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Des centaines de milliers de sinistrés toujours prisonniers des eaux en Afrique australe

Une femme tente de survivre dans une maison inondée du district de Buzi, près de Beira, au Mozambique.

Photo : Reuters / Siphiwe Sibeko

Radio-Canada

Les secouristes poursuivent leurs efforts avec l'énergie du désespoir dans les vastes zones inondées du Zimbabwe et du Mozambique pour venir en aide à des centaines de milliers de personnes prisonnières des eaux depuis le passage du cyclone dévastateur Idai, la semaine dernière, sur les côtes de l'Afrique australe.

Au moins 350 000 personnes vivent actuellement dans des zones inondées au Mozambique et 200 000 de plus au Zimbabwe, selon les plus récentes estimations des Nations unies.

Selon le ministre mozambicain de l'Environnement, Celso Correia, au moins 15 000 personnes ont besoin d’être « secourues immédiatement » seulement dans la région de Beira, la deuxième ville du pays. « Elles sont bloquées sur des maisons, sur des toits », a témoigné le ministre Correia. « Elles sont en vie [...], mais on a besoin de les secourir, de les sortir de là. »

« Des milliers d'autres sont bloquées dans des zones plus élevées, sur de petites îles », a ajouté le ministre.

C'est une lutte contre la montre. Chaque minute compte.

Celso Correia, ministre de l’Environnement du Mozambique

La deuxième ville du Mozambique totalement dévastée

La ville portuaire de Beira, qui compte un demi-million d'habitants, a été « endommagée ou détruite à 90 % » par le cyclone Idai, selon la Croix-Rouge, qui évoquait plus tôt cette semaine une destruction « énorme et terrifiante ».

« C'est la pire crise humanitaire dans l'histoire récente du Mozambique », qui a été le plus touché par les intempéries, a estimé la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Le cyclone Idai a provoqué des glissements de terrain et inondé une vaste zone de plusieurs dizaines de kilomètres de circonférence allant des côtes du Mozambique jusqu’au Zimbabwe et au Malawi.

Les intempéries qui ont déferlé sur l’Afrique australe le 15 et le 16 mars derniers ont fait au moins 356 morts au Zimbabwe et au Mozambique, selon un bilan provisoire, mais les estimations des autorités sont beaucoup plus sombres, considérant l’ampleur du désastre qui touche cette région de l’Afrique australe.

En début de semaine, le président mozambicain Filipe Nyusi a d’ailleurs prévenu que le bilan pourrait monter rapidement à plus de 1000 morts.

Or, il n’y a pas que les morts ou les blessés, le cyclone a également chassé des centaines de milliers de personnes de leur demeure, voire de leur région.

Des centaines de milliers de déplacés

Au Mozambique seulement, au moins 400 000 personnes ont été déplacées, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) qui se prépare à devoir secourir au moins 1,7 million de personnes dans le pays, selon le porte-parole Hervé Verhoosel.

Une femme et un homme pousse un réfrigérateur qui flotte sur l'eau avec un garçon dedans.

Ce couple du Mozambique transporte son fils dans un réfrigérateur transformé en embarcation de fortune.

Photo : Reuters / Siphiwe Sibeko

Pendant ce temps, les eaux ont commencé à se retirer des terres du Mozambique où les secouristes sont parvenus mercredi à libérer 3000 personnes qui étaient bloquées sur une étroite bande de terre, sur des toits ou dans des arbres.

« À certains endroits, le niveau de l'eau atteignait jusqu'à onze mètres, et il a baissé de trois mètres », a expliqué à l’Agence France-Presse le ministre mozambicain de l’Environnement, Celso Correia.

Mais les secours ne suffisent pas à la demande considérant l’ampleur de la catastrophe et en plus des besoins alimentaires, médicaux et logistiques, l’ONU redoute maintenant l’éclosion d’épidémies

Le déplacement d'un grand nombre de personnes et les inondations augmentent significativement les risques de paludisme, de typhoïde et de choléra.

Matshidiso Moeti, directeur régional pour l'Afrique de l'Organisation mondiale pour la santé (OMS)
Une maison inondée.

Les eaux ont envahi une superficie de plusieurs centaines de kilomètres carrés au Mozambique, transformant des villes entières en lacs.

Photo : Reuters / Siphiwe Sibeko

Au Zimbabwe, la situation n’est guère mieux notamment dans le district de Chimanimani, selon le porte-parole du PAM, Hervé Verhoosel.

« Environ 90 % du district a été endommagé de façon importante », a-t-il précisé.

Ne disposant que d’un nombre limité d’hélicoptères et de véhicules adaptés à ces conditions, les autorités gouvernementales du Mozambique et du Zimbabwe peinent à répondre adéquatement à la crise et doivent s’en remettre dans une large mesure aux agences extérieures, notamment à l’ONU, pour acheminer les secours, la nourriture et les médicaments dans les zones sinistrées.

Dépassés par l'ampleur de la catastrophe, les sauveteurs sont confrontés à des choix déchirants.

« Malheureusement, on ne peut pas venir en aide à tout le monde, donc notre priorité, ce sont les femmes, les enfants et les blessés », a expliqué à l'AFP Caroline Haga, chargée de communication pour la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Avec les informations de l'Agence France-Presse et de Reuters

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