•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Garde côtière à la rescousse pour livrer de la nourriture au Labrador

Le NGCC Henry Larsen sur les eaux glacées.
Le Henry Larsen, navire de la Garde côtière canadienne. Photo: Pêches et Océans Canada
Radio-Canada

À Terre-Neuve-et-Labrador, la Garde côtière canadienne a dû se transformer en service de livraison, l'état des glaces dans le détroit de Belle Isle rendant la navigation impossible pour les traversiers et les navires de marchandises.

Le traversier Qajaq, qui assure la liaison entre St.Barbe, à Terre-Neuve et Blanbc-Sablon, au Québec, n'a pas réussi a traverser le détroit de Belle Isle depuis le 5 mars, une situation difficile pour les commerçants et les résidents de la région.

Pour Harvey Burke, propriétaire de l’épicerie JL Joncas à Blanc-Sablon, 40 % de sa marchandise arrive du traversier reliant St. Barbe à Blanc-Sablon. C’est un service essentiel. Ça fait parti de notre chaîne d’approvisionnement, explique-t-il.

Il n’a d’autre choix que de s’approvisionner du côté du Québec ce qui a pour effet d’augmenter le prix des produits de son épicerie. Ça nous coûte pas mal plus cher pour nous approvisionner du côté du Québec. Les livreurs doivent faire une plus longue route, ce n’est pas évident en hiver.

La pénurie en approvisionnement se fait aussi ressentir du côté du Labrador. Cette semaine, on a eu quelqu’un qui est venu d’une épicerie d’un petit village du Labrador qui n’avait rien du tout dans son magasin pour ses clients, explique Harvey Burke. Nous avons partagé les pommes de terre et les oeufs, plusieurs autres fruits et légumes et produits périssables, on les a partagés. On a fini la semaine en rupture de stock.

Un pont aérien

Le gouvernement de Terre-Neuve et Labrador a mis en place un système de transport aérien puisque de nombreuses personnes devaient traverser le détroit pour retourner à leur domicile. Nous avons une multitude de véhicules qui sont pris d’un bord ou l’autre du détroit, déplore Harvey Burke.

Anthony Dumas exploite une flotte d’autobus scolaire à Blanc-Sablon. Il a été pris pendant quelques jours du côté de St. Barbe à Terre-Neuve. Il a dû laisser un de ses autobus scolaires à St. Barbe et revenir en avion. Il s’agit selon lui d’une situation exceptionnelle. On ne peut pas dire que c’est de la faute du traversier parce que cette année, c’est une année spéciale, même le brise-glace a de la misère, explique-t-il. Ça fait plus d’une vingtaine d’années qu’on n’a pas vu ça.

La Garde côtière se fait livreur

L’agence fédérale de sécurité publique a fait appel à la Garde côtière pour transporter des provisions. Des denrées non périssables ont été chargées à bord du navire Henry Larsen dans le port de Corner Brook, puis acheminées à Blanc-Sablon.

Paul Veber, surintendant au Centre des opérations régionales en Atlantique, explique qu’il est plutôt rare que les brise-glaces de la Garde côtière doivent intervenir pour ouvrir le passage aux navires de marchandises, et encore plus rare que la Garde côtière doive faire la livraison elle-même.

Les glaces sont extrêmes, ça ne fait aucun doute, dit M. Veber. Tout l’hiver, l’un des pires que l’on ait vus depuis une trentaine d’années, les traversées ont été retardées ou carrément annulées en raison des glaces.

Et ce n’est pas que dans le détroit de Belle Isle. C’est sans précédent, ajoute Paul Veber. Les conditions ont été difficiles partout dans le golfe du Saint-Laurent.

De forts vents ont soufflé sur des glaces déjà très épaisses, ce qui a mené à la formation de crêtes qui rendent les traversées encore plus ardues.

Nous avons livré 60 palettes lors du premier voyage, et le Larsen partira pour Blanc-Sablon avec une deuxième cargaison d’au moins 60 palettes, mentionne Paul Veber.

Dans le passé, la Garde côtière est intervenue pour acheminer des denrées à l’île Fogo, par exemple. Ce n’est pas rare, mais ce n’est pas très fréquent, observe M. Veber. Quand la situation l’exige, la Sécurité publique intervient et nous travaillons en collaboration.

Avec les informations de Marie-Isabelle Rochon et de CBC

Terre-Neuve-et-Labrador

Conditions météorologiques