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Budget fédéral : les travailleurs saisonniers restent sur leur faim

Les manifestants ont marché jusqu'au pont Snowball. Photo: Radio-Canada / René Landry
Radio-Canada

Le gouvernement de Justin Trudeau mise sur la formation pour aider les travailleurs saisonniers du pays, mais un groupe de la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick, juge ces mesures insuffisantes et compte bien poursuivre sa lutte pour le changement.

Le taux de chômage dans la Péninsule acadienne avoisine 13 %. De nombreux travailleurs demandent au gouvernement fédéral de diminuer les contraintes pour faciliter leur admissibilité à l’assurance-emploi.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a proposé une autre approche dans son budget présenté mardi. Son gouvernement compte offrir 250 $ par année pour permettre de suivre de la formation. L'argent est accumulé d'une année à l’autre, et les travailleurs pourront l'utiliser pour payer des cours universitaires ou collégiaux.

Je ne dis pas que ce n'est pas bon. C'est bon, mais est-ce que ça répond vraiment aux besoins de l'industrie saisonnière au Canada et aussi dans les secteurs ruraux? Non, pas du tout, affirme le porte-parole du comité d'aide et de soutien aux travailleurs des industries saisonnières, Fernand Thibodeau.

Fernand Thibodeau en entrevue Agrandir l’imageUne aide financière pour de la formation professionnelle ne suffit pas pour répondre aux besoins des travailleurs saisonniers, explique Fernand Thibodeau. Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Selon son groupe d’intérêt, l’offre de cours n'aidera pas les travailleurs à faire face aux caprices des saisons et à avoir de meilleures conditions. La solution qu’il recommande est de diminuer le nombre de semaines de travail requis pour être admissible à l’assurance-emploi.

On demande qu'il y ait 12 semaines assurables, 420 heures, 35 semaines assurables pour les personnes qui travaillent dans l'industrie saisonnière. Quand je demande ça, je ne demande pas aux gens de travailler juste 12 semaines, explique Fernand Thibodeau.

On n'est pas du monde qui profite du système, pas du tout. Je ne comprends pas qu'il y a du monde de notre société qui dit : “Ah, ils ne veulent pas travailler et ils veulent juste rester sur le chômage.” Mais ils ne peuvent pas les faire, les heures, ce chômage-là, renchérit le travailleur saisonnier Gilles Vienneau.

Gilles Vienneau en entrevue dans un caféAgrandir l’imageLes travailleurs saisonniers n'essaient pas d'abuser de l'assurance-emploi, explique l'un d'eux, Gilles Vienneau. Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

L'assurance-emploi sera à l'ordre du jour dans les prochaines semaines. Le programme pourrait même devenir un enjeu électoral dans la circonscription d'Acadie-Bathurst.

Fernand Thibodeau soutient avoir été approché par des représentants du NPD et du Parti conservateur du Canada. Il ne ferme pas la porte à faire lui-même un saut en politique à l’automne.

Je sais que j'ai les atouts. Je sais que j'ai la gueule pour [cela] aussi. Mais je dois dire que tout de suite, je n'ai pris aucune décision au niveau de ça. J'y pense. Je suis encore en réflexion avec ça, mais je vais voir, dit-il.

Pour sa part, le député libéral Serge Cormier, qui est à Ottawa cette semaine, n'était pas disponible aujourd'hui pour une entrevue.

D’après un reportage d’Alix Villeneuve

Nouveau-Brunswick

Politique fédérale