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Tramway : Québec concrétise sa part, mais ne dit rien sur celle du fédéral

Esquisse du projet de tramway à Québec
Un montant de 575 millions de dollars a été ajouté au Plan québécois des infrastructures 2019-2029 (PQI) pour le réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec. Photo: Ville de Québec
Louis Gagné

Le gouvernement Legault a profité du dépôt de son premier budget, jeudi, pour boucler sa part de financement pour la réalisation du tramway de Québec. Il est toutefois demeuré muet sur la façon dont il compte utiliser les fonds fédéraux disponibles pour compléter le montage financier du projet.

Un montant de 575 millions de dollars a été ajouté au Plan québécois des infrastructures 2019-2029 (PQI) pour le réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec.

En additionnant la somme de 1,225 milliard qui était déjà inscrite au PQI, on obtient un total de 1,8 milliard, soit l'entièreté de l'engagement financier du gouvernement provincial.

Le budget et le PQI ne précisent cependant pas où Québec ira chercher le 1,2 milliard de dollars restant parmi les différents fonds fédéraux mis à sa disposition.

Ces fonds comprennent l'enveloppe de 5,2 milliards pour le transport en commun, une somme de 1,8 milliard pour les infrastructures vertes ainsi qu'un montant de 500 millions de dollars tiré du fonds de la taxe sur l'essence destiné aux municipalités.

La part du lion à Montréal

Québec conteste les modalités de dépense de ces fonds. À titre d'exemple, l'enveloppe de 5,2 milliards sera répartie en fonction de l'achalandage des systèmes de transport.

Cela fait en sorte qu'une part importante (82 %) servira au financement des projets de transport collectif de la grande région de Montréal. La part allouée au projet de tramway de Québec ne pourra pas excéder 400 millions de dollars.

Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a affirmé que la bonification de 500 millions du fonds de la taxe sur l'essence par Ottawa représentait une « avancée intéressante », mais insuffisante.

« On dit que ça avance, mais on dit que c'est encore insuffisant pour compléter et pour boucler le montant total qui est recherché par la suite […] On peut aller plus loin », a déclaré M. Dubé.

« Imbroglio »

Son collègue aux Transports, François Bonnardel, a invité Ottawa à mettre fin à l'« imbroglio » et à réserver des sommes spécifiquement pour le tramway afin d'éviter de mettre les programmes des régions en compétition les uns avec les autres.

« Si je prends l'argent dans un programme qui n'est pas dédié pour la Ville de Québec, qu'est-ce que je réponds à Gatineau? », a-t-il demandé.

Depuis plusieurs semaines, le maire de Québec, Régis Labeaume, presse les gouvernements Legault et Trudeau de mettre fin « à leur chicane » et de s'entendre le plus rapidement possible sur l'utilisation des fonds fédéraux.

Le maire espérait que le dépôt du budget provincial précise les intentions du Québec à cet égard. Son appel n'a manifestement pas été entendu.

Pas d'argent pour les grands événements

Autre déception de taille pour Régis Labeaume : il devra faire une croix définitive sur le Fonds des grands événements.

Mis sur pied dans la foulée des célébrations du 400e anniversaire de Québec, le fonds mettait à la disposition de la Ville une enveloppe annuelle de 5 millions de dollars pour organiser de grands événements tels que le Grand prix cycliste et Bordeaux fête le vin.

Le fonds était passé à la trappe dans le dernier budget libéral. Sa réintroduction était l'une des quatre grandes demandes formulées par le maire Labeaume à l'égard du budget Girard.

Le gouvernement Legault a plutôt décidé de bonifier de 4,3 millions de dollars par année le Fonds de développement économique de la région de la Capitale-Nationale.

Des projets partout dans la région

La Commission de la Capitale-Nationale du Québec (CCNQ), qui gère le fonds, pourra l'utiliser pour attirer de grands événements, mais il ne s'agit pas d'une obligation.

Contrairement au Fonds des grands événements, qui était géré par la Ville de Québec, l'enveloppe allouée au développement économique peut être dépensée partout sur le territoire de la CCNQ.

Un montant de 10 millions sera notamment utilisé en 2019-2020 pour la mise en valeur du quai de Sainte-Anne-de-Beaupré. Un projet de 7 millions est également dans les cartons pour mettre en valeur le littoral de Lévis.

50 M$ pour décontaminer

Le maire de Québec trouvera peut-être matière à consolation dans les 50 millions de dollars que le gouvernement Legault accorde à sa municipalité pour la mise en valeur d'espaces stratégiques destinés aux entreprises innovantes.

Ce budget pourra servir à décontaminer les terrains situés le long du littoral est de Québec, où la Ville veut aménager une zone d'innovation axée sur les technologies.

Régis Labeaume croit que le projet permettrait de créer jusqu'à 15 000 nouveaux emplois « de qualité spécialisés et très spécialisés ».

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