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Trump veut reconnaître la souveraineté d'Israël sur le Golan

Le président américain Donald Trump et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.
Le président américain Donald Trump et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Photo: EPA / Abir Sultan
Radio-Canada

Le président américain s'est tourné vers Twitter pour plaider en faveur d'une reconnaissance américaine du Golan, conquis, puis annexé par Israël, comme territoire israélien. La position de Donald Trump, allié indéfectible d'Israël, marque un virage politique majeur pour la diplomatie américaine dans ce dossier sensible.

« Après 52 ans, il est temps pour les États-Unis de reconnaître totalement la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, qui est d'une importance stratégique essentielle pour la sécurité de l'État d'Israël et la stabilité de la région! » a écrit le président américain sur Twitter, au moment même où le secrétaire d'État, Mike Pompeo, se trouvait à Jérusalem.

La déclaration de Donald Trump a immédiatement été saluée par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui pourra se targuer d'une victoire diplomatique, à moins de trois semaines des élections législatives en Israël.

Le plateau du Golan a en partie été occupé par l'armée israélienne lors de la guerre des Six Jours en 1967, après avoir chassé les forces syriennes. Israël l'a annexé en 1981, s'attirant alors les condamnations de l'ONU. Par la suite, la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion.

L'administration Trump avait donné des indices en faveur de ce revirement diplomatique au cours des derniers mois. Un rapport du département d'État publié il y a 10 jours évoquait les territoires « contrôlés » plutôt qu'« occupés » par Israël pour désigner le Golan, la Cisjordanie et la bande de Gaza, comme le veut la diplomatie américaine depuis des décennies.

En novembre dernier, Washington a pour la première fois voté contre une résolution de l'ONU considérant l'annexion israélienne du Golan « nulle et non avenue ». C'est le seul pays à avoir voté contre aux côtés d'Israël.

Israël a récemment accusé le Hezbollah, l'un de ses ennemis, d'établir secrètement dans le Golan syrien, près du territoire sous son contrôle, un réseau militaire commandé par une figure du mouvement chiite libanais.

Riche en eau, le plateau du Golan, également frontalier du Liban et de la Jordanie, surplombe la Galilée et le lac de Tibériade du côté contrôlé par Israël et commande la route vers Damas du côté syrien.

Au milieu des années 1960, l'enjeu de l'eau constituait l'une des principales causes du contentieux israélo-syrien, Damas accusant Israël d'avoir détourné les sources du Jourdain.

Nétanyahou jubile

Le secrétaire d'État, Mike Pompeo, serre chaleureusement la main du premier ministre Benyamin Nétanyahou devant des drapeaux américains et israéliens.Le président Trump a profité de la visite du secrétaire d'État, Mike Pompeo, en Israël pour lancer son plaidoyer. Photo : Reuters / Jim Young

« Alors que l'Iran cherche à se servir de la Syrie comme d'une plateforme pour détruire Israël, le président Trump reconnaît courageusement la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan. Merci, président Trump », a écrit Benyamin Nétanyahou sur Twitter.

« Vous avez fait l'histoire », lui a-t-il dit ensuite lors d'un entretien téléphonique, d'après le bureau du premier ministre.

L'OLP craint un bain de sang

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine, le négociateur Saeb Erekat, a pour sa part dénoncé les intentions du président Trump. « De quoi demain sera-t-il fait? De déstabilisation et de bain de sang dans la région », a-t-il prédit sur Twitter.

Le plaidoyer de Donald Trump a en revanche été accueilli avec enthousiasme par le sénateur républicain Lindsay Graham, qui est l'un de ses plus ardents partisans.

« Je tenterai [...] de faire en sorte que le Congrès vous suive », a-t-il indiqué sur Twitter.

En décembre dernier, trois sénateurs républicains ont présenté une résolution non contraignante visant à faire reconnaître la souveraineté d'Israël sur le Golan, en représailles à l'« assassinat de civils » et l'« utilisation d'armes de destruction massive », mais aussi pour contrer la menace que pose l'Iran à la sécurité d'Israël et des États-Unis.

L'ancien ambassadeur américain en Israël Martin Indik, qui a par le passé agi comme négociateur dans les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens, a déploré un « geste gratuit » de la part du président Trump.

Poutine utilisera ce prétexte pour justifier l'annexion de la Crimée par la Russie; la droite israélienne l'utilisera comme prétexte pour l'annexion de la Cisjordanie par Israël.

Martin Indik, cité par le New York Times

Un soutien sans cesse renouvelé

lvanka Trump, tout sourire, inaugurant l'ambassade américaine à Jérusalem. lvanka Trump a inauguré la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem entourée de son mari Jared Kushner et du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Photo : Reuters / Ronen Zvulun

Attendu à la Maison-Blanche en début de semaine prochaine, le premier ministre israélien a réitéré avec insistance sa demande pour une reconnaissance du Golan comme territoire israélien au cours des dernières semaines.

Au pouvoir depuis une décennie, M. Nétanyahou met inlassablement en avant sa relation privilégiée avec le locataire de la Maison-Blanche et s'en sert d'argument de campagne, présentant les gains israéliens comme des succès personnels dont ses concurrents seraient incapables.

Ce n'est pas la première fois que le président Trump prend ainsi parti pour Israël de façon aussi marquée.

En décembre 2017, les États-Unis ont rompu avec près de sept décennies de diplomatie américaine et internationale en reconnaissant unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël, au grand dam notamment des dirigeants palestiniens. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait alors gelé les relations avec l'administration Trump.

Les États-Unis avaient inauguré leur ambassade à Jérusalem, auparavant à Tel-Aviv, cinq mois plus tard dans un climat tendu. Selon le ministère de la Santé de Gaza, l'armée israélienne avait tué 58 Palestiniens dans la bande de Gaza au cours de manifestations monstres dénonçant cette décision.

Le gouvernement américain a également cessé son aide financière à l'Autorité palestinienne, ainsi que ses contributions à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

Au début du mois, les États-Unis ont fermé leur consulat général à Jérusalem, qui faisait office d'ambassade de fait auprès des Palestiniens. Il a été absorbé par l'ambassade américaine. Les États-Unis sont ainsi devenus l'une des seules grandes puissances à ne pas avoir de représentation diplomatique consacrée spécifiquement aux Palestiniens.

Les conseillers de Donald Trump disent avoir élaboré un nouveau plan de paix pour le Proche-Orient, qui devrait être dévoilé après les élections israéliennes.

Avec les informations de New York Times, Reuters, et AFP

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