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Le public de Saint-Boniface découvre le documentaire Sous la coupole

Marie-Ève Fontaine et Danielle Sturk.
Marie-Ève Fontaine et Danielle Sturk ont pu répondre aux questions du public après la projection. Photo: Radio-Canada / Thomas Asselin
Julien Sahuquillo

Le film de la réalisatrice Danielle Sturk, Sous la coupole, a été projeté devant le public de Saint-Boniface, mercredi soir, au Centre culturel franco-manitobain. La diffusion a soulevé plusieurs questions autour des défis actuels de la communauté franco-manitobaine.

C’est face à une vingtaine de curieux que Danielle Sturk et Marie-Ève Fontaine ont pu présenter leur travail.

Leur film suit le parcours de Marie-Ève Fontaine durant la création de la pièce de théâtre universitaire Projet 200, l’an dernier, qui portait sur l’Université de Saint-Boniface (USB), à l'occasion des 200 ans d'enseignement en français au Manitoba.

« Danielle et moi, on n’a pas la langue dans la poche. Nous, on était là pour poser un regard aussi franc que possible sur cette institution. Nous, on n’y a pas été et c’était justement ça, le point », explique la metteuse en scène.

Si le film parle de l’histoire de l’USB, il ne prend pas de détour lorsqu’il s’agit d’évoquer des défis comme la place des femmes, la question de la réconciliation ou encore l’inclusion des nouveaux arrivants.

« J’ai aimé que le film fasse ressortir les enjeux actuels et ce qu’on pourrait faire si on se rencontrait et si on se parlait », souligne Louis Laurencelle, un résident de Saint-Boniface venu voir le film par curiosité. « S’il y a des choses difficiles, il faut s’en parler. »

Louis Laurencelle après la projection du film Sous la coupole.Louis Laurencelle apprécie le travail de l'Université de Saint-Boniface, mais il estime que des films critiques sont nécessaires pour faire avancer les choses et alimenter le débat. Photo : Radio-Canada / Thomas Asselin

Pendant la période d’échanges, après la projection, le public a en effet reconnu une certaine difficulté pour la communauté franco-manitobaine à se remettre en question et à accepter de parler des éléments à améliorer dans ses établissements scolaires.

« Dans la salle, il y avait des gens qui ont, participé soit au film soit à l’histoire franco-manitobaine, et j’ai ressenti qu’il y aurait des questions de leur part et un certain sentiment de malaise avec les questionnements du film sur est-ce qu’on peut se critiquer nous-mêmes? », souligne la réalisatrice.

Elle explique, par ailleurs, avoir apprécié les questions des plus jeunes, notamment des étudiants étrangers.

Briand Assogbague était étudiant à l'USB et a participé à la pièce Projet 200. Il explique qu'il s’est retrouvé dans le documentaire, en particulier dans la réalité des étudiants étrangers et les défis d'intégration.

Bien qu’il ait découvert, dans le documentaire, certains problèmes touchant la communauté francophone au Manitoba qu’il ignorait, il admet ne pas forcément être à l’aise pour prendre position.

Briand Assogbague portant un bonnet vert.Briand Assogbague reconnaît ressentir un certain défi dans la communauté en matière de discours critique, mais indique qu'il est difficile pour lui de prendre position en tant qu'étudiant étranger. Photo : Radio-Canada / Thomas Asselin

« On vient de l’extérieur. On se dit que ce n’est pas forcément nos affaires. On a différents combats. Le combat des Franco-Manitobains est pour le français, ce n’est pas forcément un combat que je partage, ou que partage un ami qui vient du Togo », explique-t-il.

Le film évoque également la difficulté pour l’établissement à faire une place aux femmes, avec notamment l’absence de salle ou de monument dédié à une femme. Le film souligne aussi l’apport de Raymonde Gagné lorsqu’elle était rectrice et sa contribution au processus ayant permis d'obtenir le titre d’université pour l'établissement.

Lorsqu’on ne fait pas acte d’inclusion, on nie et on manque de respect aux femmes qui sont venues avant.

Danielle Sturk, réalisatrice de Sous la coupole

« On vit dans une société misogyne et, avec l’histoire catholique hiérarchisée de l’Université, ce n’est pas une surprise qu’elle ne soit pas avant-gardiste, ajoute-t-elle. Les moyens ne sont pas grands non plus, mais il faut pousser les côtés, c’est le rôle des étudiants et de la société. »

Le producteur du film, Charles Clément de ManitoMedia, estime justement que c’est là son devoir lorsqu’il soutient un film comme Sous la coupole.

« Je serais déçu si la diffusion de ce documentaire ne faisait pas parler les gens. Ce dialogue-là, c’est de bon augure pour la communauté », affirme-t-il.

Plusieurs personnes dans le public, ainsi que les auteures du film, ont par ailleurs regretté que des représentants de la direction de l’Université de Saint-Boniface ne soient pas présents à la discussion afin de donner leur point de vue.

Sous la coupole sera diffusé le samedi 23 mars à 22 h 30 sur ICI TÉLÉ dans tout l’Ouest canadien. Une diffusion nationale est prévue le dimanche 7 avril à 14 h, sur ICI TÉLÉ. Ce documentaire sera aussi offert sur TOU.TV.

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