•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'ex-président brésilien Michel Temer arrêté pour corruption

Un gros plan du visage de Michel Temer,

L'ancien président du Brésil, Michel Temer,

Photo : Reuters / Adriano Machado

Agence France-Presse

L'ancien président brésilien Michel Temer a été arrêté jeudi à Sao Paulo, tombant lui aussi dans les filets de la tentaculaire enquête anticorruption Lava Jato (Lavage express), moins de trois mois après avoir quitté le pouvoir.

« Il a été arrêté à Sao Paulo », dans le sud-est du Brésil, a annoncé un porte-parole du parquet à l'AFP. Il devait être rapidement placé en prison préventive à Rio de Janeiro.

Cette arrestation est un coup de théâtre, même si elle ne constitue pas une surprise, l'ex-chef de l'État faisant au total l'objet d'une dizaine d'enquêtes anticorruption. Il est soupçonné d'être « le chef d'une organisation criminelle » qui négociait des pots-de-vin sur des contrats de génie dans la centrale nucléaire d'Angra 3, à 150 km de Rio, a précisé le parquet dans un communiqué.

Michel Temer, 78 ans, qui a quitté le pouvoir à la fin 2018 après quelque deux ans et demi de mandat, devient le deuxième président du Brésil emprisonné après avoir été pris dans les filets de l’opération Lavage express.

L'ancien président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, 73 ans, en prison depuis avril 2018, a été condamné à deux peines de prison de plus de 12 ans chacune pour corruption et blanchiment d'argent.

Corruption, blanchiment d'argent et fraudes

Le juge Marcelo Bretas, chargé de l’opération Lavage express à Rio, a également ordonné la détention préventive de l'ancien ministre des Mines et de l'Énergie Moreira Franco, et de cinq autres suspects, dont des hommes d'affaires.

Le parquet a annoncé ces arrestations sur la base d'une « délation récompensée » et dans le cadre d'une opération anticorruption baptisée « radioactivité » qui a enquêté sur « des détournements de fonds et des versements illicites » pour le compte d'« une organisation criminelle dirigée par Michel Temer ».

Cette organisation « a pratiqué des crimes de cartel, de corruption active et passive, de blanchiment d'argent et de fraudes sur des appels d'offres », selon le parquet.

Le parquet a évoqué un « système criminel sophistiqué » ayant permis fin 2014 des détournements de l'ordre de 565 000 $ au taux de change de l'époque sur des projets de génie électromécanique dans la centrale, qui n'est toujours pas achevée à ce jour.

Mais, il ne pourrait s'agir que de la pointe de l'iceberg, cette organisation ayant obtenu « la promesse ou le versement de 625 millions de dollars, en lien avec divers organismes ou entreprises publics. »

Une brève, mais houleuse présidence

M. Temer était arrivé au pouvoir en août 2016, par accident, après la destitution brutale de la présidente de gauche Dilma Rousseff pour maquillage des comptes publics. M. Temer a ainsi accédé à la présidence en sa qualité de vice-président.

Vieux renard de la politique et bonze du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) - devenu le Mouvement démocratique brésilien (MDB) [centre droit] en 2017 - M. Temer a pu paraître invulnérable tant qu'il était au pouvoir, réussissant à deux reprises à écarter la menace d'une destitution.

Il a été notamment accusé d'avoir reçu des pots-de-vin sur la base d'un enregistrement clandestin, d'irrégularités financières dans la campagne menée en 2014 au côté de Mme Rousseff et de détournements dans des concessions portuaires à Santos, le plus grand port du Brésil.

Il s'était accroché au pouvoir en consacrant toute son énergie à des tractations avec ses alliés politiques pour sauver son mandat.

Michel Temer avait été brièvement tenté par une candidature à sa propre succession en octobre, mais il avait renoncé face à son niveau de popularité historiquement faible à 7 %. Il avait cédé les clés du palais du Planalto le 1er janvier à Jair Bolsonaro, après un court mandat paralysé par l'inaction et plombé par la récession économique et une avalanche de scandales.

Jair Bolsonaro, élu notamment grâce à son image de « Monsieur net », a fait de la lutte anticorruption une priorité, dans un pays plombé par ce fléau depuis des décennies.

L'enquête Lavage express, lancée il y a exactement cinq ans, a mis au jour le plus grand scandale de corruption de l'Histoire du Brésil, autour de contrats du groupe pétrolier public Petrobras et avec des grands groupes du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP).

Elle a conduit derrière les barreaux de très nombreux responsables politiques de tous les horizons et des chefs d'entreprises de premier plan. Au total, des peines de 2242 ans de prison ont été prononcées en vertu de 155 condamnations dans le cadre de Lavage express, qui a étendu ses ramifications dans toute l'Amérique latine.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Corruption et collusion

International