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LGBTQ : où se situent les partis albertains?

Les gens portent fièrement un drapeau arc-en-ciel.

Des jeunes lors d'un défilé LGBTQ.

Photo : Associated Press / Andrea Comas

Radio-Canada

En Alberta, trois des quatre partis principaux, soit le NPD, le Parti libéral et le Parti albertain, se situent à gauche de l'échiquier politique lorsqu'il est temps de parler de questions touchant la communauté LGBTQ. Le Parti conservateur uni, lui, se situe plus à droite sur les questions sociales. Mais quelles sont les positions de ces partis sur les deux sujets les plus controversés, c'est-à-dire les alliances gai-hétéro et les thérapies de conversion?

Un texte de Michaël Bédard

Il est tôt dans la campagne électorale, et la plupart des partis n'ont pas encore donné de détails sur leur plateforme. Dans le cadre de cet article, nous avons parlé à Doug Schweitzer, du Parti conservateur uni (PCU), à Ricardo Miranda, du Nouveau Parti démocratique (NPD), à David Khan, du Parti libéral, et à Lana Bentley, du Parti albertain.

ALLIANCES GAI-HÉTÉRO (AGH) DANS LES ÉCOLES

Drapeau de la fierté lors d'une manifestation à l'extérieur d'une école d'EdmontonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les conseils scolaires albertains devaient adopter des politiques inclusives avant le mois de mars 2016.

Photo : Radio-Canada

En entrevue avec Radio-Canada, des représentants des quatre principaux partis s'entendent sur une chose : les alliances gai-hétéro sont importantes.

Les libéraux, le NPD et le Parti albertain soutiennent l'interdiction faite aux écoles d'informer les parents si leur enfant participe à une alliance gai-hétéro, l'aspect le plus controversé de la loi. 

Cette semaine, le PCU a promis un retour à la Loi sur l'éducation du gouvernement conservateur de 2014. Cette loi offre, entre autres, une moindre protection aux élèves qui souhaitent former des alliances gai-hétéro que la Loi sur les écoles, qui est présentement en vigueur. La promesse conservatrice supprimerait l'interdiction de notification parentale, si un enfant adhère à une AGH.

Doug Schweitzer en entrevue avec Radio-Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Doug Schweitzer du Parti conservateur uni.

Photo : Radio-Canada

Les conservateurs unis de l'Alberta ont adopté une motion, le 8 mai dernier, à leur assemblée générale pour obliger les écoles à informer les parents si leurs enfants veulent participer à une alliance gai-hétéro en plus d'obtenir leur accord. Cette motion avait été adoptée à 57 %. (Nouvelle fenêtre)

Quelques heures après son adoption, le chef du PCU, Jason Kenney, avait tenté de minimiser l'issue du vote. « Notre intention n'était pas de parler des alliances gai-hétéro », avait-il dit.

Selon Frédéric Boily, politologue à l'Université de l'Alberta, même s'il compte parmi ses rangs de nombreux progressistes, le Parti conservateur uni est encore le véhicule d'une frange plus sociale conservatrice de l'Alberta.

Une opinion partagée par Kristopher Wells, professeur spécialisé dans les questions LGBTQ à l'Université McEwan, à Edmonton. Selon lui, le PCU est le parti qui se situe le plus à droite sur cette question.

Ricardo Miranda.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre albertain de la Culture et du Tourisme, Ricardo Miranda

Photo : Radio-Canada / Mario De CIccio

Le NPD n'est cependant pas exempt de critique, selon lui. « Ils n'ont pas suffisamment offert de ressources pour aider les écoles à implanter ces groupes, à informer les parents et les enseignants sur les bienfaits des AGH », affirme-t-il. « Il y a des idées fausses qui circulent sur ces groupes, et cette incertitude aurait pu être limitée par plus de sensibilisation », ajoute-t-il.

Kristopher Wells croit cependant que cette loi a été un gain important pour la communauté LGBTQ.

THÉRAPIES DE CONVERSION 

Un groupe albertain veut interdire les thérapies de conversion. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un groupe albertain veut interdire les thérapies de conversion.

Photo : iStock

Le Parti albertain et le Parti libéral sont ceux qui expriment leur opposition de façon la plus claire et directe par rapport aux thérapies de conversion. Ces thérapies sont des interventions psychologiques ou spirituelles censées changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne.

« Les thérapies de conversion sont une pratique très malveillante et dangereuse pour les enfants vulnérables. Je suis très déçu que le gouvernement du NPD ne soit pas passé à l'action », affirme David Khan, du Parti libéral.

Les deux partis les interdiraient s'ils prenaient le pouvoir, le 16 avril prochain.

« Nous savons qu'il n'y a aucune recherche scientifique qui soutient ces thérapies. Elles sont dangereuses et peuvent être extrêmement dommageables pour ceux et celles qui y participent », indique Lana Bentley, candidate pour le Parti albertain.

Lana Bentley, tout sourire, dans un parc.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lana Bentley du Parti albertain.

Photo : Radio-Canada

Le NPD envisage de le faire, mais attend un rapport d'un groupe de travail qu'il a créé en février. « Nous préférons attendre le rapport du comité que nous avons mis en place avant de prendre une décision », affirme Ricardo Miranda, lui-même issu de la communauté LGBTQ. Le Parti néo-démocrate ne confirme donc pas s'il va bannir ce type de thérapie s'il est élu.

Lorsqu'on a demandé au représentant du Parti conservateur uni s'il planifiait ou non de bannir ces thérapies, celui-ci n'a pas répondu clairement. « Nous pensons que ce n'est pas approprié pour les enfants, mais les adultes peuvent prendre leur propre décision », dit Doug Schweitzer.

Kris Wells est du même avis que David Khan et Lana Bentley. « Il n'y a aucune recherche scientifique sérieuse qui appuie ces thérapies, elles peuvent être néfastes pour les enfants. »

En Alberta, certains groupes religieux, comme l’Église luthérienne du Canada, la pratiquent toujours et croient fortement à son efficacité.

À ce jour, la thérapie de conversion est seulement interdite en Ontario, au Manitoba et dans la ville de Vancouver, en Colombie-Britannique.

LES DÉFIS

Les marcheurs font flotter des drapeaux arc-en-ciel et des drapeaux de la fierté trans. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le drapeau bleu, rose et blanc représente la fierté trans.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Nous avons demandé aux quatre représentants des partis de définir un des plus grands défis de la communauté LGBTQ et ce qu'ils voudraient faire pour régler le problème.

Les partis libéral, albertain et néo-démocrate ont, entre autres, parlé de l'accès aux soins de santé des personnes transgenres.

« Nous voulons nous asseoir avec la communauté pour mieux connaître ses besoins. Je crois qu'il n'y a qu'une seule clinique au pays qui se spécialise dans ce type de soins de santé », affirme Ricardo Miranda.

« On sait que les personnes transgenres ont beaucoup de difficulté à voir un médecin, notamment des endocrinologues. Les ressources manquent, et nous voulons les aider », dit Lana Bentley.

 David Khan, le chef du Parti libéral.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

David Khan, le chef du Parti libéral est peu connu du public

Photo : Radio-Canada / Geneviève Tardif

« Nous voulons que les traitements hormonaux pour les femmes transgenres soient payés entièrement par le gouvernement parce que c'est une procédure médicale nécessaire », a promis le chef libéral, David Khan.

Doug Schweitzer, du Parti conservateur uni, n'a pas été en mesure de nommer un défi et de dire ce que son parti comptait faire pour régler le problème

Notre dossier sur les élections provinciales 2019 en Alberta

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