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Boeing visé par des recours judiciaires pour l'écrasement de deux de ses 737 MAX

Radio-Canada

Une firme d'avocats de l'État de Washington poursuit l'avionneur américain pour son rôle dans l'écrasement d'un appareil de la compagnie Lion Air au large de l'Indonésie en octobre 2018 et prépare un deuxième recours en lien avec l'écrasement d'un avion d'Ethiopian Airlines, survenu il y a une dizaine de jours.

La firme américaine spécialisée Herrmann Law Group a déposé il y a quelques jours une première demande de poursuite pour décès imputable à une faute au nom des familles de 17 victimes devant un tribunal de l'État de Washington.

Six autres plaignants se sont ajoutés depuis.

La plainte allègue que l'équipement de Boeing est tombé en panne et que l'avionneur n'a pas informé les pilotes de la présence et des dangers d'un nouveau système automatisé installé à bord de l'avion, qui s'est abîmé en mer il y a cinq mois, peu après son décollage de Djakarta, la capitale indonésienne.

Aucune des 189 personnes à son bord n'a survécu.

Ce système de contrôle MCAS, conçu pour éviter les décrochages, s'est activé indépendamment de la volonté du pilote, qui ultimement n'a pas été capable de reprendre le contrôle de l'appareil, font valoir les plaignants.

Les pilotes « ne savaient pas ce qui amenait l'appareil à piquer du nez », explique l'avocat principal du cabinet Herrmann Law Group, Charles Herrmann, en entrevue à Radio-Canada.

Les boîtes noires de l'appareil de Lion Air révèlent que jusqu’à l’écrasement, le pilote cherchait désespérément comment redresser l'avion dans le manuel de la procédure de correction.

C'est comme si les pilotes se battaient contre un fantôme, sans comprendre ce qui arrivait.

Charles Herrmann, l'avocat principal du cabinet Herrmann Law Group

La firme accuse en outre l'Agence américaine de l'aviation civile (FAA) d'avoir fait preuve de négligence dans le processus de certification. La FAA n'a pas exigé que le manuel de vol contienne les informations adéquates sur le système MCAS, argue-t-elle.

« Je suis très optimiste de remporter cette cause », soutient Me Herrmann. La question, dit-il, est de savoir quel montant sera accordé aux plaignants.

Il est présentement à Djakarta pour rencontrer ses clients.

Une deuxième poursuite en préparation

Me Herrmann se rendra ensuite en Éthiopie et au Kenya, sur les lieux de l'écrasement récent d'un avion d'Ethiopian Airlines, qui a fait 157 victimes.

Car sa firme, qui souligne l'existence de similitudes entre les deux catastrophes aériennes, a dans ses cartons une deuxième poursuite contre Boeing.

Pour Charles Herrmann, la responsabilité de l'avionneur est claire dans les deux écrasements.

Après l'accident de l'avion d'Ethiopian Airlines, plus de 300 appareils ont été immobilisés dans le monde.

Invitant les proches des victimes à le contacter, le cabinet a publié sur son site web ses conseils aux familles des victimes, les invitant notamment à ne pas parler à Boeing ou à Ethiopian Airlines. « Ils essaient simplement d’obtenir des informations qu’ils pourraient utiliser contre vous », affirme Me Herrmann.

Les Canadiens ont tout intérêt à se joindre à la poursuite intentée contre Boeing aux États-Unis, parce que les indemnités accordées y sont plus importantes que dans les autres pays, argue-t-il.

Dix-huit Canadiens figurent parmi les victimes.

Le dossier de l'accident d’Ethiopian d'Airlines ne sera pas prêt avant plusieurs semaines.

Avec des dizaines de poursuites à son actif, la firme Herrmann Law Group a une longue expérience dans ce type de litiges. Elle a entre autres défendu les victimes de l’écrasement d’Arrow Air, survenu en 1985 à Terre-Neuve-et-Labrador.

En vertu de la convention de l'Association internationale du transport aérien (AITA), connue sous le nom de Montréal 1999, les familles des victimes de l'écrasement de l'appareil Ethiopian Airlines auront automatiquement droit à une indemnité très précise de 157 638,78 $US, quelle que soit la responsabilité de la compagnie aérienne.

L'entreprise risque ensuite de se faire poursuivre par les proches de victimes. Dans le cas des familles des victimes canadiennes, ce sera en Éthiopie ou plus probablement au Canada.

Avec des informations de Jean-Michel Leprince

International