lapointe-Gagnon pose devant une foule d'étudiants qui manifestent.Myriam Lapointe-Gagnon, doctorante à l’UQTR et membre exécutif de la Fédération interuniversitaire des doctorant.es en psychologie Photo : Radio-Canada

En médecine par exemple, en résidence, ils gagnent en moyenne 55 000 $ pour un an dans le système public. Nous? Rien, dénonce Myriam Lapointe-Gagnon, doctorante à l’UQTR et membre exécutif de la Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie.

Déjà, des bourses de 25 000 $ du gouvernement sont offertes pour certains étudiants, mais, en ce moment, seulement un sur deux réussit à l'obtenir. C’est un tirage au sort qui détermine qui en obtiendra une ou non.

Il y a trois ans, on a fait un boycott qui a duré environ une session et on a obtenu de la part du gouvernement libéral cette bourse. Le problème, c’est que le système est victime de son succès. C’est-à-dire qu’il y a trop d’internes qui ont décidé d’aller signer des contrats dans le système public pour aider la population, ajoute Myriam Lapointe-Gagnon.

Simon Turcotte pose devant une foule d'étudiants qui manifestent. Simon Turcotte, étudiant en 2e année du doctorat en psychologie appréhende la suite de son parcours scolaire. Photo : Radio-Canada

On veut prendre soin de nos patients et on veut bien le faire et c’est difficile de le faire quand, nous-mêmes, on se trouve dans une situation de précarité.

Simon Turcotte, étudiant en deuxième année du doctorat en psychologie à l'UQTR
Guillaume Raymond pose devant une foule d'étudiants qui manifestent.Guillaume Raymond, en est à sa quatrième année de doctorat, a déjà cumulé près de 22 000$ de dettes d’études. Photo : Radio-Canada

Guillaume Raymond, qui en est à sa quatrième année de doctorat, a déjà cumulé près de 22 000 $ de dettes d’études. Je dois aller en internat l’année prochaine et là il y a possibilité que je ne sois pas rémunéré, dénonce-t-il. C’est frustrant. Est-ce qu’on ferait un tirage au sort pour les étudiants en médecine? Je ne pense pas.

Valoriser la profession

Les futurs psychologues demandent aussi, depuis une quinzaine d'années, une reconnaissance de leur travail dans le milieu public. Ils soutiennent effectuer 80 % de la tâche des psychologues sur le marché durant leur stage.

Ce n’est pas juste parce qu’ils font un travail considérable et ils suivent des patients, explique Christine Cardin, étudiante au doctorat en psychologie à l’UQTR et représentante de Québec solidaire de Laviolette–Saint-Maurice.

Même ceux qui ont obtenu une bourse étaient de la manifestation. Je veux être avec les collègues, explique Marie-Pier Desrosiers, étudiante en dernière année du doctorat. Ce n’est pas vrai que je la mérite plus qu’un autre qui va faire le même travail que moi, dans un milieu similaire à moi.

Certains étudiants sont tentés d’aller travailler dans les cliniques privées où ils seraient payés grassement, mais ils refusent. Les internes, on sert à réduire les listes d’attente. Si je ne suis pas là en septembre, ce sont des listes d’attente qui s’allongent pour des enfants et leur famille, pour des adolescents en crise suicidaires. Le système a besoin de nous, conclut Myriam Lapointe-Gagnon.

Pour la prochaine rentrée scolaire, seulement 19 bourses seront distribuées sur les 31 internes de l'UQTR, même si tous les étudiants remplissent les conditions d'éligibilité.

Mauricie et Centre du Québec

Éducation