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Le dégel libère le souvenir des inondations de 2013 à Calgary

Une rivière. Les rives sont gelées. Un pont enjambe le cours d'eau. On aperçoit un bois dans le fond. Le ciel est bleu.
Des blocs de glace flottent désormais à la surface de la rivière qui ne devrait pas sortir de son lit, selon les prévisions des experts en hydrologie. Photo: CBC / Jennifer Lee
Radio-Canada

Chaque printemps, le souvenir des inondations de 2013 refait surface dans l'esprit de nombreux Calgariens, qui scrutent le niveau des rivières Elbow et Bow. Un réflexe naturel, mais il n'y a pour l'instant aucun signe de débordement à l'horizon, selon les experts qui surveillent eux aussi ces cours d'eau.

Quand il se promène avec sa famille le long de la rivière Bow, au centre-ville de Calgary, Jad Sabalbal ne peut s’empêcher de penser que la crue des eaux de 2013, qui l'a obligé à fuir son domicile, pourrait se reproduire aujourd’hui.

« Pour être honnête, je trouve que le niveau des eaux a l’air trop élevé. Je regarde vraiment la rivière différemment depuis 2013 » , avoue-t-il.

Un couple pose à côté d'une rivière. Ils ont une poussette avec deux bébés. Jad Sabalbal et sa femme, Ghina El-Ekawi, profitent du beau temps en compagnie de leurs jumeaux le long de la rivière Bow, à Calgary. Photo : CBC / Jennifer Lee

Sous surveillance

En cette saison de redoux, une équipe de la Ville surveille sur le terrain le débit et le niveau des deux cours d’eau qui coulent à Calgary.

« À l’heure actuelle, il n’y a pas d’inquiétude particulière à avoir », affirme Frank Frigo, le responsable des études hydrographiques de la Ville.

Si la neige a quasiment disparu des rues de Calgary, il ne fait pas encore assez chaud pour que le manteau neigeux fonde dans les montagnes, ajoute M. Frigo.

« Nous observons [toutefois, depuis deux ans] que la fonte de ces neiges arrive plus tôt que d’habitude. C’est un des signes du changement du climat que nous surveillons », explique-t-il.

Depuis son laboratoire de recherche, situé à Canmore, l’hydrologiste John Pomeroy constate quant à lui qu'une plus grande quantité de neige s’est accumulée au sol dans le sud de la province.

« On a eu un mois de février sans chinook », explique-t-il. Or, ce vent d’ouest chaud et sec contribue habituellement à faire fondre la neige dans la partie méridionale de l’Alberta.

Le sol, lui, est encore gelé sous ces couches de neiges persistantes. En cas de forte pluie, les précipitations ne pourraient pas être absorbées, craint M. Pomeroy.

Un homme coiffé d'un chapeau d'hiver et bien emmitouflé regarde le soleil. Derrière lui, on peut deviner des sapins couverts de neige. John Pomeroy, un hydrologiste de l’Université de la Saskatchewan, étudie les bancs de neige dans les Rocheuses. Photo : Radio-Canada / Erin Collins

« C’est un peu anormal pour nous. Il pourrait y avoir des ruissellements d’eau plus importants dans certains secteurs », prévoit-il.

C’est ce qui s’est passé dans plusieurs États du Midwest américain. Des inondations sans précédent y ont causé la mort d’au moins trois personnes.

« On y retrouvait les mêmes conditions. Mais les températures chaudes ont coïncidé avec de fortes précipitations », précise M. Pomeroy.

Les yeux rivés au ciel, il a cependant bon espoir qu’il n’y aura pas d'inondations de la sorte en Alberta, puisqu’on ne prévoit pas de pluie intense dans le sud de la province.

Avec les informations de Jennifer Lee

Alberta

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