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Intelligence artificielle : au-delà des robots

Une photo du Google Home Mini, un petit haut-parleur circulaire de la taille d'une rondelle de hockey.

Les assistants vocaux (Siri, Alexa, Google Home) offrent un bon exemple de l'apprentissage des machines.

Photo : Google

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« On est vraiment à une période charnière pour l'intelligence artificielle », affirme Christian Gagné, professeur au Département de génie informatique à l'Université Laval et directeur adjoint du Centre de recherche en données massives.

Un texte de Gabrielle Thibault-Delorme | Un partenariat de Radio-Canada

S’éloignant progressivement des machines qui réalisent des équations selon des règles définies, l’intelligence artificielle d’aujourd’hui mise davantage sur des systèmes capables « d’apprendre par eux-mêmes ».

« On ne sait pas nécessairement qu’en cliquant sur un lien Google, par exemple, on améliore ses performances. C’est là où l’intelligence artificielle joue un grand rôle. » Chaque recherche, associée à un clic sur un résultat, permet au moteur de recherche de se perfectionner.

L’exemple de Google est frappant. Ses algorithmes se sont raffinés grandement au fur et à mesure que les données se sont accumulées. La compagnie bénéficie aujourd’hui de 15 ans de données accumulées, qui permettent non seulement d’analyser le comportement de l’internaute sur le web, mais dans sa vie aussi, notamment par la géolocalisation.

Les assistants vocaux (Siri, Alexa, Google Home) sont également un bon exemple de cet apprentissage en cours des machines. « Au début, ils en étaient presque risibles, mais aujourd’hui, à force de recevoir des commandes, ils se sont améliorés », reconnaissant davantage les accents et les expressions des utilisateurs.

« Pourquoi c’est arrivé maintenant et pas il y a 15 ans? C’est parce qu’aujourd’hui, on a la quantité de données nécessaire, mais on a aussi 100 fois plus de capacité de calcul », explique M. Gagné. Tout ça combiné avec des nouveaux algorithmes et les conditions sont gagnantes pour une révolution de l’intelligence artificielle.

Qui a peur de Terminator?

L’accumulation de données et l’amélioration constante de l’intelligence artificielle s’accompagnent de questionnements éthiques.

« Actuellement, ce qui inquiète beaucoup, ce sont les drones autonomes, alimentés par l’IA. » En se déplaçant de façon autonome, et en se servant d’outils de reconnaissance faciale, ces drones militaires seraient capables de détecter, de reconnaître une cible et de l’attaquer. « C’est probablement l’avenir le plus noir qu’on peut envisager. On pourrait cibler, par exemple, des opposants à un courant politique avec leurs commentaires en ligne. »

« Il faudra avoir une réflexion aussi sur la démocratie », évoque-t-il, faisant référence à la bulle d’opinions dans laquelle peuvent nous enfermer les algorithmes de Google, Netflix et Facebook, qui nous présentent d’abord et avant tout des contenus qui renforcent nos propres connaissances et opinions.

Dans un autre ordre d’idées, la montée de l’intelligence artificielle amènera des transformations importantes dans le monde du travail. « Toute l’industrie du transport va être bouleversée avec l’arrivée des voitures autonomes. Les camions lourds, l’industrie du taxi et de la livraison vont grandement se transformer. Il en est de même pour l’industrie de la radiologie. L'IA va détecter les anomalies sur les radios et proposer des diagnostics, que le radiologue va valider. Ce sera des milliers d’emplois qui deviendront désuets et des travailleurs qui devront être relocalisés. »

Le professeur se dit toutefois rassuré, indiquant qu’au Québec, la réflexion sur les avancées technologiques est accompagnée de débats éthiques. « On est vraiment à l’avant-plan sur l’intelligence artificielle », souligne le professeur.

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