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Programme des services en matière d’autisme : le gouvernement ontarien revoit sa copie

Photo d'une femme aux cheveux blonds portant une robe noire debout derrière un micro

La ministre des Services à l'enfance, Lisa MacLeod

Photo : Radio-Canada

Rozenn Nicolle
Jean-François Morissette

Le gouvernement ontarien annonce qu'il va « améliorer » le programme provincial des services en matière d'autisme qu'il avait présenté en février dernier. Le nouveau programme prévoit la suppression du critère du revenu et un élargissement de l'éventail de services admissibles. Cette annonce survient après de multiples mobilisations de parents d'enfants autistes ainsi que de professionnels de la santé.

Ces derniers mois ont été émotifs pour beaucoup de famille, a reconnu dès le début de son annonce la ministre des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, Lisa MacLeod.

Notre plan est le meilleur, c’est toujours le meilleur, on vient juste l’améliorer.

Lisa MacLeod, ministre des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires

Parmi les améliorations annoncées par la ministre, la suppression du critère de revenu. Dans le plan original, seules les familles ayant un revenu familial annuel net ajusté inférieur à 55 000 $ auraient été éligibles à l’octroi du montant maximal.

La ministre a également annoncé que plus de services seront admissibles dans le budget pour les services aux enfants, tels que des services d’orthophonie, de physiothérapie et d’ergothérapie.

Tous les renseignements sur les services admissibles seront publiés sur le site Web du ministère début avril, précise le communiqué émis par le gouvernement.

La ministre dit vouloir toujours se concentrer à éliminer les listes d’attente. Seuls 8400 enfants diagnostiqués comme autistes ont actuellement accès à un traitement subventionné par la province, alors que 23 000 autres sont sur une liste d’attente.

Mme MacLeod dit également avoir entendu les parents qui soulignaient que chaque enfant a des besoins différents, ce qui n’était pas reflété dans les décisions prises par le gouvernement.

Les parents avaient raison quand ils affirmaient que l’autisme est un spectre et que les besoins des enfants diffèrent sur ce spectre, a concédé Mme MacLeod. Elle assure vouloir recueillir leurs commentaires au cours des prochains mois afin d’évaluer comment améliorer le soutien aux enfants ayant des besoins plus complexes et comment leur fournir d’autres sources de soutien.

Mme MacLeod a également tenu à rassurer les parents dont les enfants sont déjà pris en charge dans le programme existant et qui s’inquiétaient de voir leurs couvertures s’arrêter : Je vais prolonger leurs plans pour les prochains 6 mois, a déclaré la ministre.

La ministre soutient que le Programme ontarien des services en matière d’autisme atteindra désormais un 331 million de dollars. Il est toujours prévu qu’il entre en vigueur le 1er avril 2019.

Mieux, pas toujours pas assez, disent les parents

Aujourd’hui est une meilleure journée qu’hier, résume la présidente de l’Ontario Autism Coalition, Laura Kirby-McIntosh.

Selon elle, ce léger recul de la part du gouvernement est une sorte de preuve que la démocratie fonctionne. Elle se réjouit de voir disparaître les critères de revenus, et à l’idée des prochaines consultations annoncées. Mieux vaut tard que jamais, a-t-elle souligné.

Une femme devant deux micros. Derrière elle, on retrouve des drapeaux.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laura Kirby-McIntosh, présidente de l'Ontario Autism coalition

Photo : Radio-Canada

Le principal problème reste pour elle la discrimination basée sur l’âge du programme réformé : le montant d’indemnité qu’une personne reçoit baisse drastiquement juste parce qu’il célèbre un anniversaire, ce n’est pas normal. Et il y a encore des plafonds par années et au cours d’une vie.

On est content de voir qu’ils ont vu qu’il y avait des lacunes dans leur première annonce. C’est pas assez, ça n’adresse pas les gros problèmes, conclut Marguerite Schabas, mère d’un petit garçon autiste et également membre de la Ontario Autism Coalition.

L’opposition dénonce une situation chaotique pour les parents

De nombreuses familles vont encore devoir se démener pour s’assurer que leurs enfants obtiennent des services... Ça n’est même pas proche de ce qui est nécessaire, a commenté Monique Taylor, porte-parole du NPD en matière de services à l’enfance et à la jeunesse.

Monique Taylor répond aux questions des journalistes
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Monique Taylor, porte-parole du NPD en matière de services à l’enfance et à la jeunesse

Photo : Radio-Canada / Pelin Sidki

Mme Taylor regrette également que les consultations des familles et des professionnels n’aient pas été faites avant : Ça prouve qu’ils ne savent pas ce qu’ils font et qu’ils auraient dû faire le travail avant d’annoncer et de mettre en place leur politique, et qu’ils ont plongé des parents dans le chaos pendant un mois et demi, alors qu’ils auraient dû faire le travail en amont.

« J’aurais aimé voir un plan qui aurait commencé par des consultations et aurait impliqué tous les partis concernés et qualifiés dans ce domaine.

Monique Taylor, porte-parole du NPD en matière de services à l’enfance et à la jeunesse

Même son du côté du Parti libéral et du Parti vert, qui à travers les réactions de leurs chefs respectifs, ont tous deux également dénoncé le chaos dans lequel les familles d’enfants autistes ont été plongées depuis l’annonce de la réforme.

Elle [Lisa MacLeod] avance toujours avec le plan qu’elle devrait mettre sur pause, a commenté le chef du Parti libéral John Fraser. La députée libérale d’Orléans, Marie-France Lalonde, va même plus loin : Quand on parle d’initiales B.S. en anglais… Je dirais que c’est probablement très près de ce que je ressens aujourd’hui.

La députée néo-démocrate Monique Taylor pointe également du doigt le fait que rien dans l’annonce faite aujourd’hui par les progressistes-conservateurs ne vient pas pallier le problème des coupes dans les programmes des conseils scolaires : Des enfants vont toujours entrer dans notre système scolaire, sans une transition adaptée et sans soutien adapté au sein de notre système scolaire.

Vives réactions au plan précédent

Depuis l’annonce, de nombreuses familles et thérapeutes avaient manifesté leur mécontentement à travers la province, d’Ottawa, à Sudbury, en passant par Queen’s Park à Toronto.

Emily Sheridan à l'extérieur. Elle tient une pancarte sur laquelle on peut lire « Autism Does Not End At Six! »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Emily Sheridan participait à une manifestation devant les bureaux de la ministre MacLeod, vendredi. Son fils, âgé de presque six ans, est atteint d'un trouble du spectre de l'autisme.

Photo : CBC / Jean Deslisle

L’annonce des changements avait même entraîné la démission d’un employé du bureau à Queen’s Park de la députée conservatrice de Kitchener Amy Fee, attachée parlementaire de Mme MacLeod.

Bruce McIntosh, qui avait été par le passé président de la Ontario Autism Coalition, et père d’un enfant autiste, avait claqué la porte jugeant l’approche du gouvernement « indéfendable » et le financement nettement insuffisant.

Selon un rapport de l’Agence de la santé publique du Canada en 2018, un enfant canadien sur 66 est diagnostiqué avec cette condition. Selon Autisme Ontario, environ 100 000 Ontariens, dont 40 000 enfants, sont atteints d’autisme.

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Toronto

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