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Vitalité n'accepte plus les références des infirmières praticiennes au privé

Vitalité n'accepte plus les références des infirmières praticiennes du privé
Kassandra Nadeau

Dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, des dizaines de rendez-vous à l'hôpital ont été annulés la semaine dernière puisqu'ils ont été prescrits par des infirmières praticiennes pratiquant dans le secteur privé. Les infirmières praticiennes affectées s'inquiètent des conséquences sur les patients. Le réseau de santé Vitalité affirme de son côté que le dossier est très litigieux.

Depuis une semaine, deux cliniques de soins privés exploitées par les infirmières praticiennes Tracy Ouellet et Annie Francoeur doivent répondre à des patients désemparés. Sans avertissement de la part du Réseau de santé Vitalité, des dizaines de rendez-vous pour des examens à l'hôpital ont soudainement été annulés.

Les patients se sont fait dire que les infirmières praticiennes des cliniques privées n'ont plus les privilèges nécessaires pour pouvoir diriger des patients vers des spécialistes.

Des conséquences pour les patients

Tracy Ouellet affirme que ce revirement de situation pourrait avoir d'importantes conséquences sur certains de ses patients. J'ai des patients autant aigus que chroniques, donc j'ai quand même des bons suivis à faire. [...] On pense-tu aux patients dans ces décisions-là? C'est clair que non .

Pour la propriétaire d'un foyer de soins de Grand-Sault, Lisa Laforge, qui requiert les services de Tracy Ouellet pour ses résidents, cette décision soudaine de Vitalité cause énormément de problèmes. Elle pense entre autres à une de ses résidentes qui a besoin d'un suivi constant en raison d'un problème de reins.

C'est une négligence de la part de whoever qui a pris la décision parce qu'il faut qu'elle ait un suivi absolument [sinon] elle va s'en aller back en insuffisance rénale. Donc, il y a quelqu'un va falloir qui réponde à un moment donné s’il arrive quelque chose à ma patiente, ça, c'est garanti bottine.

Lisa Laforge
Deux femmes discutent autour d'un bureau. Lisa Laforge (à gauche) affirme que la décision de Vitalité aura d'importantes conséquences pour les résidents de son foyer de soins. À droite: Tracy Ouellet. Photo : Radio-Canada

Privilège soudainement perdu

Tracy Ouellet s'explique très mal cette décision, puisqu'elle affirme qu'une entente non écrite avait été prise avec le Réseau de santé dès le début de la pratique, il y a de cela plus d'un an, entente qui lui a permis d'exercer normalement jusqu'aux événements de la semaine dernière. Par le passé, elle affirme avoir à maintes reprises transféré sans problème ses patients à des spécialistes.

Pour l'instant, la pratique de Tracy Ouellet est en suspens. Si elle ne peut pas recommander ses patients à l'hôpital, elle affirme ne pas pouvoir les traiter adéquatement.

La réponse de Vitalité

Radio-Canada tente d'obtenir des commentaires de la part de Vitalité depuis deux semaines, c'est-à-dire depuis la publication initiale de notre reportage sur les cliniques privées des infirmières praticiennes. Comme il s'agit d'une première incursion dans l'offre de soins médicaux primaires privés au Nouveau-Brunswick, nous voulions savoir comment le réseau de santé la percevait. Ce n'est que jeudi que Vitalité a répondu par écrit à nos demandes d'entrevues.

« Tout professionnel de la santé qui demande des analyses, des tests ou des examens doit impérativement avoir une entente avec le Réseau, puisqu’une collaboration équitable entre les deux parties est de mise. [...] De plus, un service donné dans un système privé ne peut être traité dans le système public, comme stipulé dans la Loi sur l’assurance maladie. Il s’agit donc d’un dossier complexe qui doit être vu, révisé et discuté avec les personnes concernées. Malheureusement, en raison du fait que l’accès au plateau technologique par des professionnels qui exercent en privé est litigieux, le Réseau ne peut commenter davantage ».
- Gilles Lanteigne, président-directeur général, Réseau de santé Vitalité

Gilles Lanteigne invite tous ceux qui sont affectés par cette situation à rencontrer un professionnel de la santé qui possède les accès aux différents examens médicaux, et donc à se diriger vers les salles d’urgence ou les cliniques sans rendez-vous.

Nouveau-Brunswick

Médecine