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Des dispositifs de sécurité vendus en option par Boeing sont scrutés de près par les enquêteurs

Les lettres rouges de la compagnie se dessinent sur le fond blanc de l'avion.

Un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie aérienne Lion Air, sur le tarmac de l'aéroport international de Soekarno Hatta, près de Jakarta.

Photo : Reuters / Willy Kurniawan

Radio-Canada

Deux dispositifs de sécurité cruciaux manquaient à bord des deux Boeing 737 MAX qui se sont écrasés en Éthiopie et en Indonésie, selon le New York Times, parce que Boeing les offrait en option. Lion Air et Ethiopian Airlines n'en avaient pas équipé leurs appareils.

À la suite de ces révélations, Air Canada a déclaré jeudi à CBC que tous ses Boeing 737 MAX sont équipés de ces deux dispositifs de sécurité, soit un indicateur lumineux et un indicateur d'angle d'attaque. Il n'en va pas de même pour WestJet, qui affirme n'avoir qu'un seul de ces dispositifs, soit l'indicateur lumineux.

Les causes des tragédies aériennes survenues le 29 octobre et le 10 mars ne sont pas encore déterminées. Les enquêteurs examinent la possibilité qu'un dysfonctionnement d'un système informatique dernier cri soit partiellement en cause dans ces accidents.

Dans le cas de l'appareil de Lion Air, des données enregistrées par un capteur se sont peut-être révélées fausses. Mais l'avion n'était pas muni de l'indicateur lumineux qui aurait pu indiquer cette anomalie aux pilotes.

Boeing s'engage à améliorer le système informatique en cause. Une source du New York Times, qui a requis l'anonymat, affirme que l'indicateur lumineux sera dorénavant partie prenante du modèle de base de l'appareil. Il ne sera donc pas facturé en option.

Selon une source de l'AFP, qui a également accepté de parler sous le couvert de l'anonymat, c'est une des modifications que Boeing va présenter aux autorités américaines ainsi qu'aux compagnies clientes dans les prochains jours.

Cette source a par ailleurs mentionné que ni le 737 MAX 8 de Lion Air ni celui d'Ethiopian Airlines, qui s'est écrasé le 10 mars dernier, n'étaient équipés d'un tel signal.

La pratique de facturer en extra des dispositifs présentés comme étant optionnels par les avionneurs est très lucrative pour ceux-ci. Les dispositifs en question relèvent parfois de l'esthétique ou du confort : fauteuils plus confortables, éclairage sophistiqué ou salle de bain supplémentaire. Mais d'autres dispositifs sont liés au fonctionnement de l'avion : systèmes de communication, de navigation ou de sécurité.

Des transporteurs au rabais, comme Lion Air en Indonésie, ont décidé de ne pas assortir leurs appareils neufs de ces systèmes en option. Ils en ont le loisir, puisque les organismes de réglementation ne les exigent pas.

Un écrasement évité de justesse

Par ailleurs, jeudi, les autorités indonésiennes ont reconnu qu'un troisième pilote était présent dans le cockpit du Boeing 737 MAX de Lion Air la veille de l'accident, sans toutefois confirmer qu'il avait permis, selon Bloomberg, d'éviter que l'avion connaisse le même sort.

Après l'accident d'octobre au large de l'Indonésie, qui a coûté la vie à 189 personnes, l'agence indonésienne de sécurité des transports (NTSC) a expliqué, au cours d'une conférence de presse, avoir interrogé les pilotes qui étaient aux commandes de l'appareil la veille, lors d'un vol qui avait été décrit comme mouvementé par des passagers.

Un pilote en congé était à bord du vol reliant Bali à Jakarta et a rejoint l'équipage dans le cockpit, ont reconnu les enquêteurs, qui n'ont cependant pas confirmé les informations de l'agence Bloomberg selon lesquelles il aurait contribué à empêcher un accident en aidant ses collègues à mettre hors d'usage un système informatique défectueux.

Un nouvel équipage dans le même Boeing 737 MAX 8 a rencontré des problèmes identiques le jour suivant, mais n'a pas pu empêcher l'appareil de s'abîmer en mer de Java.

« Nous avons interrogé le pilote, parce que nous voulions savoir ce qu'il avait vu et entendu », a raconté Nurcahyo Utomo, un enquêteur du NTSC, à des journalistes à Jakarta, sans donner plus de détails.

Deux hommes vêtus de chemises à l'insigne du Comité national de la sécurité dans les transports de l'Indonésie sont assis avec des micros posés devant eux.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président du Comité national de la sécurité dans les transports de l'Indonésie, Soerjanto Tjahjono et l'enquêteur Nurcahyo Utomo lors d'une conférence de presse le 21 mars 2019.

Photo : The Associated Press / Achmad Ibrahim

Ralentissement prévu dans l'usine d'assemblage aux États-Unis

Boeing a également mentionné, jeudi, prévoir un ralentissement de la production pendant trois jours la semaine prochaine dans l'usine assemblant le 737 MAX, à Renton, près de Washington.

Ce ralentissement n'est pas lié aux accidents du 737 MAX 8, une des variantes du 737 MAX, a insisté l'avionneur américain. « Nous utilisons des jours tampons qui étaient déjà prévus dans le calendrier pour nous aider à récupérer de l'impact des tempêtes de l'hiver et des délais des fournisseurs », écrit le groupe de Chicago dans un courriel.

Ce ralentissement intervient néanmoins au moment où le 737 MAX est cloué au sol. L'accident d'Ethiopian Airlines qui a fait 157 morts en mars est le second en moins de cinq mois pour le Boeing 737 MAX 8, après celui de l'appareil de Lion Air.

Les deux appareils ont eu une trajectoire erratique et des dysfonctionnements des systèmes mesurant la vitesse.

L'enquête préliminaire sur l'accident de Lion Air avait mis en lumière un dysfonctionnement du système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l'avion, le MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System).

Le MCAS peut mettre l'avion en « piqué » lorsque l'appareil est en décrochage afin de regagner de la vitesse.

Les enquêteurs indonésiens doivent publier leur rapport final sur l'écrasement de Lion Air en août.

Avec les informations de Agence France-Presse, New York Times, Reuters, et CBC

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