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Écrasement d’un 737 MAX : les enquêtes se multiplient à Washington

L'empennage-arrière de deux avions 737 MAX de Boeing
Deux Boeing 737 MAX 8 sur le tarmac d'un aéroport international Photo: Associated Press / Ted S. Warren
Radio-Canada

Alors que l'enquête sur les causes de l'écrasement récent d'un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie aérienne Ethiopian Airlines se poursuit outre-Atlantique, le Pentagone, une sous-commission du Sénat, le département de la Justice et peut-être même le FBI mènent leurs propres investigations, notamment sur le processus de certification.

Selon un article du Seattle Times publié mercredi, le FBI s'est joint à l'enquête criminelle ouverte par le département des Transports sur le processus d'approbation par l'Agence américaine de l'aviation civile (FAA) – le régulateur du transport aérien – des appareils Boeing 737 MAX, impliqués dans deux catastrophes aériennes en moins de cinq mois.

Le FBI a refusé de confirmer l'information.

Le Wall Street Journal rapportait plus tôt cette semaine que cette enquête, menée par l'inspecteur général du secrétariat des Transports, vise notamment à déterminer si l’agence a utilisé des normes de conception et des analyses techniques appropriées pour certifier le système automatisé de contrôle MCAS, montré du doigt dans les deux accidents.

Le premier accident, survenu au large de l'Indonésie en octobre dernier, tuant les 189 personnes à bord de l'appareil, impliquait un appareil du transporteur aérien Lion Air. Le deuxième accident, touchant un avion de la compagnie Ethiopian Airlines, s'est produit il y a 10 jours. Aucun des 157 passagers et membres d'équipage n'a survécu.

Les Boeing 737 MAX sont cloués au sol depuis le 10 mars dernier.

Une enquête au Congrès

Le processus de certification de ces avions est également dans le collimateur de la sous-commission sénatoriale sur l'aviation et l'espace.

Ses membres entendront jeudi prochain l'administrateur par intérim de la FAA, Daniel Elwell. L'institution se retrouve sur la sellette à la suite de révélations de la presse américaine sur ses relations très étroites, voire incestueuses, avec Boeing.

Robert Sumwalt, le président du National Transportation Safety Board, l'agence chargée des enquêtes sur les accidents de transports, participera lui aussi à cette audition, tout comme l'inspecteur général du secrétariat des Transports.

La FAA est notamment sous pression parce qu'elle a confié le soin d'inspecter et d'approuver cet avion à des employés de Boeing.

Les responsables de la FAA risquent d'être interrogés sur leurs liens avec Boeing. Ils devront aussi sans doute expliquer pourquoi ils ont certifié les Boeing 737 MAX sans exiger que les pilotes suivent une formation sur les nouveaux logiciels et que le manuel de vol contienne les informations adéquates sur le système automatisé de contrôle MCAS.

Plusieurs élus voudraient également que les membres de la haute direction de Boeing comparaissent. Boeing affirme comme la FAA que tout a été fait dans les règles.

Depuis 2005, le programme de certification de la FAA sur les normes de sécurité des appareils permet aux avionneurs d'assigner à leurs propres employés un rôle dans le processus de certification de leurs avions. En 2015, un cadre de Boeing avait indiqué qu’un millier de ses employés participaient ainsi au programme.

La FAA a également des bureaux dans certaines usines de Boeing.

Un membre de l'administration Trump dans l'embarras

Le Pentagone a par ailleurs ouvert une enquête interne sur les relations entre le secrétaire à la Défense par intérim, Patrick Shanahan, et Boeing, son ancien employeur chez qui il a passé 30 ans.

Le bureau de l'Inspecteur général du ministère de la Défense a entamé un examen après la plainte déposée par le groupe Citoyens pour la responsabilité et l'éthique à Washington (CREW), qui estime que M. Shanahan pourrait avoir violé les règles d'éthique du Pentagone.

Dans une lettre rendue publique la semaine dernière, l'organisation demandait à l'Inspecteur général d'ouvrir une enquête à la suite d'informations rapportées par le site Politico sur des propos que M. Shanahan aurait tenus en privé.

« Il a été rapporté que M. Shanahan a fait l'éloge de Boeing dans des discussions portant sur des contrats du gouvernement. Il a dit que Boeing aurait fait un bien meilleur travail que Lockheed Martin s'il avait remporté le contrat » accordé à Lockheed pour le chasseur furtif F-35, indiquait le groupe CREW.

Celui-ci mentionnait aussi qu'une enveloppe d'un milliard de dollars destinée à l'achat de huit chasseurs Boeing 15EX était prévue dans le projet de budget du Pentagone, annoncé récemment.

À son arrivée au Pentagone en tant que numéro deux du secrétaire à la Défense, Jim Mattis, en juin 2017, M. Shanahan avait signé un accord avec le Pentagone en vertu duquel il s'engageait à ne participer à aucune discussion concernant Boeing.

M. Shanahan a été propulsé à la tête du Pentagone lorsque M. Mattis a démissionné avec fracas en décembre dernier pour protester contre le retrait de Syrie décidé unilatéralement par le président Donald Trump.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Seattle Times

Écrasement d'avion

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