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Un budget « insuffisant » et « catastrophique », dit l’opposition

Le porte-parole libéral en matière de finances, Carlos Leitao

Pour Carlos Leitao, du PLQ, la CAQ a mal utilisé ses surplus budgétaires.

Photo : Radio-Canada

Hugo Prévost

« Disparition de la marge de manœuvre », « classe moyenne oubliée »... Les partis d'opposition ont, sans surprise, tiré à boulets rouges sur le premier budget de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Aux yeux du Parti libéral du Québec (PLQ), de Québec solidaire (QS) et du Parti québécois (PQ), le gouvernement Legault choisit de privilégier les ménages propriétaires et plus aisés au détriment du reste de la population, en plus d'évacuer carrément l'urgence climatique.

« L’année 2019-2020 est un peu la dernière année des grandes marges de manœuvre : profitez-en bien! » s’est exclamé le libéral Carlos Leitao, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances.

Aux yeux de cet ex-grand argentier de l’État, la CAQ a « mal utilisé » les surplus dégagés sous sa gouverne, qui ont été dilapidés sans égard à l’équité fiscale. « Elle est où, la classe moyenne? » s’est-il demandé, alors que, selon lui, les principaux allègements fiscaux proposés par le gouvernement Legault – l’allocation familiale, l’uniformisation de la taxe scolaire, l’abaissement des tarifs de services de garde, etc. – avantagent surtout les ménages aisés et les propriétaires.

Par ailleurs, M. Leitao s’inquiète de la pérennité du réinvestissement annoncé par la CAQ : « Le gouvernement augmente les dépenses, mais pour les programmes existants, [la hausse des budgets], c’est à peine 3,6 %. Cela sera particulièrement difficile d’assurer l’offre des programmes et services actuels. »

À preuve, soutient-il, la hausse des dépenses, outre dans les domaines de la santé et de l’éducation, est d’à peine 2 % par année, pour chuter à 0,8 % en 2021-2022.

La porte-parole de Québec solidaire Manon Massé Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La porte-parole de Québec solidaire Manon Massé

Photo : Radio-Canada

« Une catastrophe pour le climat »

Du côté de Québec solidaire, la co-porte-parole Manon Massé se dit « atterrée » par le manque d’investissements pour lutter contre les changements climatiques. Le caucus solidaire doit d’ailleurs se réunir afin d'évaluer la riposte de QS, histoire de « forcer le gouvernement à changer de cap ».

« Les bras me sont tombés en constatant que ni M. Legault ni son ministre des Finances n’ont compris l’ampleur des moyens qu’il faudra prendre pour empêcher le Québec de foncer dans l’iceberg climatique », a fait savoir Mme Massé.

« C’est une catastrophe pour le climat », a-t-elle ajouté, en parlant de « mesures ridicules, des peanuts ».

QS se désole entre autres de constater que rien n'est inscrit au budget pour réduire les tarifs de transport collectif, ou augmenter les budgets des sociétés de transport.

De son côté, le député Vincent Marissal presse le premier ministre et le ministre des Finances, Eric Girard, d'utiliser les 18 milliards devant être versés au Fonds des générations d’ici cinq ans pour protéger l’environnement.

M. Marissal déplore par ailleurs que le « troisième lien » entre Québec et Lévis soit déjà inscrit au Plan québécois des infrastructures (PQI), sous la forme d’une somme de 325 millions destinée aux travaux préparatoires.

« Vous comprendrez que chez Québec solidaire, on s’oppose à une infrastructure routière inutile », a précisé M. Marissal.

Ce n’est pas un programme de lutte aux changements climatiques, c’est un plan de marketing.

Vincent Marissal, député solidaire

Maigres investissements verts

Dans son premier budget, le gouvernement caquiste annonce 1,3 milliard sur six ans pour lutter contre les changements climatiques. Ce combat contre les effets de la pollution générée par l’activité humaine s’articule principalement autour des possibilités de croissance économique.

Une somme de 434 millions issue de cet investissement est prévue pour le programme d’achat de voitures électriques Roulez vert, qui prendra fin en 2020.

Quelque 410 millions sont aussi prévus pour l'accompagnement des entreprises dans leur transition énergétique, y compris en aidant les grandes entreprises industrielles à réduire leurs émissions polluantes, alors que 320 millions iront à la décontamination « de terrains stratégiques » et à la construction d’infrastructures destinées aux « entreprises innovantes ».

« D’immense surplus, mais de mauvais choix »

Au Parti québécois, le porte-parole en matière de finances, Martin Ouellet, estime lui aussi que le gouvernement caquiste rate le train de la lutte contre les changements climatiques et du développement du transport collectif.

« En environnement, la CAQ est fidèle à ses promesses, soit des investissements anémiques », a lancé M. Ouellet.

« On prévoit 5 milliards pour de l’asphalte et du béton, mais les mêmes montants [que dans le budget précédent] pour le transport collectif », a-t-il déploré, avant de préciser que le gouvernement Legault avait également retranché « 500 millions du PQI en matière de transport collectif » pour les cinq années à venir.

Aux jeunes qui ont manifesté dans la rue pour la protection de l’environnement, on ne vous écoute pas, on ne vous entend pas.

Martin Ouellet, député du Parti québécois

De l’avis du député péquiste, le premier budget caquiste est à peine suffisant, formé de demi-efforts et de nouvelles mesures bien souvent en deçà des attentes.

C’est le cas, entre autres, des sommes annoncées pour raccorder les régions du Québec à la haute vitesse. « La CAQ avait promis de le faire en quatre ans; c’est maintenant prévu sur sept ans. C’est inacceptable », a soutenu M. Ouellet.

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