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Des chercheurs s'inquiètent des fausses nouvelles scientifiques

Andrew Trites, directeur et chercheur, Centre des mammifères marins, à l'UBC.
Andrew Trites, directeur et chercheur au Centre des mammifères marins à l'UBC, déplore le manque de rigueur de certaines publications quand on parle des études scientifiques.
Radio-Canada

Un scientifique spécialisé dans les mammifères marins à Vancouver croit que son travail a été mal expliqué en ligne. Il en est venu à se demander s'il devait continuer à parler aux médias, à l'ère des « fausses informations ».

« Nous avons des groupes qui ne comprennent peut-être pas la science, mais ils entendent un petit bout de science qui correspond à leurs propres idées et ils s'en emparent », souligne Andrew Trites, qui supervise l'unité des mammifères marins de l'Université de Colombie-Britannique.

« La vérité n'a pas autant d'importance que d'entendre quelque chose qui peut soutenir sa cause », dit-il.

M. Trites raconte qu'un groupe militant de l'État de Washington, appelé Save Family Farming, a récemment publié un article accompagné d'une diapositive tirée d'une présentation qu'il avait faite sur des épaulards menacés d'extinction.

On y voyait un graphique qui, présenté sans contexte, pouvait facilement être mal interprété, puisque beaucoup de gens regardent seulement les titres et les éléments visuels sans lire l'histoire ou le contexte.

« L'image est très puissante », note-t-il.

Biologiste marin à l'Université Simon Fraser (SFU), David Shiffman dit avoir entendu de nombreux collègues se plaindre de la représentation de la science dans les médias. Il est convaincu que l'offre d'une formation de base sur les médias pourrait aider les chercheurs à résoudre le problème.

« Quand ils m'expliquent la situation et me racontent ce qui s'est passé exactement [je me rends compte que] cela aurait pu être évité s'ils avaient été un peu plus de connaissances des pratiques médiatiques courantes et des différences de culture entre journalistes et scientifiques », soutient-il.

M. Shiffman, qui mène une étude dans laquelle il analyse les médias et le discours, croit que la situation ne s'améliore pas.

Avec le déclin du journalisme spécialisé en sciences, estime M. Shiffman, les scientifiques ne peuvent pas tenir pour acquis qu'ils parlent à quelqu'un qui a une formation scientifique.

« Ce que nous pouvons faire, c'est mieux familiariser les scientifiques avec la manière de communiquer efficacement leurs résultats aux journalistes et encourager les médias à continuer d'embaucher et de fidéliser des journalistes spécialisés qui ont les connaissances nécessaires », suggère-t-il.

Avec les informations de La Presse canadienne

Colombie-Britannique et Yukon

Médias