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Changements climatiques : il est « minuit moins une » pour les maires

Des cônes oranges sont inondées par l'eau.
La rue Fraser dans le secteur d'Aylmer, à Gatineau, lors des inondations du printemps 2017. Photo: Radio-Canada / Josée Guérin
Nathalie Tremblay

Les maires et mairesses actuels des villes du Québec sont la génération du « minuit moins une », soutiennent des experts invités jeudi au sommet de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) sur la résilience au climat, qui se tient à Gatineau.

Le réputé cinéaste des profondeurs océaniques, Mario Cyr, a déclaré aux quelque 300 participants réunis à ce sommet que l'humanité s'en va vers un précipice, mais qu'il y a une petite île, toujours visible.

Il faut que nous ramions dans le même sens pour y arriver.

Mario Cyr, cinéaste des profondeurs océaniques

Pour sa part, la biologiste Catherine Potvin a pressé les municipalités non seulement d'agir rapidement pour adapter leurs infrastructures aux changements climatiques, mais aussi d'investir pour en atténuer les impacts. Nous ne pouvons pas que s'adapter, nous n'avons pas le choix d'agir, les solutions existent, elles sont là, il faut les appliquer, a-t-elle lancé.

Citant le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui a analysé les risques d'un réchauffement planétaire de 1,5 degré Celsius, elle a indiqué que si on ne réduit pas les gaz à effet de serre de moitié d'ici 10 ans, l'augmentation de la température moyenne dans la plupart des pays causera une multiplication de phénomènes météorologiques extrêmes, allant des précipitations intenses aux risques de sécheresse.

Le groupe Ouranos, un consortium sur la climatologie régionale et l'adaptation aux changements climatiques, a pour sa part plaidé auprès des élus pour qu'ils transforment le défi qui est devant eux, en une occasion de transformer leur ville.

Cinq personnes sur une scène parlent devant une foule de gens assis dans une salle de réception.Le panel d'experts réuni au sommet de l'UMQ, à Gatineau Photo : Radio-Canada / Nathalie Tremblay

L'exemple de Gatineau

La Ville de Gatineau a profité du sommet pour partager son expérience en matière de phénomènes météorologiques extrêmes. Gatineau symbolise a peu près tout ce qui peut arriver comme catastrophe en matière de changements climatiques, a indiqué le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Lors des inondations de 2017, 40 % de tous les sinistrés du Québec étaient à Gatineau et ç'a duré des mois, même une année et plus, a-t-il illustré. Après ça on a eu une tornade... le lien avec les changements [climatiques] est moins grand, mais ça reste un phénomène météo extrême. Et entre les deux, on a eu deux des pires pluies diluviennes des derniers 100 ans.

On doit se préparer, c'est mon message. Préparez-vous à l'improbable, parce que ça va arriver.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Le maire croit aussi qu'il est temps de revoir les normes qui entourent la construction de certaines infrastructures. Maxime Pedneaud-Jobin a rappelé que Gatineau a évité de peu une catastrophe environnementale au printemps 2017.

Pendant les inondations, on est passés à 10 centimètres de perdre notre usine d'épuration, et ça se sont les eaux usées de 300 000 personnes, a-t-il déclaré. Pourtant, notre usine est aux normes, elle est moderne. Est-ce que la norme est encore la bonne? La question se pose dans un contexte comme ça.

Or, les changements à prévoir pour régler de tels problèmes sont coûteux. Une étude rendue publique cette semaine par l'UMQ conclut que la facture pour adapter les infrastructures municipales aux changements climatiques s'élèverait à 2 milliards de dollars pour les grandes villes, et au double pour toutes les villes de la province.

Est-ce qu'on devrait compenser pour des gens qui perdent beaucoup, investir dans des programmes pour aider notre monde ou investir dans l'avenir? Moi, je préfère faire des investissements pour régler le problème de fond, s'y attaquer, a affirmé Maxime Pedneaud-Jobin.

Des exemples d'adaptation, petits et grands

Si les mesures d'adaptation aux changements climatiques représentent des sommes importantes dans les grandes villes, les plus petites municipalités peuvent aussi faire leur part.

La mairesse de Chelsea, Caryl Green, qui est membre du comité sur les changements climatiques de l'UMQ, a souligné que sa municipalité a déjà adopté plusieurs mesures.

Grâce à une subvention (le Fonds vert de la FCM), nous avons embauché un employé pour qu'il puisse faire l'inventaire de tous les ponceaux de notre territoire afin d'identifier les mesures de mitigation possible pour limiter le ruissellement des eaux pluviales, a noté Mme Green.

Dans la même veine, Chelsea oblige dorénavant tous les promoteurs immobiliers à soumettre un plan de captation des eaux de ruissellement, avec l'installation de bassin de rétention pour éviter l'écoulement dans les fossés, et ultimement, les glissements de terrain et l'érosion.

Il y a plusieurs exemples, a dit Caryl Green. Là où nous pouvons faire une différence, c'est dans l'aménagement du territoire, pour avoir une efficacité énergétique. Dans notre village, on a un usage mixte, ce qui permet aux résidents d'acheter chez eux et de ne pas avoir à prendre leur voiture pour se rendre en ville.

Ottawa-Gatineau

Changements climatiques